Monastère Saint Silouane

Zachée rélation à Dieu miséricorde

14/2/2021 Lc XIX, 1-10

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Chaque Evangile que nous entendons présente toujours pour chacun d’entre nous une leçon, un encouragement, une manière de vivre. Aujourd'hui en ce dimanche de Zachée, il me semble que le message est très clair ; il y a entre les deux personnages, Jésus, d’une part, Zachée d’autre part, un grand contraste, bien sûr : le Seigneur Jésus est parfait, Zachée est un publicain, c'est-à-dire un pécheur et qui plus est, volait ; il a entendu parler de Jésus et il voudrait bien voir quelle tête Il a. Alors, comme il était petit, nous est-il dit, il monte dans un sycomore et là il se cache derrière les feuilles et regarde ; mais Celui qui le regarde en premier c’est Jésus pourtant il y avait une grande foule autour de Lui et le seul qu’Il regarde c’est Zachée qui est caché dans l’arbre ; et Il dit à Zachée : « Descends car aujourd'hui je veux me rendre chez toi et y manger ». Certainement que Zachée est très surpris mais il est très heureux. En Orient, on est toujours heureux d’offrir sa maison et d’accueillir l’autre ; certains commencent à juger Jésus parce qu'Il va manger chez un pécheur, ils n’ont pas bien compris le message, pas encore en tout cas ; et pendant le repas qui se déroule normalement dans la joie, Zachée se met à dire, sans que le Seigneur lui ait rien demandé, : « Seigneur si j’ai fait du mal à quelqu'un, je lui rendrai tout ce que j’ai volé ; je donnerai une grande part de mes biens – il était riche – aux pauvres » ; et le Seigneur conclut en disant : « Aujourd'hui dans cette maison est arrivé quelque chose d’important ». Alors qu'est-ce qui est important ? Ce qui est important c’est que Jésus qui connaissait le cœur et l’âme de Zachée a voulu qu’il se convertisse, qu’il change de voie, qu’il s’oriente vers la bonne voie et qu’il arrête toutes ses bêtises mais Jésus ne lui fait aucun reproche ; ceci est typique de toutes les fois où le Seigneur amène quelqu'un à la conversion mais c’est simplement par l’amour qu’il montre à Zachée - déjà en lui demandant de venir dans sa maison et de manger avec lui et ensuite de partager quelques paroles - c’est en montrant cet amour à Zachée que Zachée comprend dans son coeur que Celui qui est en face de lui n’est pas n’importe qui ; certes il en a entendu parlé comme un prophète, un thaumaturge, comme quelqu'un qui semble grand en Israël ; il se jugeait indigne d’être devant Lui mais il voulait quand même Le voir alors il est monté dans cet arbre où non seulement il pouvait Le voir mais il était caché par les feuilles sauf pour Jésus. Voyez-vous c’est toujours Dieu qui nous appelle au repentir ; dès le début, rappelez-vous, Adam se cache comme Zachée, il ne veut pas être vu parce qu'il sait qu’il a péché et c’est Dieu qui va le chercher : « Adam où es-tu ? » ; c’est exactement la même chose qui se passe avec Zachée et Jésus et c’est exactement la même chose qui va se passer avec nous car nous sommes tous, plus ou moins, des Zachée, c'est-à-dire des pécheurs ; nous avons des moments où nous nous intéressons beaucoup plus à nous qu’à Dieu, nous laissons Dieu de côté : on verra plus tard ; c’est Jésus qui nous fait signe au bout d’un moment, d’une manière ou d’une autre, quand nous entendons une parole qui nous frappe, nous avons un échange avec quelqu'un qui nous marque, nous lisons quelques phrases encourageantes ou bien dans notre coeur tout simplement directement le Seigneur s’adresse à nous et nous dit : « Je veux m’approcher de toi, je veux venir avec toi, je veux vivre un instant avec toi ». Et c’est là la grande leçon de cet Evangile : nous avons d’un côté le péché et de l’autre côté la miséricorde ; c’est une grande grâce que nous recevions la miséricorde de Dieu, c’est notre salut qui est en cause ; la miséricorde de Dieu c’est le Christ qui descend aux enfers et qui tend la main à Adam et Eve pour les mettre debout dans sa lumière et puis dans tous les évènements qui suivront ; c’est Jésus qui, se trouvant devant la femme adultère, celle qui doit être lapidée, ne prend pas de pierre, il ne dit rien – il nous est dit qu’il écrivait sur le sable, je pense qu’il faisait ce que nous faisons tous lorsque ce qui se passe ne nous intéresse pas, des petits dessins sur le papier - et puis il s’adresse ensuite à ceux qui voulaient lapider cette femme et leur dit : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » et il nous est dit que tous partirent en commençant par les plus anciens ; c’est la même chose parce qu'Il dit à cette femme : « Personne ne t’a condamné, moi non plus Je ne te condamne pas », comme il n’a pas condamné Zachée mais Il offre un chemin de vérité et d’amour ; nous pourrions prendre beaucoup d’autres exemples bien sûr ; alors la leçon que nous devons retenir qui est très importante pour notre quotidien, pour notre salut, pour le salut du monde c’est d’être des veilleurs, d’être attentifs au moment où le Seigneur, d’une manière ou d’une autre, nous dit quelque chose, nous tend la main pour que nous soyons plus proches, plus près de lui ; c’est important de retenir cette leçon, c’est une leçon qui est paisible, douce et qui rend notre coeur heureux, joyeux ; il faut nous exercer à accueillir la miséricorde de Dieu à chaque fois que possible ainsi, accueillant cette miséricorde nous serons sur le chemin de la miséricorde, sur le chemin de l’Eternité où nous recevrons en plénitude cette miséricorde qui s’appelle l’amour de Dieu.

