Monastère Saint Silouane

Unité, amour souffrance

19/7/2020 Jn XVII, 1-13
A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« La vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent » ; cette phrase c’est le Seigneur Jésus qui la prononce dans cette longue prière que nous venons d’entendre ; cette longue prière qu’Il adresse à son Père en rendant compte en quelque sorte de sa mission ;  « La vie Eternelle c’est qu’ils Te connaissent » mais Il a dit : « Celui qui me connaît le Père », autrement dit – et il développe d’ailleurs cela dans sa prière – tout ce qu’Il a enseigné à ses apôtres était inspiré par l’Esprit-Saint et tout cela venait du Père ; le Fils, la Parole de Dieu incarnée, le Logos – comme L’appelle les Pères – est venu sur terre pour nous enseigner ; Il a enseigné d’abord ceux qui étaient proches, ses apôtres, ses disciples et tous ceux qui l’écoutaient ; Il a enseigné par sa Parole, Il a enseigné par ses gestes, par ses guérisons, par son amour. Et puis dans cette prière, à un moment il dit : « Que tous, tous, soient Un comme Toi le Père et Moi nous sommes Un » ; effectivement c’est un appel à l’Unité de tous les hommes de la terre, non pas une unité matérielle, sociologique mais une unité du coeur ; comme modèle de cette unité nous avons la Sainte Trinité, modèle parfait ; lorsque nous contemplons l’icône dite « de la Sainte Trinité » où nous voyons les trois anges qui apparurent en fait à Abraham et qui furent la préfiguration de la Sainte Trinité, nous voyons trois anges qui sont à la fois identiques, qui se ressemblent et qui se regardent l’un, l’autre, aucun regard n’est dans le vide, les regards sont tournés vers l’un et vers l’autre ; il y a comme une union circulaire entre les trois, une communion d’amour, une unité autrement dit car Dieu est Un, Il est notre modèle : trois Personnes et une seule Divinité. Lorsque le Seigneur Jésus dit : « Que tous soient un », c’est un souhait qu’Il formule parce qu'Il sait à l’avance que pour ses apôtres d’abord, puis pour leurs successeurs et pour tout le monde ensuite, cette unité sera difficile à vivre. Alors comment la vivre ? Puisque l’unité des trois Personnes, c’est l’amour, il nous faut vivre dans l’amour ; il faut chercher à la source l’amour c'est-à-dire vers Dieu d’abord, dans la prière, dans la supplication, dans les larmes quelque fois pour demander cet amour parce que nous ne pouvons pas donner ce que nous n’avons pas déjà reçu ; il faut que nous sachions nous recueillir, entrer dans notre coeur, être en communion avec Dieu et recevoir le bénéfice de cet amour autant que possible dans notre nature humaine et ayant reçu cet amour il nous faut le donner aux autres ; c’est peut-être être là que les choses se compliquent, l’amour n’est pas facile, l’amour est difficile, aimer c’est complexe ; le Seigneur nous l’a d’ailleurs dit : Il est facile d’aimer ses amis, ceux qui sont en harmonie avec nous mais Il va jusqu’à dire :  « Il faut aimer nos ennemis », c'est-à-dire ceux qui sont en opposition avec nous  ; ce ne sont pas forcément des gens très lointains, quelques fois ils sont tout près de nous, dans notre famille, dans notre communauté, dans notre paroisse, dans notre diocèse et il faut aimer, aimer jusqu’au bout comme le Christ l’a fait ; ne l’oubliez pas, nous sommes sauvés par l’amour sur la croix car Jésus a aimé ses ennemis jusqu’au bout ; Il a même demandé au Père qu’Il leur pardonne parce qu'ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Cette phrase, il faut la retenir parce qu'elle peut nous aider beaucoup : lorsque nous sommes en conflit avec tel ou tel, avec des personnes, avec des groupes ; il faut nous en souvenir et prier dans ce sens : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Certes nous souffrons de l’agissement négatif de certaines personnes envers nous qui nous rejettent, qui nous critiquent, qui nous méprisent quelque fois, qui médisent sur nous, qui diffament ; tout cela existe sur la terre bien évidemment mais il nous faut dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » et il faut prier pour eux ; la première chose à faire lorsqu'on a une difficulté relationnelle, donc dans une situation de non-amour, il faut cherche l’amour et prier pour obtenir l’amour ; cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique, cela se fait par la ténacité, par le désir d’aimer, d’aimer jusqu’au bout et c’est difficile mais le Christ est là, Il nous a dit : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des Temps, n’ayez pas peur ». Il est là donc si nous nous tournons vers Lui, si nous le supplions, si nous pleurons devant lui en disant : « Je n’en peux plus de supporter cette opposition, cette agressivité, cette méchanceté, ce rejet à mon égard, aie pitié de moi » ; alors il sera temps par la pensée ou peut-être par la lecture de revoir le passage de Jésus à Gethsémani : Il souffre de douleurs insupportables au point de demander au Père d’écarter cette coupe, c'est-à-dire ce qu’il doit accomplir normalement, boire la coupe jusqu’au bout et mourir sur la croix ; Il demande au Père d’écarter cette possibilité tellement Il souffre mais Il ajoute immédiatement et c’est là la clé : « Non pas ma volonté mais ta volonté ». Autrement dit, lorsque nous souffrons, rapprochons-nous du Christ qui a été bafoué, qui a vécu sa Passion, sa mort odieuse et qui a tout accepté pour nous sauver et lorsque nous sommes confrontés à ces difficultés relationnelles et bien c’est peut-être une chance pour chacun d’entre nous de participer au salut du monde en nous approchant de Jésus à Gethsémani et puis sur la croix, « Non pas ma volonté, ma Ta volonté » ; ce qui ne nous empêche pas de dire « Viens à mon secours, aide-moi, je ne sais plus, je ne sais pas » ; il arrive des moments où on ne sait même plus où l’on en est tellement on souffre alors il faut se tourner vers le Christ pour que Lui prenne cette souffrance et la porte vers le Père de notre part parce que nous nous ne pourrons pas, nous souffrons trop mais le Christ pourra le faire à notre place, peut-être aussi les Saints à qui nous demanderons par humilité de supplier Dieu à notre place car nous nous sentons à la fois tourmentés et indignes.
« Que tous soient un », … que c’est difficile : des églises désunies depuis des centaines d’années, des églises qui croient au Christ, qui croient en Dieu mais qui ne sont pas encore suffisamment parvenues à aboutir dans leur désir d’unité. Certes il y a un chemin mis en place depuis des années, ce chemin est long ; verrons-nous l’accomplissement de ce désir d’unité, je n’en sais rien ? ; moi je suis très vieux probablement pas mais je n’ai pas le droit de désespérer ; peut-être vous la verrez, tant mieux. L’important, l’important ce n’est pas d’arriver à l’unité totale et parfaite qui, à mon avis, ne sera jamais parfaite, mais de la désirer ; quand nous apparaîtrons devant Dieu, c’est ce qu’Il nous demandera : « As-tu désiré aimer jusqu’au bout pour acquérir l’unité avec ton frère, l’as-tu désirée ? ». Il ne nous demandera pas si nous avons réussi mais désiré et nous pouvons la désirer si nous nous tournons vers le Christ qui Lui désire cette unité puisqu’Il la souhaite « Que tous soient un ». Alors faisons tout pour vivre dans l’unité et cela commence là sur le terrain où nous vivons immédiatement, nous les moines, les moniales de notre monastère, vous dans vos familles, dans vos paroisses, dans vos communautés, dans le monde ; c’est un vrai travail spirituel, une véritable ascèse ; je le répète souvent : la plus grande ascèse de la vie monastique c’est de vivre ensemble, dans l’unité, parce qu'il en a toujours un ou une qui est mal foutue, comme on dit, qui va pas bien, qui est en colère, qui est énervée, qui claque les portes, qui envoie promener quelqu'un ; il y a toujours un histoire comme cela ; c’est justement là que le Seigneur nous attend, Il nous donne rendez-vous à ce moment-là : « Qu'est-ce que tu fais de ton désir d’unité ? ». « Tu aimeras ton frère comme toi-même ». Qu'est-ce que je fais de ce commandement ? C’est une question que nous devons nous poser, pas de manière obsessionnelle mais régulièrement. « Est-ce tu aimes ton frère comme toi-même », sous-entendu comme toi-même tu es aimé parfaitement par Dieu ; alors on va répondre, en tout cas moi je répondrai : « J’essaye mais je ne réussis pas toujours mais pardonne-moi et donne-moi ta grâce » car c’est par la grâce de Dieu que l’on peut aimer ; ne croyons pas que l’on peut aimer par une simple décision personnelle, ce serait trop facile ; ce n’est pas la raison qui commande l’amour, c’est l’amour qui commande la raison, ce n’est pas la même chose ; et l’amour étant Dieu, c’est en Dieu qu’il faut aller chercher ce trésor d’amour, puiser dans ce trésor pour nous aussi aimer, apprendre à aimer ; alors le souhait du Christ se réalisera, en tout cas dans l’éternité, et nous serons heureux, profondément heureux, apaisés mais nous pouvons déjà l’être sur cette terre à chaque fois que l’occasion nous est donnée de nous réconcilier, de pardonner ; quelle joie intérieure nous recevons quand nous pardonnons avec le coeur ; c’est là le début de l’Eternité.