Amen


Sacrement pénitence repentir

28/2/2021 Lc XV, 11-32

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Lorsque le Seigneur Jésus s’exprime par parabole, c’est qu’Il veut, avec insistance, nous faire comprendre quelque chose d’extrêmement important et, effectivement, cette parabole du fils prodigue que l’on connait bien est d’une richesse exceptionnelle. Ce jeune fils qui part loin de sa famille, ayant réclamé son bien, tombe dans le péché, la faiblesse, toutes sortes de chutes négatives jusqu’au moment où il n’a plus d’argent ; il souffre, c’est la famine ; il ne peut même pas manger, alors, alors il se souvient que son père donne du pain en quantité même à ses serviteurs et il se décide à rentrer à la maison. Ce fils prodigue qui est de retour vers le Père va confesser ses fautes devant Lui : en fait il confesse ses fautes mais en même temps confesse la miséricorde de Dieu car il va voir son Père écarter les bras pour l’accueillir, l’embrasser, ne lui faire aucun reproche et, dans la joie du retour, commander un festin, donner une belle robe et un anneau au doigt. C’est tout le mystère de l’amour de Dieu qui est en cause dans cette parabole sous une forme très particulière : la miséricorde ; et nous avons besoin de cette miséricorde car le fils prodigue c’est nous tous, c’est nous tous, c’est moi, c’est vous, c’est le monde entier car nous tombons tous par notre nature déchue d’une part et par nos faiblesses personnelles d’autre part, ; nous tombons tous dans le péché à certains moments et nous nous éloignons quelque fois très loin de Dieu – pour chacun l’histoire est différente bien sûr  : il y a des petits éloignements et des éloignements plus conséquents et plus lourds ; mais nous comprenons par cette parabole que Dieu a un amour tellement grand que jamais Il ne nous fera un reproche si nous nous tournons vers Lui en reconnaissant notre faiblesse. Cette double confession est très riche pour chacun d’entre nous car nous la retrouvons d’une manière très particulière dans le sacrement de la confession où là aussi nous confessons nos fautes et nous confessons la miséricorde de Dieu. C’est un sacrement important que chacun doit vivre selon son rythme, que chacun doit, dans sa conscience, dans une vision de ce qu’il y a dans son coeur de ce qui est lourd, de ce qui devient difficile, trop difficile ; alors c’est le moment d’aller vers Dieu le Père, au travers de ce sacrement de la confession où le prêtre a été béni pour être l’intermédiaire entre Dieu et le pénitent ; dans cette rencontre, dans ce retour, dans ce retournement, dans cette conversion il y a quelque chose d’extraordinaire : joie du Père, joie de tout le Ciel nous est-il dit et joie de celui qui est réconcilié avec le Père en s’humiliant, certes, en avouant la vérité – ce n’est pas toujours facile bien évidemment ; mais il faut, pour avoir le courage de le faire, se souvenir que jamais le Seigneur ne nous rejettera, jamais. Quelque fois des pénitents viennent me dire : « Je vais me confesser mais je vais vous répéter des choses que vous avez déjà entendues plusieurs fois alors à quoi bon » ; mais si, il y a quelque chose de bon là-dedans ; même si c’est répétitif, même si ces chutes sont fréquentes, l’amour de Dieu est illimité ; il n’y a pas un moment où le Seigneur dira : « Maintenant cela suffit, cela fait 10 fois que tu fais la même chose, je ne veux plus te voir », jamais. Nous savons que le Bon Larron, le premier canonisé parmi les saints a vu, a entendu et a accueilli la miséricorde du Christ sur la croix.
Maintenant nous pouvons aussi faire une autre interprétation un peu particulière : à la fin de ce mouvement de retour vers le Père, on pourrait dire aussi que le fils prodigue est le Christ, non pas qu’il ait péché comme le fils prodigue – Il n’a jamais péché – mais Il porte nos péchés sur Lui et Il les dépose au Père pour que nous soyons adoptés par le Père dans l’amour ; donc quelque part le fils prodigue est un reflet, particulier certes, de ce que le Christ a fait pour nous à l’égard du Père. Lorsqu'IL est mort sur la croix - dans un état qui n’était pas plus brillant que ce fils prodigue qui avait tout perdu – apparemment, le Christ aussi avait tout perdu et Il était crucifié, mort et mis au tombeau, humiliation totale et pourtant et pourtant c’est ce qui nous a sauvé ; d’ailleurs quand le Seigneur Jésus remonte vers le Père au moment de l’Ascension, Il nous entraîne tous, c’est le même mouvement que le fils prodigue ; Il nous entraîne tous pour que nous rentrions dans notre conversion, dans notre retournement vers le Père et que nous recevions en plénitude l’amour du Père. C’est pour cela que cette parabole est importante et qu’elle fait partie des dimanches du Triode qui nous préparent au carême ; car le carême est un temps fort, important, pour que nous prenions conscience de l’intérêt de la mort et de la Résurrection du Christ pour nous, que nous prenions conscience que nous sommes des pécheurs et que probablement nous le serons -peut-être de moins en moins je l’espère - mais nous le serons toujours un petit peu même au moment de la mort.
Cette parabole est consolante, fortifiante, dynamisante, elle nous montre le chemin, le vrai chemin vers Dieu et comment marcher sur ce chemin. Nous avons tous les moyens à notre disposition. N’ayons pas peur d’aller nous confesser régulièrement, à notre rythme ; la confession n’est pas un sacrement qui nous donne un ticket pour aller communier, non, ce n’est pas cela du tout ; c’est un sacrement à part entière lié à l’Eucharistie comme tous les sacrements mais c’est un sacrement à part entière. Pourquoi nous passer de ce sacrement qui est si beau, si merveilleux, si réjouissant pour le coeur et l’âme ; et puis lorsque nous communions au Corps et au Sang du Christ nos petites fautes, toutes petites faute qui sont quand même des fautes, en recevant le Corps et le Sang du Christ disparaissent ; pour les grandes fautes il faudra aller se confesser ; pour ces toutes petites fautes : un énervement, une mauvaise pensée passagère, non entretenue, nous recevons la miséricorde de Dieu par le Corps et le Sang du Christ versé pour nous, donné pour nous ; le prêtre, à la fin de la communion dit : « Ceci a touché vos lèvres, vos péchés sont pardonnés et vos iniquités sont effacées ».
Que Dieu nous fasse comprendre par le coeur, par l’expérience, la beauté de ce sacrement, la beauté de cette parabole et qu’ainsi, pas-à-pas, peut-être chutes après chutes mais pas-à-pas quand même, nous nous avancions vers le chemin de l’Eternité où là l’amour de Dieu nous sera donné en totalité, en plénitude et pour toujours.

Amen

Pharisien publicain

21/2/2021 Lc XVIII, 10-14

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Nous entrons à partir de ce dimanche dans ce qu’on appelle le Triode du carême, cette période qui nous prépare à l’entrée dans le grand carême qui mènera à la Résurrection du Christ. Dans sa pédagogie, l’Eglise veut nous préparer doucement à entrer dans ce carême qui est un temps de repentir, un temps de conversion qui doit se faire à partir de bases solides que le Seigneur nous enseigne au travers des Evangiles du Triode notamment. Cette histoire du Pharisien et du Publicain est une histoire significative de ce que peut être l’homme, de ce qu’il est à certains moments et de ce qu’il ne devrait pas être. En effet, chacun des deux qui sont entrés dans le Temple s’adressent au Seigneur : le pharisien rend grâce à Dieu – jusque-là tout va bien – mais il rend grâce à Dieu parce qu'il n’est pas comme tous les autres qui sont des pécheurs, il n’est pas comme le Publicain qui est derrière lui, caché derrière une colonne et qui pleure son péché. Le publicain, au contraire s’adresse lui aussi au Seigneur mais immédiatement en lui demandant d’avoir pitié de lui car il se dit pécheur, sous-entendant que seul le Seigneur peut le sauver. Il est évident que la parabole est suffisamment forte pour que nous comprenions où est la bonne attitude et où est la mauvaise. La bonne attitude est celle du Publicain qui dit « Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu aie pitié de moi pécheur », les mots de la prière de Jésus que nous récitons régulièrement, prière juste, prière authentique où nous reconnaissons que le Seigneur est bien notre Seigneur, le Christ, qui est le témoin désigné pour sauver le monde, le Fils de Dieu deuxième Personne de la Sainte Trinité ; la prière se termine par « aie pitié de moi pécheur ». Le Seigneur termine cette parabole en attirant notre attention sur le fait que tous ceux qui veulent s’élever sur la terre seront abaissés et ceux qui s’abaissent sur la terre seront élevés ; n’est-ce pas là l’affirmation de ce que Lui-même est venu vivre sur terre ; Il s’est humilié, certes Il n’a pas péché mais Il a porté tout le poids des péchés des hommes ; Il s’est humilié – comme dira St Paul humilié jusqu’à la mort et à la mort sur la croix. Voilà la véritable attitude que nous devons essayer de suivre. Certes, à certains moments nous avons des bouffées d’orgueil comme ce pharisien mais il nous faut vite revenir à une attitude juste du publicain car nous sommes aussi des publicains et essentiellement même des publicains. En cette période de préparation du carême il faut que nous nous exercions davantage à l’humilité et puiser davantage dans l’humilité du Christ.

Amen


Être des veilleurs d'amour

7/3/2021 Mth XXV, 31-46

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Cet enseignement du Seigneur Jésus est évidemment d’une très grande importance puisque en nous parlant ainsi Il nous prépare au Jugement éternel, nous expliquant d’une manière très claire comment cela se passera. En fait tout est lié à l’attention que nous aurons porté à ceux qui ont besoin de nous : ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, ceux qui sont nus, ceux qui sont emprisonnés, etc. Cet enseignement du Christ nous invite à une attitude importante qui est de veiller : veiller à ce que nous faisons tout au long de notre vie, veiller sur nous-mêmes bien sûr, que notre coeur soit le plus pur possible et, en même temps – cela est très lié – veiller à nos frères de toutes manières que ce soit ; parce qu'en définitive – et le Seigneur est très clair à ce sujet – lorsque notre frère se présente à nous, c’est le Christ Lui-même qui se présente : soit nous l’accueillons, nous le nourrissons, nous l’abreuvons, nous l’habillons, nous le sortons de la prison, soit nous passons à côté, nous passons à côté sans le voir ; nous ne voyons pas notre frère qui souffre, nous ne voyons pas le Christ, nous ne voyons que nous-mêmes ; et pourtant les pauvres - car il s’agit des pauvres en général – les pauvres, le Seigneur nous l’a dit, seront toujours avec nous ; cela correspond d’ailleurs à une autre phrase qu’Il a dite : « Je serai toujours avec vous » ; c’est un parallèle intéressant : si le pauvre est toujours avec nous, le Christ est toujours avec nous mais la question est : qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je veille à mon attitude ? Est-ce que je fais ce que je dois faire ? Souvent, à cause de notre égoïsme nous ne faisons pas attention à l’autre ou si nous y faisons attention c’est en nous disant : « Tu ne peux pas tout faire ». Non, nous ne pouvons pas tout faire ; nous ne pouvons pas être ici au monastère et en Arizona et en Afrique du Sud ou je ne sais où, bien sûr ; nous avons un premier moyen pour aider nos frères, c’est d’abord l’amour de ceux qui nous entourent là où nous sommes ; car il y a toujours parmi nous des pauvres, parmi nous des êtres qui sont peut-être moins avancés spirituellement que nous mais qui cherchent le Seigneur et qui cherche trouve et nous notre responsabilité c’est d’aider l’autre à trouver le Seigneur. Il ne faut pas avoir peur du pauvre car souvent nous agissons par peur : qu'est-ce qu’il va nous demander, qu'est-ce qui va faire ? Est-ce qu’il ne va pas m’injurier ? Mais la peur vient du démon, elle ne vient pas de Dieu ; c’est le démon qui nous susurre à l’oreille : fais attention, tu risques quelque chose ; « Qu'est-ce que tu risques ? dit le Christ, rien, sinon de gagner dans l’amour et se rapprocher de Moi » ; voilà ce qu’Il nous dit. Une fois dans ma vie, lorsque j’étais parisien, j’avais fait une conférence très tardive et je rentrais chez moi dans le métro et sur le quai j’étais seul avec un homme, un pauvre, qui peut-être avait bu un peu et j’ai eu un sentiment de peur : je suis seul sur le quai avec lui, qu'est-ce qui va se passer ? Puis je suis passé devant lui et je l’ai quand même salué et il m’a dit : « Ah mon père, mon père, je vais vous dire quelque chose » je l’ai laissé s’exprimer et il m’a dit : « Tous les soirs je dis ma prière ». Voyez-vous ce petit exemple, je l’ai toujours en mémoire parce que la peur que j’avais, que le démon avait mise dans mon cœur en voyant cet homme seul sur le quai avec moi, s’est transformée en joie, en exultation parce que j’ai compris la leçon que le Seigneur m’a donnée : « Pourquoi as-tu peur ? Tu vois bien il est comme toi, peut-être mieux que toi, il prie tous les soirs ».
Alors oui, nous devons être des veilleurs, des veilleurs d’amour pour celui ou celle qui se trouve en difficulté ; même si nous ne pouvons pas tout résoudre, nous pouvons toujours prier, adresser un petit mot ou un sourire et cette prière, ce petit mot, ce sourire, c’est au Christ que nous le donnons et c’est ainsi que si nous agissons pas-à-pas de cette manière nous pourrons progressivement nous approcher de l’Eternité et être mis du bon côté. Il me semble que cela vaut la peine de rester éveillé par rapport à tout cela.
Amen

Carême

14/3/2021 Mth VI, 14-21

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Demain matin nous commencerons cette longue période de carême qui nous mène à la fête de Pâques. L’Evangile que nous venons d’entendre nous donne des indications, des explications, des orientations pour vivre ce carême comme il convient. En fait il faut se souvenir que le carême est un moyen et non un but ; il ne s’agit pas à la fin du carême de dire « J’ai réussi mon carême : j’ai jeuné, j’ai prié, j’ai été charitable ». C’est bien mais dans quel but as-tu jeûné, dans quel but as-tu été généreux ? Parce que c’est le but qu’il faut voir et non pas le moyen. Tous les ans les fidèles me demandent : est-ce que pendant le carême je peux prendre un peu de fromage ou un peu de poisson parce que ma santé ne me permet pas de jeûner complètement ? Bien sûr, bien sûr, mais trouves-toi un autre moyen de faire carême ; par exemple coupe la télévision ou la radio ou arrêtes de lire des revues inutiles. Le but est très important, le but c’est d’avoir dans le coeur un désir profond d’être en union avec Dieu, avec Dieu qui vient nous ressusciter dans le Christ : avoir le coeur le plus pur possible pour pouvoir accueillir ce salut qui nous est offert, c’est cela le but ; alors à chacun de nous, selon les règles proposées par l’Eglise, bien sûr, de trouver le moyen de jeûner correctement pour atteindre le but ; si vous vous dites à la fin du carême : j’ai jeûné pendant tout le carême donc c’est réussi, vous n’avez rien réussi du tout sauf si vous l’avez fait avec le désir d’être en union la plus intense et la plus profonde avec le Christ dans le mystère du salut. Autrement dit, ne jugez pas - nous dit le Seigneur - celui qui mange quelque chose que vous ne pouvez pas ou ne devez pas manger, soyez attentifs à cela ; n’observez pas celui qui mange des choses qu’il ne devrait pas manger, soi-disant ; nous n’avons pas à juger car cette personne peut jeûner d’une autre manière reçue par le Seigneur ; n’oublions pas que tout ce qui est offert au Seigneur doit être pur : rappelez-vous l’histoire de Caïn et d’Abel ; Abel offrait des sacrifices au Seigneur avec un coeur pur, un désir d’être uni à Lui ; Caïn lui le faisait parce que c’était la règle et en définitive cela s’est mal terminé ; soyons comme Abel, ayons le désir d’avoir le coeur pur ; il est quelque fois beaucoup plus difficile d’aimer notre frère ou notre sœur que de se priver d’œufs ou de poissons et c’est là qu’est le vrai jeûne ; si tu n’aimes pas ton frère et que tu jeûnes, tu n’as rien fait du tout ; si tu n’aimes pas ton Dieu, si tu n’en n’a pas le désir, tu n’as rien fait du tout et ton jeûne ne sert à rien ; mais si tu jeûnes, d’une manière ou d’une autre, aie ce désir de purification intérieure, aie ce désir que le Seigneur Lui-même vienne te purifier tous les jours ? Nous avons beaucoup de moyens : nous avons des prières spéciales, nous avons la prière de St Ephrem, nous avons le canon de St André de Crète, nous avons toutes les prières du carême qui sont particulières ; glissons-nous dans tous ces moyens s’ils nous apportent la liberté et le désir de nous unir à Dieu. Certains d’entre nous ne peuvent pas se prosterner complètement comme on doit le faire normalement en temps de carême et, à cause de leur santé ne peuvent pas même faire une petite métanie et bien un simple signe de croix, s’il est fait avec le coeur, a beaucoup plus de valeur que de se prosterner à terre et de détruire sa santé. Donc voyez, c’est un exemple parmi d’autres qui montre que le moyen n’est pas le but ; le but c’est le désir d’être unis au Christ Sauveur dans le mystère du salut qui passe par sa passion, par sa mort, par son ensevelissement et par sa Résurrection. Soyons attentifs à tout cela, vivons-le simplement, humblement ; ne soyons pas comme le pharisien, ne nous glorifions pas parce que nous avons réussi tel ou tel moyen pour mener le jeûne mais soyons comme le publicain qui, lui aussi, essaye de prier mais qui dit au Seigneur qu’il est pécheur, qu’il désirerait bien être mieux que cela. En fait le publicain était dans l’état de celui qui fait un bon carême : il reconnaît que son coeur est encombré, il faut le libérer et que seul le Seigneur peut le libérer en s’humiliant devant Lui. Voilà le but du carême. Que Dieu nous donne à chacun d’entre nous de vivre ce but le mieux possible avec sa grâce et d’atteindre la fête de Pâques avec un coeur purifié, heureux, apaisé et joyeux.
Amen