Amen

Saint Jean-Baptiste humilité

5/1/2020 Mc I, 1-8

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, la figure principale dont il est question c’est Jean le Baptiste, le cousin du Christ, qui préparait ceux qui le souhaitaient à se convertir et à s’approcher du Christ. Ce qui marque la figure de Jean-Baptiste c’est, fondamentalement, sa discrétion, son humilité, il s’efface, nous l’avons entendu dans l’Evangile ; il dit lui-même qu’il n’est pas digne de délier les courroies des sandales du Christ qui va venir après lui et qui est plus grand que lui ; et Jésus le considérait comme un grand prophète, comme quelqu'un qui vivait une vie ascétique extrêmement sérieuse, retiré dans les montagnes et les déserts, se nourrissant de peu de choses et menant une vie de prière intense. C’est Jean qui a dit : il faut qu’Il croisse et que je diminue ; cette petite phrase pourrait nous servir de direction spirituelle pour toute notre vie car si nous sommes sur terre c’est pour apprendre à accueillir le Christ et pour accueillir le Christ il faut que nous apprenions à vivre humblement, à ne pas nous considérer comme étant les premiers en tout, en ne cherchant pas la gloire, en ne cherchant pas la puissance mais en se dépouillant de ce que St Paul appellera le vieil homme c'est-à-dire tout ce qu’il y a en nous de souillé, de dénaturé, pour laisser la place au Christ ; il faut que nous apprenions sur cette terre, progressivement certes, parce que le Seigneur est patient et que nous ne pouvons tout faire d’un coup et certainement pas sans sa grâce, il faut que nous apprenions à nous vider de nous-mêmes mais du « nous-mêmes » qui est égo : moi, je, pour laisser la place au Christ, pour Le laisser vivre en nous, pour laisser sa Parole entrer dans notre coeur et que nous puissions en vivre. Oui, Jean-Baptiste, Saint Jean-Baptiste est une grande figure, une grande figure de l’Ancien Testament, à la jonction avec le Nouveau Testament, le dernier des prophètes, le dernier des annonciateurs ; c’est pour cette raison qu’on le représente quelque fois sur les icônes avec des ailes comme pour les anges car le mot « ange » signifie « celui qui annonce » ; et c’est celui qui est le dernier grand annonceur de la venue du Christ mais il le fait avec tant de simplicité, d’humilité, d’amour de ceux qui l’entouraient les conseillant, les guidant ; beaucoup sont venus près de lui pour l’interroger : « Que dois-je faire ? » Il leur répondait : « Vis correctement selon les commandements, contente-toi de ta solde de soldat, n’aie aucune concupiscence en toi, ne cherche pas la richesse, etc. » Oui, Jean-Baptiste est un modèle pour nous, un repère, un phare dont il faut nous souvenir souvent ; c’est pour cette raison qu’il est toujours sur l’iconostase avec la Mère de Dieu ; c’est l’un des personnages les plus importants après la Mère de Dieu ; on le représente comme l’intercesseur, avec la Mère de Dieu de l’autre côté, entourant le Christ et priant pour nous ; quelle est donc sa prière ? Sa prière c’est « qu’ils apprennent à Te laisser croître en eux et à diminuer en eux-mêmes » ; c’est cela la prière de Saint Jean-Baptiste ; ce n’est pas facile car nous avons en nous de l’orgueil, de l’égoïsme, une nature déchue, nos péchés mais le Christ a dit : « Ce qui est impossible à l’homme, ce qui est difficile à l’homme, c’est possible pour Dieu » ; c’est pour cette raison que nous devons beaucoup prier, prier régulièrement, sincèrement, non pas en rabâchant des prières, ce n’est pas cela la prière ; la prière c’est un acte qui nous unit à Dieu, qui nous rend Dieu présent et qui nous donne la possibilité d’être en communion avec Lui sous une forme ou sous une autre ; c’est pour cela que, mise à part la prière Liturgique que nous faisons en commun et qui doit être organisée, dans nos chambre, dans nos cellules, nous pouvons prier comme nous le voulons, peu importe la forme ; nous avons à notre disposition beaucoup de choses, des prières qui sont pré-écrites dans des livres, nous avons les psaumes, ces merveilleux psaumes dans lesquels nous pouvons nous glisser à tout moment pour dire ce que nous ressentons face au Seigneur ; nous avons la prière de Jésus, cette formule orientale qui est devenue d’ailleurs occidentale heureusement et qui, en définitive, résume tout l’Evangile, toute l’attitude que nous devons avoir en face du Christ : être humble, reconnaître nos faiblesses, pas d’une manière où on se méprise comme si nous n’étions rien … nous n’étions rien au début et de ce rien Dieu a fait l’homme et l’homme a péché, l’homme a péché par orgueil ; c’est pour cette raison que Jean -Baptiste insiste sur l’humilité : il faut que vous diminuiez pour laisser la place au Christ qui doit grandir en vous et quand le Christ grandit en nous, nous ressentons alors une joie profonde et une paix profonde qui s’installe et qui nous dit : « Continue, continue, tu es sur le vrai chemin, sur la vraie voie, c’est celle que Jea-Baptiste nous enseigne, c’est celle que le Christ nous enseignera, c’est celle que Dieu attend de nous et si nous suivons cette voie alors les portes de l’Eternité sont déjà entrouvertes pour nous ».
Amen