Saint Basile

1/1/2021 Lc II, 20-21, 40-52 Lc VI, 17-23

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Nous célébrons aujourd'hui deux fêtes, la Circoncision du Seigneur et la St Basile. La première fête est une fête secondaire, ce n’est pas une des dix grandes fêtes et nous fêtons en même temps St Basile qui fut un des grands évêques du groupe que l’on a appelé les Capadociens ; il vécut au 4ème siècle et c’est certainement un des plus grands liturges dont nous ayons le bénéfice aujourd'hui ; il a écrit une partie de la Liturgie que nous connaissons aujourd'hui puisque toutes nos Liturgies ont évolué dans le temps pendant plusieurs siècles avant d’être fixées vers le 8ème, 9ème siècle mais l’essentiel de ce que nous possédons dans la Liturgie de St Basile c’est lui qui l’a écrit ; et St Jean Chrysostome s’est inspiré de ce qu’avait écrit St Basile ; en fait, lorsque nous sommes attentifs à cette Liturgie de St Basile et aux prières que nous disons, nous voyons qu’il y a là une véritable théologie ; il y a plus qu’une simple prière, il y a un enseignement fort, accompagné de prières certes, mais un enseignement extrêmement fort qui peut effectivement être qualifié de théologique. Pourquoi ? Parce que le but de la théologie n’est pas d’obtenir une science, n’est pas d’obtenir un savoir, le but de la théologie c’est de se rapprocher le plus possible de Dieu ; bien sûr il y a des théologiens académiques qui font des études spécifiques pour apprendre toutes les données théologiques que nous connaissons pour ensuite les dispenser à ceux qui ne les connaissent pas ; mais il y a pour nous tous la possibilité d’être théologiens et tout particulièrement au travers de cette Liturgie ; vous allez voir, soyez attentifs à tout ce qui va être dit aujourd'hui et à chaque fois qu’il y aura la Liturgie de St Basile ; vous allez voir que tout le mystère du salut s’y développe entièrement ; or quoi de mieux pour connaître Dieu que de s’approcher le plus possible du mystère du salut, notre mystère à nous, celui qui a un impact sur nous pour nous sauver ; St Basile a eu cette idée, ce génie de reprendre tous les éléments du salut et de son mystère, de les introduire dans cette Liturgie pour nous faire comprendre que le Seigneur est venu sur terre, nous a laissé ce sacrement de l’Eucharistie pour que nous puissions en bénéficier et nous rapprocher le plus possible de Lui. Et les prières qui accompagnent cette Eucharistie, ce sont des prières qui nous enseignent sur ce mystère du salut ; soyons attentifs à ces textes ; si nous sommes attentifs, nous pouvons même prendre ces textes-là dans la journée ou dans les autres jours ; en relisant tranquillement certains passages, nous nous apercevrons que la prière vient toute seule au travers de ces textes magnifiques. Vous connaissez probablement l’adage des Pères qui disent que celui qui est théologien prie et que celui qui prie est théologien. Et bien je pense que St Basile cristallise parfaitement cet adage ; effectivement si nous voulons prier et être dans la quête de ce salut qui nous est proposé par Dieu pour nous rapprocher le plus possible de Lui, rien de mieux que cette Liturgie exceptionnelle ; si nous lisons ces textes, nous prions et si nous prions nous faisons de la théologie. Voilà ce que je voulais vous dire à propos de St Basile qui est un des plus grands évêques que nous ayons et qui nous a laissé encore beaucoup d’autres choses que la Liturgie ; bien sûr il nous laissé les grandes règles monastiques et les grandes règles pour les chrétiens qui sont des repères exceptionnels aussi dans le but de découvrir le mystère du salut et d’en vivre. Rendons grâce à Dieu de connaître un tel Saint et d’en avoir un tel bénéfice.
Amen

Repentir confession

10/1/2021 Mth IV, 12-17

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
En commençant sa vie publique le Seigneur Jésus nous enseigne au travers d’une parole extrêmement importante même si elle n’est pas toujours facile à vivre. « Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche ». Alors on peut se demander pourquoi Jésus dit cela alors que, dans notre esprit, le Royaume des Cieux c’est au moment où l’Eternité commencera donc on a le temps de se repentir ; pourquoi se précipiter ? En fait c’est une fausse interprétation car le Royaume des Cieux – Jésus le dire d’ailleurs plus tard – est déjà ici-bas. En effet, vous avez entendu tout à l’heure, lorsqu'on a commencé la Divine Liturgie, le prêtre a béni, avec l’Evangile, l’autel en disant « Béni est le Royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Il n’a pas dit « Béni sera le Royaume » mais béni est le Royaume c'est-à-dire que nous sommes déjà dans le Royaume et tout particulièrement pendant la Liturgie, ce temps sacré, où nous entrons véritablement en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint pour puiser dans leur amour celui qui nous est nécessaire. Alors repentez-vous. Comment se repentir ? C’est tout un programme de vie ; effectivement on se demande toujours comment on va faire pour se repentir. Et bien il faut prendre conscience dans les premiers temps de ce que nous avons aussi entendu dans cet Evangile que la Lumière est venue dans ce monde, que la lumière c’est le Christ Jésus ; c’est Lui qui nous éclaire, c’est Lui qui nous permet aux uns et aux autres de voir clair dans notre coeur, dans notre âme et, à partir de là de voir ce qui ne convient pas et ce qu’il faudrait faire ; si le Seigneur Jésus nous éclaire ou plus exactement si nous nous laissons éclairer par Lui, notamment au travers de sa Parole, nous pouvons déjà voir si nous sommes en correspondance avec ses commandements, avec ses propositions, avec son exemple, avec sa vie ; pratiquement personne sur terre ne pourra dire : « Oui, je suis complètement en correspondance avec tout cela » ; ce serait de l’hypocrisie ; même les saints n’ont pas été parfaits ; la sainteté n’est pas en état de perfection mais un désir de perfection, un désir qui grandit au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, un désir qui nous parait nécessaire ; cela veut dire que nous devons demander au Christ qu’Il nous aide à nous repentir car tout seuls nous n’y arriverons pas, pas suffisamment en tout cas ; le repentir est une grâce qui s’obtient par la prière, par les larmes, dans le souci d’aimer le Seigneur de tout notre coeur et de toute notre âme ; alors c’est un long chemin qui s’ouvre et que le Seigneur ouvre en disant « repentez-vous, commencez ». D’ailleurs Jean le Baptiste avait commencé à préparer tous ceux qui le souhaitaient à la venue du Christ en disant aussi : « Repentez-vous » ; le baptême de Jean était un baptême de repentir, cette plongée dans l’eau que le Christ acceptera pour Lui-même alors qu’Il n’avait aucun péché et pour que nous soyons sauvés de ce péché ; en se plongeant dans l’eau, ceux qui venaient se faire baptiser par Jean laissaient dans l’eau toutes leurs faiblesses et ensuite en remontant essayaient de rester dans cet état ; avec le Seigneur Jésus, tout devient possible ; à chaque fois que nous tombons, à chaque fois que nous chutons, que nous faiblissons, au lieu d’être inquiets, angoissés, tristes, il faut simplement nous tourner vers Jésus, nous tourner vers Lui et Lui dire : « Oui, j’ai péché, j’ai péché contre Toi, aie pitié », alors Il nous donnera la grâce du repentir ; nous pourrons la prendre, nous pourrons la goûter car entrer dans le repentir entraîne une joie intérieure, la joie que le Seigneur est avec nous, qu’Il nous prend par la main pour nous conduire sur le chemin du repentir ; nous ne sommes plus seuls à lutter contre les tentations démoniaques et à lutter contre nos passions : Il est avec nous, Dieu est avec nous ; il ne faut pas avoir peur du repentir ; nous commettons tous des fautes à cause de notre nature déchue d’une part et à cause de notre faute personnelle d’autre part mais justement le Seigneur nous a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez » ; car le péché nous peine, nous avons le cœur triste mais « Venez à Moi vous tous qui peinez, je vous soulagerai ». C’est Lui qui l’a dit ; s’Il l’a dit il nous faut le croire et le vivre, ne pas avoir peur ; avoir peur de son péché c’est encore une tentation nouvelle que le démon suscite pour nous désespérer ; il faut se méfier de cela ; certes si nous avons commis des grandes fautes il est nécessaire d’aller voir le prêtre et de recevoir la bénédiction du Seigneur pour être lavé ; c’est le sacrement qui nous est proposé pour entrer encore d’avantage dans le repentir mais lorsque nous communions au Corps et au Sang du Christ, si nous n’avons pas commis de fautes graves, cette communion nous lave de toute faute et à ce moment-là nous sommes réconciliés avec Dieu, en harmonie avec son amour ; bien sûr il nous faut être conscients de ce que nous vivons : c’est pour cela que nous disons les prières avant et après la Communion pour que notre esprit comprenne que nous sommes indignes certes, tous, moi comme vous ; mais si on attendait la dignité pour entrer dans l’église, il n’y aurait personne mais si nous acceptons de dire au Seigneur : « Je suis indigne », de nous rappeler comment Il a reçu tous ces indignes du temps de son Incarnation sur terre où Il accueillait les pécheurs, Il leur pardonnait, mieux Il les aimait, Il aimait beaucoup être au milieu d’eux et Il ne condamnait personne de ceux qui venaient vers Lui, même Zachée qui s’était caché dans un arbre pour voir qui était ce personnage qu’on appelait Jésus, thaumaturge, prophète, Jésus est allé le chercher ; il y avait des centaines et des centaines de personnes autour de Lui, le seul à qui Il s’est intéressé c’était Zachée parce qu'il était dans le péché et qu’il voulait que Zachée change, retrouve l’harmonie avec Dieu dans l’amour ; alors au lieu de lui dire : « Descends car tu es un pécheur » - ce n’est pas le genre du Seigneur, – Il lui dit « Descends Zachée et va me préparer à manger chez toi » ; c’est la manière de faire du Seigneur : Il nous appelle au repentir et c’est en l’écoutant au cours de ce repas que Zachée va prendre conscience de ses fautes ; sans que le Seigneur lui dise quoi que ce soit, il se proposera de rendre tout l’argent qu’il a volé et de distribuer ses biens à ceux qui en ont besoin. Voilà comment le Seigneur s’y prend. Donc n’ayons pas peur du repentir ; il y aura des moments où le Seigneur nous fera signe, ce sera le moment d’accueillir sa grâce et de nous laisser prendre par la main par Celui qui nous conduit vers la Vie éternelle là où nous gouterons l’amour parfait en harmonie parfaite avec la Sainte Trinité.
Amen

Remercier Dieu

24/1/2021 Lc XVII, 12-19

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans cet Evangile, le message du Seigneur est clair. Il y a en quelque sorte deux messages : le premier auquel nous sommes habitués c’est celui de la miséricorde du Christ qui, voyant ces êtres atteints d’une maladie très grave, rejetés de tous et en les entendant, Il les guérit tous les dix en les envoyant vers le Grand Prêtre pour être vérifiés. Le deuxième message nous est proposé lorsqu’un des dix, un samaritain, un étranger, revient vers le Christ pour Lui rendre gloire et pour Le remercier ; le Seigneur est étonné que, sur les dix, il n’y en ait qu’un seul qui vienne Le remercier d’autant plus que celui-là est un samaritain, un étranger au judaïsme. Alors que veut dire ce miracle pour nous ? Nous demandons souvent au Seigneur de recevoir sa grâce, d’être guéris de telle ou telle maladie physique, psychique ou de l’âme et il arrive que le Seigneur nous guérisse, que nous obtenions la grâce que nous avons demandée. La leçon est : remercions-nous le Seigneur ? Savons-nous Lui dire toute notre reconnaissance, notre joie d’avoir été guéri par Lui ; il y a souvent – je l’ai répété quelque fois ici – il y a souvent beaucoup de petits papiers de demandes pour des malades – et c’est tout-à-fait normal – mais il est très rare, extrêmement rare que nous recevions des papiers pour rendre grâce. C’est là la question que nous pose le Seigneur aujourd'hui. Que fais-tu de ma miséricorde ? Dire merci à Dieu semble pourtant naturel : lorsqu'on nous donne quelque chose, lorsqu'on nous offre quelque chose, nous disons merci à la personne ; mais là, un sur dix ; c’est peut-être la proportion d’aujourd'hui, je ne sais pas ; en tout cas il nous faut trouver les moyens pour remercier Dieu. Vous savez, nous avons beaucoup de moyens ; le premier moyen par excellence est ce que nous sommes en train de célébrer : l’Eucharistie ; le mot Eucharistie veut dire merci, en grec moderne evcharistos, c’est le même mot ; nous rendons grâce pendant deux heures au Seigneur pour le fait qu’Il nous a sauvé, nous a guéri du péché originel mais il y a bien d’autres façons de dire merci au Seigneur : dans la prière toute simple, dans notre chambre, dans notre maison, à l’église bien sûr  mais aussi dans les évènement du quotidien. Je me souviens d’un moine – il y a de cela à peu près 45 ans – qui m’avait dit en mangeant une pomme : « Regarde comme cette pomme est belle », effectivement elle était très belle : ses couleurs, sa forme et puis combien son goût est agréable pour que nous puissions la déguster ; voilà un moyen de rendre grâce, me disait-il, pour la création, pour tout ce qu’Il nous offre : tout ce que nous mangerons, tout ce dont nous disposerons : la nature qui nous permet de respirer un air meilleur lorsque l’on s’y trouve, les fruits, les légumes, tout ; quand nous mangeons, pensons-nous à rendre grâce à Dieu ? Oh bien sûr il y a la prière d’actions de grâce à la fin du repas mais sommes-nous dans une routine de prière ou dans un véritable remerciement à Dieu. Et ainsi pour tant de choses. Il est normal que nous demandions à Dieu du secours. Il nous l’a dit : « Venez à Moi vous tous qui peinez et je vous soulagerai » mais il est normal aussi que nous Lui rendions grâce ; il nous faut être attentifs à cela et c’est un moyen, entr’autre, d’être en présence de Dieu ; nous savons qu’il est difficile de maintenir cette présence de Dieu en nous, à l’intérieur de nous ; nous avons tout le temps dans la journée l’occasion de remercier Dieu et, par conséquent, d’être en relation avec Lui dans l’intimité. Soyons donc vigilants, ne laissons pas passer l’occasion pour rendre grâce à Dieu pour qu’à la fin des temps nous puissions Lui rendre grâce d’une manière définitive lorsqu’Il nous permettra d’entrer dans son Royaume si nous en avons la dignité. Que Dieu nous aide à être vigilants pour Lui dire merci.