Saint Joseph

27/12/2020 Mth II, 13-23

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Parmi les différents personnages qui ont un rôle à jouer autour de la naissance du Christ, j’aimerais aujourd'hui vous parler de l’un d’entre eux : St Joseph, l’époux de la Vierge Marie. En effet – et nous venons de l’entendre dans ce récit, comme dans le récit de la Nativité – Joseph a un rôle à jouer mais un rôle qu’il joue dans une humilité remarquable. Il est averti par l’Ange qu’il doit quitter l’endroit où est né Jésus et avec Marie et Jésus ils doivent s’enfuir pour éviter que l’enfant soit tué par Hérode ; Joseph spontanément obéit à l’ange, prend Marie et l’enfant et va en Egypte, puis au bout de quelques temps, après la mort d’Hérode, l’ange se manifeste à nouveau et dit à Joseph : « Prends Marie et l’enfant et rends-toi dans la terre que je t’indiquerai ». Joseph obéit et en même temps apprend que Archelaüs a remplacé Hérode qui est mort et que c’est également un tyran ; il est inquiet pour la famille et l’ange lui apparaît à nouveau et lui dit : « Prends Marie et l’enfant et va vers Nazareth où tu t’établiras ». A chaque fois Joseph, humblement, obéit à l’ange sans discuter et exécute ce qui lui est proposé. Lors du récit que nous avons entendu le jour de Noël, on voit que Joseph, - et d’ailleurs dès l’Annonciation - est troublé par ce qu’il apprend : sa fiancée est enceinte mais comme il est humble et qu’il ne veut pas créer de soucis à sa fiancée, il décide de la répudier en secret et c’est alors que l’ange s’approche de lui et lui dit : « Ne crains pas Joseph. De Marie naîtra un enfant par l’opération de l’Esprit-Saint ». Et Joseph dès cet instant prit Marie avec lui. Il obéit. Il ne comprend pas forcément ce qui se passe ; qui le comprendrait ? Mais il obéit et humblement exécute ce que l’Ange lui a proposé. On voit que sur l’icône qui représente la Sainte Nativité Joseph se trouve, dans un coin de l’icône et il est dans une attidude d’interrogation se demandant toujours ce qu’il s’est passé ; on le voit en face d’un personnage qui n’est autre que le démon qui essaye de le détourner de la vraie, qui essaye de mettre le doute dans son esprit mais Joseph ne cède pas au démon ; il rejoint Marie et veille sur elle et sur l’enfant. Pour nous Joseph devient un modèle, un modèle d’effacement car mis à part ces instants, ces moments que nous venons d’entendre, on ne parlera pratiquement plus de lui ; il s’effacera totalement ; il laissera grandir son fils, l’aidera certainement, le fera probablement travailler à son établis de charpentier mais en s’effaçant ; en priant son Dieu certes dans le silence et sans comprendre vraiment ce que signifie cet évènement, il poursuit son chemin auprès de Marie, assistant tous les jours cette famille pour qu’elle puisse vivre dans la dignité et selon ce qui convient. Voilà un exemple remarquable pour nous, pour chacun d’entre nous. Il nous arrive dans nos vies à certains moments d’être dans le doute, de nous demander pourquoi cela nous arrive-t-il, de ne pas comprendre l’évènement mais sommes-nous suffisamment à l’écoute de Dieu, à l’écoute du message de Dieu ? Sommes-nous suffisamment abandonnés à la proposition qui nous est faite ? Peut-être, et si nous le sommes c’est grâce à Dieu et bien souvent, il faut le reconnaître, nous cherchons à comprendre par notre raison ce qui se passe et nous ne comprenons pas jusqu’au moment où, par la grâce, Dieu nous permettra tout simplement d’accéder à sa demande, d’agir selon son commandement et d’avancer sans trop savoir où l’on va. Si nous examinons nos vies nous nous apercevrons que, dès notre enfance, Dieu a un projet sur nous et qu’il va mener ce projet jusqu’à la fin de notre vie, à certains moments, d’une manière incompréhensible à notre raison ; nous ne savons pas pourquoi Il nous appelle dans telle ou telle direction, pourquoi Il nous invite à nous marier, pourquoi Il nous invite à devenir moine, pourquoi Il nous invite à choisir tel service dans l’Eglise ; il n’y a pas d’explication logique car Dieu est totalement illogique ; c’est nous qui voulons être logiques, c'est-à-dire raisonnés mais Dieu n’a pas besoin de raisonner, Il sait ce qu’il y a de meilleur pour chacun d’entre nous et, comme pour Joseph, Il nous indique au fur et à mesure des étapes de notre vie, ce que nous avons à faire ; bien sûr à nous de correspondre à ces invitations, de ne pas nous tourmenter face à l’incompréhension du message mais d’agir, d’obéir, humblement, simplement, en s’effaçant.
Que St Joseph nous aide, soit un modèle pour nous et qu’il nous fasse comprendre par la grâce de Dieu combien nous devons être à son image effacés, abandonnés, vivant humblement et obéissant à tout ce que Dieu nous propose dans notre vie.

Amen

La Nativité amour donné, amour reçu

25/12/2020 Mth II, 1-12

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Tous ceux qui vivent dans la pauvreté savent que l’on n’a pas besoin de beaucoup de choses pour vivre et le Seigneur, en naissant dans cette grotte, nous en fait la démonstration car il vit dans un état de dénuement qu’il est difficile d’imaginer ; car c’est l’Emmanuel, Dieu avec nous, qui est là dans une grotte insalubre avec quelques animaux, Marie et Joseph. Oui, il faut peu de choses, si on réfléchit bien, pour vivre. Bien sûr nous ne sommes plus habitués, pour la majorité d’entre nous, à vivre dans la simplicité et les temps qui sont les nôtres nous entraînent à vivre plutôt dans l’abondance et même la surabondance de biens. Mais même si nous avons au-delà de ce que nous pouvons désirer et imaginer, il nous manquera toujours quelque chose et ce quelque chose c’est ce que le Seigneur Jésus qui naît dans cette grotte à Bethléem nous apporte : c’est l’amour car on peut se passer de beaucoup de choses, presque tout, mais de l’amour on ne peut pas se passer ; nous avons besoin d’être aimé et d’aimer pour la bonne raison que nous avons été façonnés par Dieu à son image et à sa ressemblance et que – St Jean nous le dira avec conviction – Dieu est amour : c’est par amour qu’Il nous a créés, c’est par amour qu’Il a prévu, dès la chute d’Adam et Eve, d’envoyer son Fils pour témoigner de cet amour qu’Il nous offre ; et Jésus vient au milieu de nous pour nous aimer, nous dire que nous sommes aimés et nous apprendre à aimer ; tout ce mystère de la Nativité du Seigneur se résume à cet amour ; tout au long de sa vie terrestre le Seigneur nous enseignera par ses paroles et aussi par sa vie ; Il nous montrera comment aimer ; nous avons beaucoup de possibilités pour aimer et pour être aimé aussi ; même si par malheur, il nous arrivait que personne sur cette terre ne nous aime, Dieu, Lui, nous aimerait ; autrement dit nous ne manquerons jamais d’amour à cause de ce mystère de la Nativité du Seigneur, mystère qui va se développer jusqu’à la Résurrection ; nous recevons en plénitude cet amour de Dieu, cette sécurité, cette nécessité car sans amour nous ne pouvons pas vivre ; l’amour peut se manifester de différentes manières mais il est toujours là, souvent au moment où on s’y attend le moins. Lorsqu'il nous arrive quelques malheurs, quelques souffrances physiques, morales, spirituelles, lorsque nous sentons le découragement grandir en nous, voire la limite du désespoir, il y a toujours le souvenir de Dieu qui nous revient et qui nous dit qu’Il nous aime, que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes réellement aimés et d’un amour dont la qualité ne peut être égalée par aucune personne sur cette terre ; bien sûr nous recevons l’amour dans nos familles : notre époux, notre épouse, nos enfants, nos petits-enfants, nos amis, nos voisins, nos collègues mais vous avez dû remarquer que cet amour humain qui nous donne satisfaction et qui est un véritable amour a toujours une limite ; il y a un moment où on ne sent plus cet amour pour x raisons mais avec Dieu c’est tout autre chose ; avec Dieu nous pouvons ressentir son amour à n’importe quel moment de notre vie, il nous suffit de nous tourner vers Lui, de nous tourner vers cet enfant qui est né dans une crèche, dans la pauvreté, dans la misère, sans grand-chose que la chaleur de quelques animaux et le secours de ses parents puis ensuite la visite des mages et des bergers mais qu'est-ce que tout cela ? Un petit évènement qui n’a pas marqué à ce moment-là l’humanité : très peu de gens se sont rendu compte de ce qui se passait au moment de Noël mais c’est au fur et à mesure que le Christ a grandi, physiquement d’une part, qu’il a pris son rôle que Dieu le Père lui avait donné par la grâce de l’Esprit qu’Il nous a montré qu’Il pouvait donner de l’amour sans limite à tous ceux qui venaient vers Lui : malades, estropiés, Il les guérissait ; à ceux qui étaient tombés dans le péché et qui souffraient de ce que cause le péché Il leur offrait de l’amour ; Il n’hésitait pas à manger avec eux, boire avec eux, les visiter et leur dire quelque fois une parole ou l’autre qui pouvait les remettre sur le chemin qu’ils devaient prendre mais toujours par amour. Si nous relisons tout l’Evangile, chaque page est marquée de l’amour du Christ et en cette nuit où nous fêtons sa Nativité, nous fêtons la venue sur terre de l’amour en plénitude offert aux hommes de bonne volonté, c'est-à-dire à tous les hommes de la terre. Dieu ne met pas de limite à son amour ; Il nous demande simplement d’accueillir cet amour, de Lui demander, de l’accueillir et d’en vivre, d’en vivre pour nous et d’en vivre avec les autres ; c’est peut-être là tout le mystère de cette Nativité ; recevoir de l’amour et apprendre à donner de l’amour.
Que le Seigneur dans son humilité totale – car l’amour sans humilité n’est pas un véritable amour – que le Seigneur dans son humilité totale nous donne de goûter à cet amour à chaque fois que nécessaire. Que nous ayons aussi le réflexe de Lui demander cet amour. Que nous le recevions avec respect comme le plus beau cadeau que nous puissions recevoir. Que nous apprenions nous aussi à faire ce cadeau de l’amour à nos frères et sœurs qui vivent sur cette terre.
Amen