Amen

Patience

2/2/2021 Lc II, 22-40

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans cet évènement que nous venons d’entendre, il y a peut-être deux choses à retenir : la première c’est l’humilité de Jésus, de Marie et de Joseph qui viennent au Temple pour accomplir la Loi ; en effet il était prévu que le premier mâle d’une famille soit consacré au Temple ; ils apportent donc Jésus et offrent, à sa place en quelque sorte, deux colombes, selon la Tradition ; Jésus ne vient pas abolir la Loi, comme Il l’a dit plus tard, mais l’accomplir.
La deuxième chose est assez importante pour nous car c’est l’attitude du vieillard Siméon et de la prophétesse Anne qui nous l’enseigne ; tous les deux ont attendu la venue du Seigneur dans la prière et dans la patience ; ils étaient très âgés et il a fallu beaucoup d’années avant qu’ils voient leur espérance s’accomplir ; cette patience du vieillard Siméon est pour nous un modèle car, il faut bien le reconnaître, il y a des moments où nous sommes impatients, impatients parce que, par exemple, nous ne parvenons plus à prier comme nous le voudrions ; pour des raisons différentes pour chacun d’entre nous, soit à cause du péché, soit à cause de la fatigue ou de la maladie, nous ne parvenons plus à prier autant qu’il conviendrait mais il nous faut être patients ; il faut demander régulièrement au Seigneur sa grâce pour retrouver ce lien avec Lui, redemander encore et encore jusqu’à l’obtention de cette grâce ; c’est la même chose pour nos fautes ; il y a des fautes que nous commettons sans cesse, nous avons du mal à nous libérer de ce que l’on peut appeler les passions parce que c’est un péché qui revient très régulièrement et dont on ne parvient pas à se libérer ; là aussi il nous faut aussi beaucoup de patience : attendre mais ne pas attendre que tout se résolve tout seul, attendre que le Seigneur réponde à notre supplication, qu’il nous enlève cette tentation dans laquelle nous tournons, de manière à être en correspondance avec ce qu’il attend de nous. Oui, il faut beaucoup de patience ; Il faut beaucoup de patience pour acquérir les différentes attitudes correctes que nous devons avoir vis-à-vis du Seigneur, notamment respecter ses commandements : aimer, aimer Dieu, aimer notre prochain, aimer le Seigneur Jésus, avoir une relation de plus en plus intense avec Lui et cela se fait avec le temps et selon la volonté de Dieu ; nous ne pourrons pas acquérir toutes les vertus nécessaires d’un seul coup ; nous en recevons la capacité au baptême, notamment par la chrismation, mais ensuite l’obtention et la pratique de ces vertus viennent progressivement dans la vie et c’est là où il nous faut savoir attendre. Prenons l’exemple de l’humilité qui est certainement l’une des vertus les plus difficiles à acquérir mais il faut sans cesse se remettre au travail pour être humble : accepter les remarques, le mépris quelque fois ou bien une correction qui est juste mais qui nous fait du mal ; accepter tout cela avec la grâce de Dieu ; il nous faut demander, comme certainement le vieillard, à pouvoir obtenir ce que nous désirons ; ce vieillard l’a obtenu à la fin de sa vie et son désir était si grand qu’il n’a eu aucune difficulté pour reconnaître que Jésus était bien Celui qui venait sauver le monde et cela lui suffit ; maintenant il peut s’en aller, il peut mourir car il a vu la venue du Seigneur sur cette terre. Pour nous, c’est un peu la même chose mais au travers de notre quotidien, au travers de nos faiblesses avoir la patience, bien sûr travailler à cette attente, à cette lutte contre nos fautes et aussi demander au Seigneur, Le supplier de nous en libérer ; si nous sommes dans la patience, un jour ou l’autre nous nous apercevrons que nous sommes exaucés.
Que Dieu, que le vieillard Siméon et la prophétesse Anne nous accordent la grâce de cette patience indispensable

Amen

Notre richesse l'amour du Christ

31/1/2021 Lc XVIII, 18-27

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Si vous le voulez attardons-nous quelques instants sur le premier Evangile que nous avons entendu qui nous raconte l’histoire de ce jeune homme riche. C’est une histoire suffisamment signifiante pour qu’on n’ait pas besoin de faire de grands commentaires. Ce jeune homme était fort riche ; il désirait accomplir les commandements et il les accomplissait selon la Loi mais il lui manquait quelque chose, il lui manquait l’abandon entre les mains de Dieu, seule véritable richesse ; comme il avait beaucoup de biens il s’en alla, nous est-il dit, fort triste puis le Seigneur commente cet évènement en disant qu’il sera difficile aux riches d’entrer dans le Royaume des Cieux. Alors il faut bien comprendre ce que le Seigneur nous dit ; il parle de la richesse et immédiatement nous avons dans notre esprit sous ce mot les biens financiers : des terres, des châteaux, des grandes voitures et toutes sortes de richesses : des bijoux, etc. ; il avait tout cela mais il pouvait avoir d’autres richesses parce que cet Evangile s’adresse aussi à nous aujourd'hui et bien sûr parmi nous il y a des gens qui sont riches au sens premier du terme mais ils peuvent aussi être généreux et dans ce cas il n’y a aucun problème pour rentrer dans le Royaume des Cieux. Ce que dénonce le Christ c’est cette capacité de possession qui est instinctive chez nous : c’est à moi, cela je ne peux pas m’en séparer et on connaît tous cette manière de réagir, moi comme vous, il y a certaines fois des petites choses même auxquelles on tient beaucoup : un souvenir, un petit cadeau qu’on nous a fait et qui nous plaît, qui reste sur notre table, sur notre bureau et ça c’est à moi, à personne d’autre ; nous réagissons dans ce cas-là comme le jeune homme riche. Nous pouvons aussi considérer que nous sommes riches de notre connaissance, notre savoir : il y a en ce moment d’épidémie énormément de personnalités qui prennent la parole et qui disent : oui, il faut faire ceci, non il faut faire cela mais si il faut faire ceci ; on entend tout et rien ; ces gens qui affirment publiquement qu’ils possèdent une certaine science ne devraient pas en être si sûrs, on voit bien d’ailleurs le résultat. Et ce jeune homme riche lorsqu'il s’en va est triste parce qu'il est attaché à ses biens, ces biens qui, en définitive l’abandonneront quand il partira de cette terre ; ces biens qui sont fugitifs, passagers mais ce que le jeune homme riche pouvait garder comme richesse - et qu’il n’a pas compris, peut-être, on n’en sait rien, - c’est St Paul qui nous donne la réponse à cette question : quelle richesse puis-je garder ? Quand il dit : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? » Personne, personne ne nous séparera de l’amour du Christ qui est notre véritable richesse, que le Seigneur nous offre et que nous pouvons garder toute notre vie ; c’est là le vrai trésor, c’est là où on peut puiser tous les jours pour être nourri de cet amour et laisser le reste au niveau où cela doit être. Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Absolument personne. Nous fêtons aujourd'hui les nouveaux Martyrs russes qui ont été persécutés et martyrisés pendant la période athéiste de la Russie. Vous savez combien de femmes, d’enfants, de prêtres, d’évêques ont été tués, massacrés ; on a détruit toutes les richesses qui étaient dans les églises : les icônes, les calices, tout a été détruit, piétiné, jeté dans la boue ; c’est le grand drame de cette période mais ces persécuteurs, ces athées, ces bolchéviques n’ont jamais pu retirer à chacun d’entre eux ce qui les unit au Seigneur c'est-à-dire son amour et ils en sont morts d’ailleurs en son Nom, au Nom de cet amour que personne ne pouvait leur retirer et c’est pour cela que nous devons rendre grâce à Dieu aujourd'hui pour tous ces Martyrs. Il ne faut pas oublier que la majorité d’entre nous qui sommes soit de l’immigration russe, soit des personnes qui ont choisi d’être dans la communion de l’Eglise orthodoxe, si nous sommes orthodoxes aujourd'hui, si nous pouvons prier librement, y compris en Russie c’est parce qu'il y a eu ces saints martyrs qui ont offert leur sang au Nom du Christ. Alors il ne faut jamais désespérer de rien même quand nous nous trouvons dans des situations difficiles, notamment cette épidémie internationale ; il y a toujours l’espérance car l’espérance se nourrit de l’amour du Christ ; c’est une vertu que l’on oublie souvent ; on parle de la charité, de la foi mais l’espérance on la laisse un peu de côté ; et pourtant … l’espérance de l’amour du Christ jamais ne nous sera retirée ; c’est quelque chose d’extraordinaire, c’est pourquoi nous rendons grâce à Dieu aujourd'hui en cette célébration mais pour lequel nous devons rendre grâce à Dieu tous les jours ; savoir que l’amour du Christ ne nous sera jamais retiré … ; rendons grâce pour tout cela, pour l’amour du Christ, pour ces martyrs qui sont morts à cause de l’amour du Christ et demandons au Seigneur que nous ayons cette espérance, cette flamme qui ne s’éteint jamais, qui nous éveille à l’amour ; que cet amour nous construise progressivement tout au long de notre vie et qu’ainsi nous soyons prêts à nous avancer vers les portes de l’Eternité où le Seigneur nous dira : « Venez, mon amour vous est offert ».
Amen