Guerison, foi, patience et prère

26/7/2020 Mt IX, 27-35

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Une fois encore nous retrouvons le Seigneur Jésus qui guérit ceux qui viennent vers Lui et qui souffraient. Dans l’Evangile que nous avons entendu, il est précisé que les aveugles suivaient le Christ puis ils Lui demandent d’être guéris et le Christ leur dit « Qu’il vous soit fait selon votre foi » ; il faut remarquer que ces gens qui avaient besoin d’être guéris suivaient le Christ : probablement ils avaient entendu parler de Lui et de ses miracles mais ils Le suivaient pour entendre sa Parole et peut-être aussi pour être guéris ; c’est à cause de leur foi qu’ils sont guéris : le Seigneur Jésus a besoin qu’ils confirment leur foi en sa capacité de guérir en tant que Fils de Dieu car cela deviendra un témoignage, un témoignage pour tous ceux qui entourent le Christ, pour tous ceux qui Le connaissent et pour tous ceux qui entendent parler de Lui. Il fera ensuite un second miracle et il délivrera le possédé.
Ces miracles que l’on trouve régulièrement dans les Evangiles ont été nombreux, certes, et en même temps peu nombreux par rapport à tous ceux qui souhaitaient être guéris et à tous ceux qui, dans le monde entier, étaient souffrants. Ces miracles ont toujours été d’abord un acte d’amour de la part du Christ qui veut nous montrer ainsi que chacun d’entre nous est aimé même s’il est malade, qu’il soit malade dans son corps ou dans son âme ; et puis Il montre ainsi progressivement que s’il est capable de guérir les aveugles, les boiteux, les possédés, Il peut aussi guérir l’âme. Souvenez-vous de ce miracle où le Seigneur guérit le paralytique en lui retirant d’abord toutes les fautes qu’il avait dans son coeur ; Il peut donc guérir l’âme, le coeur et le corps mais il faut pour cela que nous ayons la foi. Nous avons tous la foi mais la foi ce n’est pas quelque chose de statique, c’est quelque chose de dynamique, quelque chose qui, normalement, doit grandir en nous progressivement jusqu’à ce qu’elle s’épanouisse et trouve son bonheur dans l’Eternité. Autrement dit, pour chacun d’entre nous, si nous désirons être guéris dans notre corps, dans notre âme, dans notre coeur, oui, il nous faut exercer notre foi, la réveiller, la dynamiser et prier comme l’ont fait ceux qui ont été guéris : « Seigneur guéris-moi ». Certains ont été guéris immédiatement, c’est le cas pour ceux qui ont été guéris aujourd'hui, mais pas tous : les lépreux partirent ayant demandé au Christ d’être guéris puis c’est en chemin seulement qu’ils furent guéris, pas dans l’immédiateté ; ce qui nous montre que nous ne devons pas être des impatients ; souvent nous sommes surpris et combien de fois nous disons « Mais j’ai prié, j’ai demandé et rien n’est arrivé ». Est-ce que tu avais la patience ? C’est cela que Dieu attendait : la foi et la patience ; on peut être guéris bien des années après avoir demandé et nous connaissons peut-être tous cela ; nous demandons d’être délivré de telle ou telle souffrance et ça ne vient pas ; quelque fois cela vient tout de suite mais quelque fois c’est long, très long à venir mais il nous faut persévérer, demander, redemander et redemander encore dans la foi ; pas dans une exigence orgueilleuse, égoïste mais dans la foi pour pouvoir être libre d’adorer, de rendre grâce à Dieu et de L’aimer ; même si nous devons attendre la guérison il nous faut continuer de persévérer dans la foi et dans l’amour de Dieu.
Et puis il y a un autre volet – si j’ose dire – de ce diptyque : c’est que nous, en tant que chrétiens, nous avons la responsabilité de prier aussi pour ceux qui sont malades quelque soit la forme de leur maladie ; c’est pour cette raison que toujours dans la Divine Liturgie il y a, dans l’ecténie qui va suivre, une demande de prières pour ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme, dans leur esprit et nous avons à charge, en tant que chrétiens, de prier pour le monde entier qui souffre, non seulement pour les chrétiens mais pour tous. Il y a eu d’ailleurs des signes qui nous permettent de comprendre que des non-chrétiens peuvent être guéris : des Saints ont guéris des non-chrétiens ; des gens qui vivaient dans le même village qu’eux mais qui n’avaient peut-être pas la même foi et qui venaient vers ce Saint et qui étaient guéris. On dit que St Jean de Cronstadt quand il sortait de son église, après avoir célébré la Divine Liturgie, était entouré autour de sa calèche de nombreuses personnes, des chrétiens mais aussi des non-chrétiens et il bénissait tous ceux qui venaient vers lui ; il est très précisé dans ce récit qu’il bénissait les chrétiens, les juifs et tous ceux qui étaient là ; ce qui nous montre et ce qui nous prouve que nous devons prier pour l’humanité entière, l’humanité souffrante actuellement avec le virus mais pas uniquement avec le virus, l’humanité souffre de beaucoup d’autres choses ; nous nous focalisons, à juste titre, sur le virus mais il y a bien d’autres virus dans le monde, bien d’autres qui ont besoin d’être guéris, qui ne sont pas atteints par ce virus mais par d’autres. Alors notre coeur doit s’élargir, notre foi doit grandir, notre prière doit aller vers Dieu pour tous ; c’est notre rôle de chrétiens, notre responsabilité. Quelle chance avons-nous de connaître le Seigneur Jésus qui peut tout : guérir nos cœurs, nos âmes et nos corps ! Quelle chance avons-nous mais nous ne devons pas garder cette chance pour nous tout seuls, nous ne devons pas la vivre en égoïstes, nous dévons la partager. Si le Seigneur nous a dit : « Aimez-vous les uns les autres » cela sous-entend cette prière nécessaire pour tous pour que tous les hommes soient sauvés. C’était la prière de Saint Silouane, notre Saint protecteur ; qu’il nous aide comme il l’a fait à prier et à pleurer pour le monde pour que le monde par le Saint-Esprit soit sauvé.