Mystère du Salut

6/1/2021 Théophanie Mth III, 13-17

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« Laisse faire car c’est ainsi que doit s’accomplir toute justice ». Voilà la réponse que Jésus donne à Jean le Baptiste qui refuse de baptiser le Seigneur, à juste titre. Alors quelle est cette justice dont parle le Christ ? Et bien nous le savons, cette justice c’est l’amour de Dieu, c’est la miséricorde de Dieu car bien évidemment le Christ n’avait pas besoin d’être baptisé, Il n’avait pas besoin d’entrer dans un baptême de repentir, Il n’avait jamais péché et Il n’a jamais péché ; et là où se situe cette fameuse justice, se situe le mystère de notre salut ; en effet, le Christ va accepter d’être plongé dans les eaux du Jourdain et Jean va accepter de Le baptiser, de Le plonger dans des eaux souillées, souillées par tous ceux qui avant sont venus vivre ce baptême de repentir et ont lavé dans une eau lustrale toutes leurs fautes, tous leurs péchés qu’ils ont laissés dans les eaux du Jourdain ; le Christ se manifeste au milieu de nous en se plongeant dans les eaux du Jourdain, les eaux souillées du Jourdain par notre péché ; ressortant de là Il porte sur son corps, dans son humanité, les conséquences de toutes nos fautes ; voilà la justice du Seigneur, voilà comment elle se manifeste ; c’est évidemment surprenant comme tout ce qui se lit ou qui s’entend dans l’Evangile ; nous sommes dans une perspective inversée comme dans l’icône ; nous sommes dans l’illogisme mais Dieu n’est pas logique, c’est nous qui cherchons à être logique : la logique c’est la raison mais Dieu n’est pas raisonnable, par contre Dieu est amour ; Il confirme cet amour lorsque Jésus est plongé dans les eaux et qu’on entend cette voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui J’ai mis toute ma confiance ». Autrement dit le Père nous manifeste l’intention divine de nous sauver par l’amour et plus particulièrement par l’amour du Christ qui par son Incarnation en prenant notre nature humaine prend toutes les conséquences de nos fautes et de nos faiblesses. C’est quelque chose d’extraordinaire, de merveilleux qui s’accomplira dans une autre descente, la descente aux enfers, au moment de Pâques où Jésus descendra au milieu de tous ceux qui attendent le salut en plénitude et qui sont retenus par leurs fautes ; la libération sera alors totale pour tous les hommes de la terre s’ils le veulent. Ce mystère est grand bien sûr, il dépasse tout entendement et pourtant nous allons voir, au fur et à mesure que la vie du Christ va se dérouler que c’est bien cela : le Christ vient prendre sur Lui, dans notre nature humaine qu’Il accepte de revêtir, Il vient prendre sur Lui toutes nos faiblesses et nous montrer qu’Il veut nous en libérer ; Il le montrera par des miracles qu’Il accomplira sur ceux qui souffrent physiquement, moralement, psychiquement, Il le montrera par son exemple et par sa Parole ; Il nous enseignera de telle sorte que nous comprenions qu’Il est amour, qu’Il est miséricorde, que cet amour et que cette miséricorde vont jusque-là ; nous sommes sauvés par le Christ : le mystère du salut qui prend sa plénitude, son envol ; quelle chance nous avons, nous les chrétiens de connaître que le Christ est venu pour nous sauver ; quelle chance nous avons de vivre cette connaissance ; Est-ce que nous en profitons ? Est-ce que nous en avons une conscience suffisamment vive à chaque fois que nécessaire car il est indispensable pour que tout cela fonctionne que nous accueillions cette miséricorde, que nous accueillions cet amour, que nous acceptions de voir le Christ nous aimer au point de se revêtir de notre orgueil (sans être orgueilleux) et des conséquences de notre orgueil ; il n’est pas facile de se libérer de l’orgueil, seul c’est impossible, c’est pour cela que le Christ est venu pour nous dire que pour nous c’était impossible mais que pour Lui c’était possible et que par son humilité il allait détruire notre orgueil, définitivemen,t sur la croix et par la Résurrection.
Oui ce mystère du baptême du Christ est grand : il nous fait connaître, il nous fait comprendre la densité de l’amour de Dieu – mais est-il possible de vraiment comprendre cette densité ? – en tout cas il nous permet de l’aborder et la comprendre suffisamment pour que nous puissions chacun à notre tour nous tourner vers Lui et lui demander d’avoir le bénéfice de cette plongée dans les eaux du Jourdain. Rendons grâce à Dieu, rendons grâce à Dieu pour ce grand mystère d’amour qui fait que tous nous pouvons être sauvés même ceux qui ne connaissent pas Dieu mais notre responsabilité de chrétien – je vous l’ai déjà dit – c’est de porter le monde entier aux pieds du Christ, c’est de dire au Christ : « Prends nos frères, nos sœurs qui ne te connaissent pas encore, qui peut-être ne te connaîtront pas sur cette terre mais prends-les dans tout ce qu’il y a de bon en eux qui est le reflet de ta propre bonté, ta propre beauté ; c’est notre responsabilité ; nous devons souvent penser à prier pour le monde qui a tant besoin d’être sauvé. Lorsque le Christ s’élèvera lors de l’Ascension, Il sera mis à la droite du Père mais Il ne s’élèvera pas tout seul, Il nous entraînera derrière Lui, progressivement, pour que nous aussi un jour nous soyons dans la contemplation éternelle de l’amour de Dieu. Que le Seigneur nous donne de vivre ce désir de contemplation, qu’Il nous donne cette possibilité de faire appel à Lui à chaque fois que nécessaire pour nous et pour le monde entier.