Amen

Foi, confiance, patience, attente

20/12/2020 Mth I, 1-25

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
On peut se demander pourquoi, dans l’Evangile de ce jour, nous entendons cette longue liste de noms qui nous semblent, apparemment, d’un intérêt secondaire ; nous ne comprenons pas immédiatement qu’il y a un enseignement comme dans les autres Evangiles où le Seigneur, soit par parabole, soit directement enseigne son peuple, le nourrit de sa Parole ; là il s’agit d’un rappel de toute la généalogie du Christ ; qu'est-ce que cela veut dire ? Tous ces hommes, toutes ces femmes dont nous avons entendu le nom à quoi correspondent-ils ? Certains d’entre eux nous sont connus, d’autres un peu, d’autres pas du tout. Que signifie donc cette longue généalogie ? Il me semble que l’on peut interpréter ce passage comme le signe d’une épreuve, d’une longue épreuve : l’épreuve de la foi, l’épreuve de la patience, de l’attente ; une épreuve de la foi car, dès le début, lorsque le Seigneur s’adresse à Abraham, Il lui dit simplement : « Quitte ton pays et va vers le pays que Je te montrerai » ; Il ne lui dit pas où ; Abraham obéit et c’est pour nous un modèle de foi ; il quitte son pays, il quitte ses terres qui étaient nombreuses, il quitte une partie de sa famille, il quitte ses biens et il part : épreuve de la foi. A sa suite viendront d’autres personnages : Moïse ; Moïse à qui le Seigneur promet de voir la terre promise : une terre où il n’y aura plus ni douleur, ni souffrance et Moïse entraîne tout son peuple dans une très longue marche qui dure de nombreuses années : épreuve de l’attente et Moïse d’ailleurs ne verra pas la terre promise ; et puis il y a tous les autres. Il y a parmi tous ces noms des gens de haute qualité comme ceux que je viens de citer, il y a d’autres qui sont carrément des brigands ; il y a en a d’autres comme le roi David qui commettront des péchés, des fautes extrêmement graves car Salomon naîtra du péché de David avec la femme d’Urie qu’il aura séduite et, pour ce faire, envoyer tuer son mari. Tous ces gens nous sont proposés à la méditation en ce jour. Pourquoi ? Parce que Dieu, parce que Dieu avait confiance en eux, même pour les pires ; Il voyait au travers d’eux leur beauté ou plus exactement le reflet de sa propre beauté, même lorsqu'’elle était extrêmement cachée et, progressivement Il leur apprenait – car c’était un temps d’apprentissage – Il leur apprenait la foi, la patience, l’attente. Avant la fête de Noël nous sommes dans un temps de carême, dans un temps d’avent, dans un temps d’attente. Dans nos vies personnelles, pour chacun d’entre nous, il y a des périodes où le Seigneur nous demande de la foi, où le Seigneur nous demande de la patience et de l’attente ; le Seigneur nous conduit vers un endroit que nous ne connaissons pas. Je dois vous dire que si on m’avait dit il y a 50 ans que je serais fondateur de ce monastère, que j’en aurais la paternité spirituelle et qu’ensuite je deviendrais évêque, je pense que j’aurais ri en disant : « Cela n’est pas possible ». Et vous pourriez dire la même chose par rapport à vos vies personnelles ; nous sommes toujours surpris par ce que Dieu fait de nous mais nous devons savoir que Dieu a confiance en nous, que Dieu est patient envers nous et que Dieu sait où Il nous conduit. Au fur et à mesure de ces longues années qui ont scandé la vie de tous ceux dont nous avons entendu les noms il y a eu des épreuves, beaucoup d’épreuves ; l’aventure déjà est une épreuve et puis des maux, des épidémies comme celle que nous connaissons mondialement actuellement mais au fur et à mesure Dieu écoutait son peuple qui priait et le suppliait d’être délivrés de l’oppression des égyptiens, des épreuves qui suivirent ; dans un des psaumes – un long psaume – il nous est rapporté toute cette aventure où l’on voit qu’à chaque fois le peuple de Dieu tombait dans le péché quelque fois, Dieu enseignait le peuple, guérissait le peuple et reconduisait le peuple. C’est notre histoire ; cette généalogie c’est notre généalogie, c’est la même réalité : une aventure ; nous sommes sur la terre dans une aventure mais une aventure qui est scandée régulièrement non seulement pour tous ceux de la généalogie du Christ mais pour nous aussi par une phrase qui revient et que nous chanterons pendant la Vigile de Noël, plus particulièrement pendant les Complies : « Dieu est avec nous, peuples sachez-le, Dieu est avec nous » ; et c’est peut-être la leçon la plus importante de cette généalogie car Dieu est avec tous ces gens dont nous avons entendu les noms, même avec les pires Il est là, même avec David qui a tué, qui a fauté, Il est là et Il remet debout David qui aura une grande responsabilité. Ceci veut dire quoi ? Ceci veut dire que nous devons, nous aussi, accueillir dans la foi ce que Dieu nous propose ; dans la foi, c'est-à-dire que quelque part nous ne comprenons pas intellectuellement ce que Dieu veut de nous mais Il nous donne la grâce de pouvoir répondre « Oui » car Il est avec nous ; c’est la confiance, la foi et puis Il nous donnera la patience ; nous ne l’avons pas toujours cette patience, c’est Dieu qui la donne : nous n’avons pas toujours cette vertu, certains l’ont plus que d’autres, moi je ne l’ai pas beaucoup, je peux vous le garantir, je suis plutôt un impatient et pourtant Dieu nous montre, à chaque instant qu’il faut être patient : attendre. Hier encore on me parlait des problème de l’Eglise : ceux qui ont lu l’histoire de l’Eglise savent que depuis le début jusqu’à aujourd'hui et certainement jusqu’à la fin des temps, il y aura des problèmes d’Eglise car l’Eglise est composée d’une partie divine qui est parfaite puisque le Christ est à la tête de l’Eglise et une partie humaine, c’est nous et nous ne sommes pas parfaits ; autrement dit des problèmes il y en aura toujours ; hier soir, face à ce questionnement que je recevais par rapport à un problème d’Eglise qui me tracassait, où je me demandais comment j’allais pouvoir résoudre ce problème, moi, je me suis dit : « Non pas moi, il faut que j’aille dans la prière vers Dieu, pas vers moi. » Ce n’est pas moi qui vais résoudre le problème, c’est Dieu et c’est notre foi en Dieu qui permet à l’Eglise de continuer sa vie depuis des milliers d’années ; foi, espérance, constance, attente avec patience. Je pense que c’est là la leçon de cette longue généalogie qui peut à priori nous paraître un peu rasoir mais qui pourtant est un long enseignement. Alors que nous sommes à la veille de fêter Noël, la venue du Seigneur, l’Emmanuel Dieu avec nous, développons dans nos cœurs et dans notre âme cette patience, cette foi, cette foi sans conditions ; nous pouvons demander à Dieu ce que nous désirons mais dans la foi, pas dans l’exigence personnelle : je veux, non. Nous avons un exemple en Joseph, on vient de l’entendre, en Marie, au moment de l’Annonciation ; rien n’est à comprendre, Dieu demande et ils ont la foi ; ils ne font pas confiance en eux-mêmes car les éléments qu’ils connaissent ne pouvaient entraîner aucune confiance en eux-mêmes mais ils ont confiance en Dieu, ils ont foi en Dieu et bien d’autres encore.
Alors que le Seigneur nous donne cette grâce d’une foi comme Abraham l’a eue, d’une confiance dans l’attente comme Moïse l’a eue, une persévérance malgré le péché comme David l’a eue, une foi vive comme Joseph et Marie l’ont eue. Que Dieu nous donne cette grâce indispensable à notre vie personnelle et à notre vie d’Eglise.

Amen

Véritable richesse dépouillement

6/12/2020 Mc I, 1-8

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
La parabole que nous venons d’entendre est d’une importance capitale pour chacun d’entre nous : le Seigneur, à l’époque, enseignait tous ceux qui l’entouraient et qui attendaient un enseignement, une parole, un encouragement et aussi une guidance spirituelle et cette guidance spirituelle est toujours valable pour chacun d’entre nous bien évidemment comme toutes les paroles de l’Evangile. L’histoire de cet homme qui est riche, qui est riche au-delà de ce qui est pensable puisqu’il ne sait plus quoi faire de ses richesses : il est obligé de démolir des greniers pour construire des greniers encore plus grands pour contenir ses biens. Il y a un petit passage dans le parabole auquel on ne fait pas toujours attention et qui est très significatif car dans cette histoire cet homme riche dit à son âme : « Que vais-je faire ? » ; il ne le demande pas à son esprit mais à son âme, c'est-à-dire à son être profond, à l’essentiel de ce qu’il est et il répond, il a trouvé la solution mais la conclusion est terrible : « car si t’occupes de ton âme de cette façon tu oublies qu’à un moment ou un autre le Seigneur va venir te chercher pour l’Eternité et que feras-tu de tous ces biens et que feras-tu si tu n’as rien d’autre que cela ? » C’est une question d’actualité vous savez, et elle sera toujours d’actualité parce que à cause de notre orgueil nous avons tous plus ou moins un instinct de possession : nous aimons posséder, cela nous rassure ; bien sûr il y a des sécurités nécessaires : il faut un toit, il faut de quoi manger, nourrir ses enfants, sa famille, tout cela est tout à fait légitime , avoir une certaine joie de vivre au travers de ce que le Seigneur nous offre mais dans la parabole il n’est pas question de cela, on ne parle pas de la famille de cet homme ; c’est lui qui se parle à lui-même, dans son égo, moi, moi, moi j’ai beaucoup de choses et j’en veux encore plus et il s’organise pour profiter de tout ce qu’il a et tout ce qu’il aura encore et il oublie, il oublie l’essentiel, il oublie le fondamental, il oublie le nécessaire, l’indispensable, il oublie comment nourrir son âme ou plus exactement il la nourrit de chose qui vont bien au-delà du nécessaire et qui sont totalement inutiles. Vous savez on connait ces personnes qu’on appelle des collectionneurs et je me souviens d’avoir rencontré une fois dans ma vie un monsieur qui était assez âgé qui avait un appartement assez grand mais quand on le visitait on ne savait plus où mettre les pieds parce qu'il y avait des choses partout ; si vous ouvriez un tiroir, c’était rempli, un autre tiroir c’était rempli, les armoires étaient remplies, il ne savait même plus ce qu’il avait ; alors je ne veux pas juger cet homme parce que je ne connais pas le fond de son âme mais extérieurement ainsi je me disais comment peut-il se retrouver avec lui-même déjà entouré de toutes ces choses ? C’est un cas extrême bien sûr mais si nous nous interrogeons nous-mêmes : est-ce que nous ne sommes pas trop attachés à certaines choses, certains objets, certains vêtements, certaines nourritures, certaines manières de vivre ? Il est très connu que les gens les plus riches de la terre, pas tous mais beaucoup d’entre eux, les gens qui touchent des milliers et des milliers d’euros par mois au point qu’ils ne savent même plus ce qu’ils ont en banque, qui ont des maisons ici et là, des châteaux, des propriétés privées, des avions personnels etc… il est bien connu que ces gens-là, la plupart du temps, sont malheureux : ils sont malheureux parce qu'ils n’ont pas l’essentiel ; ce n’est pas un jet privé qui vous donne la paix du cœur et de l’âme ; ce n’est pas une collection de bijoux qui vous donnent la paix de l’âme ; la paix de l’âme c’est d’aller chercher le trésor là où il est c'est-à-dire la présence du Seigneur dans notre coeur qui doit être dominante, qui doit être la principale préoccupation. St Sophrony disait souvent que le plus important dans la vie – il s’adressait à ses moines et ses moniales mais ceci est valable pour tous chrétiens bien sûr – le plus important est de garder le souvenir de Dieu dans son coeur, dans son âme ; c’est la plus grande richesse que nous puissions posséder et celle-ci nous pouvons la faire grandir, nous pouvons la multiplier, nous pouvons la développer, garder le souvenir de Dieu dans son coeur et dans son âme ; le reste peut être utile mais secondaire si on a le minimum nécessaire bien sûr. Cette parabole nous ramène à la difficulté principale de tout homme et de toute femme sur cette terre, l’orgueil qui se manifeste par un égo, un centrage sur soi, une mauvaise foi, l’égo, l’égoïsme, moi, moi, je, je. Et Dieu là-dedans ? Où est-il ? Devant, derrière, sur le côté ? Où est-il ? Il n’est nulle part et certainement pas dans nos cœurs et dans nos âmes au moins à certains moments ; alors nous devons régulièrement, pas d’une manière obsessionnelle mais régulièrement nous interroger en nous mettant devant le Seigneur et devant nous-mêmes : est-ce que la première place, ma plus grande richesse est dans mon coeur et dans mon âme ? Est-ce que je possède – et pour une fois, là la possession est nécessaire et indispensable, elle est bénie – est-ce que je possède la grâce de la présence de Dieu en moi, le souvenir de Dieu ? On peut se souvenir de Dieu à n’importe quel moment de la journée, de la nuit ; en travaillant – surtout dans les travaux les plus simples ; le souvenir de Dieu est facile lorsqu'on épluche des légumes, que l’on fait la vaisselle, on passe l’aspirateur et toutes ces choses que l’on connaît ; et puis lorsqu'on se réveille la nuit quelque fois parce qu'on a une insomnie ou tout simplement parce qu'on est réveillé, le souvenir de Dieu est facile à ce moment-là si on s’y est entraîné, si régulièrement on a mis en priorité comme trésor de notre vie, le Christ. Ce n’est pas pour rien que nos églises, nos sanctuaires, notre coin de prière dans la maison est un lieu sacré parce que c’est le lieu de la rencontre avec le Seigneur, avec Dieu : Il est là, Il nous attend ; on peut reprendre cette phrase de Marthe à Marie : « Le Seigneur est là et Il t’attend ». Oui, Il nous attend patiemment, Il attend que nous nous débarrassions de toutes ces inutilités, de tout ce qui encombre notre vie, y compris dans notre esprit ; Il attend que nous nous libérions des possessions inutiles. Alors comment faire ? Crier d’abord, écouter la Parole de Dieu, la lire, la relire et l’écouter et l’écouter encore et se laisser pénétrer par cette Parole ; les Pères nous parlent de la manducation de la Parole de Dieu : on mange la Parole de Dieu comme on mange un aliment et on digère cette Parole, on la laisse entrer en nous pour qu’elle prenne force dans notre vie ; en écoutant la Parole de Dieu, en lui donnant la priorité, alors nous allons pas-à-pas, progressivement nous libérer ; et à la fin de notre vie, si nous avançons dans ce sens selon la proposition du Seigneur alors nous pourrons arriver devant Lui avec quoi ? Rien, aucune possession ; nous ne serons pas comme les Mages qui apportent de l’or, de l’encens et de la myrrhe, nous n’avons rien à apporter. Oh, nous aurons nos péchés et peut-être que cela mais nous pourrons dire au Seigneur : « Je n’ai plus rien que mes péchés mais Toi je sais que Tu es dans mon coeur ; je T’ai désiré toute ma vie et j’ai éliminé progressivement tout ce qui n’était pas de Toi et me voici aujourd'hui devant Toi que j’ai désiré et que désire encore mon âme désirable ». Alors la partie sera gagnée ; ce ne seront plus les accumulations d’objets, de préciosités, de maisons, de bateaux, d’avions et de je ne sais quoi encore que nous aurons autour de nous face au Seigneur mais simplement le désir, le désir de conserver pour l’Eternité le trésor que nous aurons acquis progressivement : sa Présence, son amour, sa compassion, sa fidélité infinie ; Dieu est amour ; Dieu n’existe pas, Il est et Il est amour et c’est là où se situe notre richesse, c’est là où se situe le principal de nos biens, tout le reste est secondaire voire parfaitement inutile ; ce n’est pas facile bien sûr, cela – ce dépouillement progressif – doit se faire pas-à-pas ; même nous autres les moines qui en entrant dans le monastère abandonnons tout ce qui est du monde, le monde nous rattrape très vite vous savez, beaucoup plus vite qu’on ne le souhaiterait et quelque fois on n’a pas grand-chose dans sa cellule mais ce que l’on a c’est à nous : un crayon, un stylo, un petit pichet dans lequel on met de l’eau pour boire le soir, un verre … c’est à moi ; oui, oui, cela arrive dans les monastères aussi ; alors il y a un test que nous pouvons tous faire les moines et les chrétiens : si quelqu'un vient dans ma cellule et me fait un compliment sur cet objet qui est sur ma table « Oh comme c’est beau » ; est-ce que je suis capable de le prendre et de le lui donner ? Si intérieurement tout s’arrête au compliment et que je me réjouis d’avoir cette jolie chose sans la liberté de la donner alors je n’ai pas encore atteint cette vraie liberté ; c’est un test que nous pouvons faire régulièrement et nous aurons une réponse qui nous précisera les choses ; mais le Seigneur est là pour nous aider ; Il nous a montré comment Il a vécu : « Les animaux ont des tanières mais le Fils de l’Homme n’a pas un toit où reposer sa tête » ; le Christ n’avait pas de maison ; Il habitait, selon la tradition, principalement dans la maison de Pierre et de sa famille mais Il allait par monts et par vaux, Il se contentait de ce qu’Il trouvait, de ce qu’on lui donnait pour manger, pour boire ; il y a beaucoup de récits où Il est invité pour manger parce que Lui n’avait rien ; Il est le modèle : Il se dépouille de tout et Il vient au milieu de nous ; nous allons le fêter dans quelques semaines ; Il vient au milieu de nous dans la pauvreté, sans rien posséder, dans une grotte misérable ; voilà, voilà le modèle ; cela ne veut pas dire que nous devons tous nous précipiter dans des grottes misérables mais nous devons nous inspirer de ce que le Seigneur a fait qui correspondait à l’amour qu’il voulait nous porter : nous apprendre quel est l’essentiel pour aimer.
Nous fêtons aujourd'hui St Nicolas, un grand Saint de l’Eglise et ce matin en y pensant, je me disais : qu'est-ce qu’on peut dire de la vie de St Nicolas ? On ne connaît pratiquement rien de sa vie, rien ou pas grand-chose : il a été à un concile, il a fait quelques miracles, il a sauvé des bateaux dans la détresse, il a soulagé des pauvres mais on ne sait pas grand-chose d’autre, on n’a pas de détails. Pourquoi n’avons-nous pas de détails ? Parce que je pense que St Nicolas vivait dans une sobriété, une simplicité, une pauvreté peut-être même et il s’enrichissait du Seigneur et fort curieusement, ce Saint dont on ne connait pas grand-chose de la vie est le Saint le plus prié, le plus fréquenté dans le monde entier : il y a des églises dédiées à St Nicolas dans le monde entier, même en Chine et au Japon ; St Nicolas est connu partout chez les Grecs, chez les Russes, chez les Serbes, chez les Français, partout ; c’est lui qui nous a choisis, ce n’est pas nous qui avons choisi St Nicolas : on ne connait pratiquement pas sa vie mais c’est lui qui nous a choisis et probablement qu’il nous choisis pour nous dire que l’essentiel de notre richesse c’est l’acquisition, progressive certes, mais certaine de l’amour de Dieu en nous.
Amen

Le bon Samaritain

29/11/2020 Lc X, 25-37

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Il y a beaucoup de leçons que nous pourrions tirer de cet Evangile. Cet homme qui se présente devant le Christ et qui est un spécialiste de la Loi veut en quelque sorte provoquer le Christ et voir s’Il connaît bien cette Loi. Evidemment le Seigneur connaît cette Loi. Mais le problème c’est que cet homme qui était spécialiste de la Loi connaissait très bien la Loi – sa réponse est juste - mais il ne la pratiquait pas correctement, voire peut-être ne la pratiquait pas du tout. Alors le Seigneur, lorsque cet homme veut se justifier, lui raconte cette parabole du « Bon Samaritain » et là il y a comme une espèce d’inversion par rapport à ce que nous pourrions penser : qui est notre prochain ? C’est celui qui est à terre, blessé à mort par des brigands, c’est la logique mais le Seigneur va retourner cette logique et en expliquant la parabole, en la décrivant, il va faire comprendre à ce légiste qu’il n’interprète pas la loi toujours dans le bon sens ; Il va lui montrer que ce ne sont pas les Justes selon le légiste qui auront part à la Vie Eternelle mais ceux qui exercent la miséricorde de Dieu ; Il va montrer que le prêtre et le lévite -tous ceux qui ont une responsabilité dans la fonctionnement de la prière, de l’adoration et de la charité - tous ceux-là passent devant ce malheureux et ne font rien ; le seul qui s’arrête c’est celui qui ne fait pas partie de ce groupe, un étranger, un non-juif, un samaritain et c’est celui-là qui, pris de compassion, va s’occuper de l’homme blessé et nous savons la suite. Le légiste va être obligé de répondre que celui qui est le prochain est celui qui a exercé la miséricorde, c'est-à-dire le samaritain. En quelque sorte Jésus a bloqué la pensée du légiste ou tout au moins l’a détourné vers la vérité et non pas vers une Loi froide et morte. Alors pour nous comment cette parabole résonne-t-elle en notre coeur et en notre âme ? Et bien nous avons compris ce que nous avons à faire, cela est clair. Il y a peut-être quelque chose de plus que nous pouvons interpréter c’est qu’en définitive le véritable bon samaritain c’est le Christ car c’est le Christ qui se penche vers nous, car c’est le Christ qui s’arrête près de nous, car c’est le Christ qui panse nos plaies, car c’est le Christ qui nous soulage et qui veut nous guérir en nous aimant ; et je pense que ce n’est pas une fausse interprétation même si c’est un commentaire car le Seigneur est le seul qui puisse appliquer une miséricorde parfaite ; c’est le seul qui est le véritable Bon Samaritain, qui s’occupe de nous, sans cesse, non seulement lorsqu'Il nous voit dans la misère et avec des plaies ouvertes mais même après il fait attention comme le bon samaritain qui, en revenant, donnera de l’argent à l’hôtelier si c’est nécessaire. Le Seigneur veille sur nous en permanence et c’est pour cette raison que nous devons avoir une foi et une confiance les plus grandes possible dans le Seigneur Jésus. Oui, nous avons des plaies, bien évidemment, nous avons des souffrances quelque fois violentes, pénibles qu’elles soient physiques, morales, psychiques, peu importe, nous avons des souffrances, oui, mais le Christ est là et Il nous voit ; Il ne fait pas comme le prêtre et le lévite, Il ne passe pas à côté de nous sans s’arrêter, Il s’arrête à chaque instant, à chaque moment de notre vie et si nous avons besoin de Lui, Il est là. Alors n’ayons pas peur d’exposer nos plaies au Seigneur, de lui dire nos souffrances, de Lui expliquer notre misère car Lui, par le baume de sa miséricorde viendra apaiser nos plaies et nos souffrances. Ceci doit nous rendre paisibles, heureux, joyeux dans le cœur ; mais ceci doit aussi avoir une conséquence et nous en revenons là à la finale de la parabole : c’est que, nous aussi, à l’image du Christ, nous devons essayer - certes pas avec la même intensité que le Seigneur - mais nous devons offrir notre miséricorde à notre frère et à notre sœur qui souffrent quelle que soit cette souffrance ; souvent nous réagissons à l’inverse, moi comme vous, tous ; nous avons souvent une espèce d’auto-défense qui domine notre intention mais il faudrait à ce moment-là que nous nous souvenions que le Seigneur a appliqué sur nous le baume de sa miséricorde et que c’est à nous d’en faire autant face à notre frère ou notre sœur qui est blessé, fusse par le péché.
C’est une très belle parabole, c’est un très bel enseignement. Je ne sais pas si l’homme de loi ensuite a changé sa vie, je l’espère, et c’est probable mais ce qui est important à retenir c’est que le Christ est le Bon Samaritain.
Amen

Toucher le Christ

22/11/2020 Lc VIII, 41-56

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans ce double miracle que nous venons d’entendre, les deux personnes qui sont en cause nous sont montrées comme ayant une grande foi. Cette femme qui était malade depuis de nombreuses années perdait beaucoup de sang donc de force et puis ce chef de la synagogue qui vient trouver le Christ sachant qu’Il peut guérir son enfant ; tout d’abord la foi qui motive ces deux êtres : ils croient que le Seigneur Jésus peut tout ; ils le croient parce qu'ils ont entendu parler de Lui ou peut-être parce qu'ils ont déjà vu que le Seigneur a accompli des miracles, peu importe, mais ils croient et c’est cette foi qui les pousse à s’approcher du Christ, l’un différemment de l’autre ; la femme d’abord s’approche, n’ose pas demander quoi que ce soit au Christ mais se dit qu’Il est tellement Saint qu’il suffit de toucher la frange de son vêtement pour être guérie et elle est guérie ; le Seigneur a senti sa foi et Il a guéri cette femme non seulement pour qu’elle soit soulagée de son mal mais pour que tous ceux qui l’entouraient - et ils étaient nombreux nous est-il dit – puissent comprendre que le Seigneur peut tout ; il suffit que nous ayons le courage de nous approcher de Lui quels que nous soyons ; il n’est pas dit que cette femme était parfaite dans sa vie, nous n’en savons rien, peut-être, mais peut-être pas, nous savons qu’elle était malade simplement or nous sommes tous malades, absolument tous : notre âme est malade, notre coeur est malade et quelque fois aussi notre corps ; alors si comme l’hémorroïsse nous osons nous approcher du Christ espérant être guéris, Il se penchera vers nous comme Il s’est penché vers la fillette, Il prendra notre main et nous remettra sur le chemin ; c’est là tout l’amour du Christ pour les hommes, c’est là toute sa miséricorde, toute sa compassion ; alors comment nous approcher du Christ ? Dans la foi, certes ; sans la foi rien n’est possible ; ensuite les moyens sont nombreux ; nous pouvons nous approcher du Christ par la prière déjà, c’est une relation que nous avons avec Lui ; c’est pour cette raison qu’à chaque Liturgie nous prions pour les malades ; ensuite nous pouvons L’approcher lorsqu'au moment de la communion il nous est proposé de recevoir son Corps et son Sang, une approche encore plus intense, un sacrement, le signe efficace de sa présence en nous par son Corps et son Sang ; nous pouvons nous approcher aussi par la charité envers ceux qui nous entourent car le Seigneur a dit lorsqu'Il parle du jugement dernier que tout ce que nous ferons à ceux qui nous entourent, tout ce que nous ferons de bien c’est à Lui que nous le ferons, autrement dit nous serons en relation avec Jésus à chaque fois que nous accueillons notre frère ou notre sœur, quelle que soit la circonstance ; c’est un moyen très efficace, beaucoup plus qu’on ne le croit, pour nous-mêmes être guéris ; ce qui tue notre âme et notre corps, c’est l’orgueil : nous voulons toujours être au-dessus des autres que ce soit dans notre attitude physique, morale, voire spirituelle ; à quoi bon vouloir être au-dessus des autres, cela ne veut rien dire ; il faut que nous vivions humblement et même si nous recevons des humiliations, les accepter comme un moyen de toucher le Christ et de Lui demander d’être guéris de notre plaie. Par tous ces moyens le Seigneur veut nous sauver, par d’autres moyens encore bien sûr. Nous avons besoin de savoir, d’expérimenter que le Seigneur Jésus peut nous sauver ; nous avons besoin de savoir, de l’expérimenter sinon nous sommes perdus or nous avons beaucoup d’occasions ; que faisons-nous de ces occasions ? Lorsque nous prions, sommes-nous dans les mots que nous disons, que nous formulons ou récitons-nous de manière automatique des formules qui pour Dieu n’ont aucun sens ? Sommes-nous conscients avant, pendant, et après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ en nous qui nous sauve ? Est-ce que nous en tirons des conséquences, est-ce que nous goûtons aux fruits que cela représente ? Ou bien est-ce aussi par habitude que nous agissons ? Les prières avant et après la Communion sont justement là pour être écoutées, entendues, méditées pour nous faire comprendre le trésor que nous avons reçu. Et puis, nos frères, nos sœurs tous ceux qui nous entourent qui ont besoin d’amour, même s’ils nous agressent, même s’ils nous méprisent, même s’ils nous humilient, ils ont besoin d’amour et si nous leur donnons de l’amour, nous touchons le Christ en faisant comme Lui.
Que le Seigneur par l’intercession de sa Mère Toute Pure dont nous célébrons la Sainte entrée dans le Temple nous donne de comprendre par le coeur, par l’expérience toutes ces données. Que nous aussi nous ayons la même foi que l’hémorroïsse et le chef de la synagogue et que par cette foi le Seigneur nous guérisse, à chaque fois que nécessaire et qu’ainsi, de guérison en guérison, nous approchions de la guérison éternelle.
Amen