Amen

Jean le Baptiste

3/1/2021 Marc I, 1-8

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Celui qui annonce la venue du Seigneur, Jean le Baptiste, est sans aucun doute un personnage d’une grande importance pour diverses raisons. Tout d’abord parce qu'il est le dernier des prophètes, celui qui annonce le salut du monde par la venue de Jésus sur la terre ; la deuxième raison c’est qu’il prépare tous ceux qui doivent entendre, voire être guéris par le Christ, en leur prêchant un baptême de repentance pour qu’ils soient prêts à accueillir Celui qui vient ; la troisième raison, peut-être la plus importante, c’est son humilité ; en effet, il est grand aux yeux des hommes – c’est un ascète, il vit dans le désert, dans la sobriété totale, on pourrait même parler d’un proto-moine : il vit comme les moines vivront ensuite dans le désert ; il est un modèle d’humilité parce que sa vie est sobre, simple ; il prêche certes la venue du Christ mais il ne se met pas en avant, au contraire ; il nous annonce que Celui qui vient après lui est plus grand que lui et qu’il n’est pas digne de délier la courroie de ses sandales ; c’est certainement la qualité la plus grande de Jean le Baptiste de nous montrer comment on doit vivre dans le quotidien, dans l’humilité, sans jamais se mettre en avant mais en laissant la place à ceux qui nous entourent, en ne nous considérant pas comme des grands, comme des forts, comme des puissants mais comme des pauvres, comme des petits qui doivent rester dans le rang ; c’est pour cela que Jean le Baptiste est un modèle pour nous ; c’est pour cela que nous avons tout intérêt à le prier, le supplier, lui demander d’être comme lui : simple, pauvre, humble. Que le Seigneur nous donne cette vertu.
Amen

Femme courbée

17/1/2021 Lc XIII, 10-17

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« Elle était toute courbée et ne pouvait se relever ». Voici cette femme dans la synagogue qui est atteinte d’un mal conséquent, qui ne demande rien, qui est simplement là dans la prière mais Jésus, voyant son infirmité, ouvre son coeur et la bénit de telle façon qu’elle est guérie ; cela ne plaît pas trop à la hiérarchie de la synagogue parce qu'il y a de la jalousie derrière tout cela vis-à-vis de Jésus mais il nous est dit que cette femme rendit grâce à Dieu. Voyez-vous comme c’est simple de venir vers le Seigneur dans l’état où nous sommes et de prier. Si nous acceptons de nous présenter devant le Seigneur dans l’état où nous sommes, Celui-ci, à un moment où à un autre, va nous guérir ; ceci est valable pour les maux physiques mais aussi et surtout pour les maux de l’âme. Si nous transposons ce message, ce miracle à notre propre vie, nous voyons que les uns et les autres nous sommes, à certains moments, recourbés sur nous-mêmes, recourbés sur nous-mêmes pas un élan d’égoïsme ou d’orgueil ; nous nous regardons de la tête aux pieds mais nous ne regardons pas le Seigneur ; au bout d’un moment nous prenons conscience de notre faiblesse, nous prenons conscience de notre infirmité spirituelle et là il y a deux solutions : ou bien venir là où l’on prie – ne serait-ce que dans sa chambre – ou bien rester avec soi-même et être triste, triste du constat que l’on fait de ce repliement sur soi. Evidemment – vous l’avez deviné – la meilleure solution c’est la première, la seconde est vouée à l’échec et même à l’aggravation de la situation. Alors oui, à certains moments, nous sommes courbés, nous sommes repliés sur nous-mêmes : notre égoïsme est plus fort que tout mais dès que nous sommes éclairés – par le Seigneur d’ailleurs – sur notre état, nous n’avons plus qu’à nous tourner vers Lui dans la prière et Lui nous guérira comme Il a guéri cette femme qui était toute courbée car une fois qu’elle fut redressée, il nous est dit qu’elle louait Dieu parce qu'elle était debout, debout face à la lumière qu’est le Christ et elle pouvait prier facilement son Dieu car elle pouvait Le voir dans un face-à-face. C’est ce qui nous attend si nous acceptons que le Seigneur nous guérisse, si nous voulons bien nous humilier devant Lui en nous présentant avec notre faiblesse, notre repli sur nous-mêmes en ayant foi que Lui peut tout et peut nous redresser dans sa lumière.
Amen

Aveuglement - Amour

7/2/2021 Lc XVIII, 35-43

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Ce récit, ce miracle que Jésus fait à cet aveugle, nous le connaissons bien, il est presque devenu banal mais pourtant, d’une part nous comprenons une fois de plus que le Seigneur est miséricordieux et qu’il veut notre bien et, d’autre part il y a derrière ce miracle un message qui nous est adressé à chacun d’entre nous. En effet, même si nous ne sommes pas aveugles physiquement, nous avons une autre manière d’être aveugle à certains moments dans nos vies, dans notre quotidien. Lorsque nous nous trouvons en face de notre frère ou de notre sœur qui est différent de nous, qui nous irrite, qui nous agace, qui nous insupporte, notre instinct nous porte au jugement, au rejet, au mépris, à la critique, c’est instinctif, c’est probablement lié à notre nature déchue mais aussi peut-être à de mauvaises habitudes ; à ce moment-là, nous sommes comme Bartimée, nous sommes des aveugles car nous n’avons pas su voir dans notre frère ou notre sœur le resplendissement de la beauté de Dieu ; bien sûr, quelque fois, cette présence de Dieu dans l’autre est cachée et il faut faire un effort pour la trouver ou la retrouver mais souvent nous constatons que si nous faisons cet effort nous découvrons dans notre frère ou notre sœur des qualités réelles qui sont belles, agréables à entendre, à voir, à vivre mais si nous ne faisons pas cet effort alors nous sommes aveuglés. Que faut-il faire ? Car cela nous arrive relativement fréquemment, pas toujours de manière grave, bien sûr, mais quelque fois à force de multiplier ce genre de jugement nous entrons dans une attitude qui se généralise, qui devient lourde, pesante dans nos cœurs et qui nous rend malheureux parce que nous ne voyons plus rien ; alors c’est le moment de faire comme cet aveugle, de crier vers le Christ : « Sauve-moi, viens à mon secours. Toi qui es la lumière du monde, rends-moi la lumière, rends-moi la vie, rends-moi la vue, rends-moi l’amour ». C’est un réflexe que nous avons quelque fois mais pas toujours et pourtant le Seigneur est là à notre disposition comme Il était à la disposition de cet aveugle puisqu’Il lui dit : « Que veux-tu que je fasse ? » et, à la réponse de l’aveugle, Jésus répond positivement en le guérissant immédiatement. Autrement dit lorsque nous nous apercevons que nous avons un certain aveuglement qui tombe sur nos yeux, les yeux de l’âme, si nous avons ce réflexe de nous tourner le plus rapidement possible, bien sûr, vers le Seigneur en lui demandant secours, Il sera là ; Il sera là pour nous ouvrir les yeux, pour que nous comprenions que notre frère ou notre sœur est non seulement notre vie mais c’est aussi la vie de Dieu qui est en nous. Alors ce petit miracle – ce grand miracle aussi – et bien nous enseigne beaucoup sur ce que nous avons à faire tout au long de notre vie car ce n’est pas réglé une fois pour toutes cette histoire. Bien sûr, probablement, à force de crier vers le Seigneur, à force de nous exercer à avoir un autre regard que celui du jugement et du mépris alors progressivement nous allons apprendre à aimer l’autre dans sa différence, y compris dans ce qui me gêne. Si chacun de nous agit ainsi le monde deviendra plus beau, plus lumineux, plus clairvoyant parce que l’amour dominera.
Nous sommes en ce moment dans une situation difficile, mondialement, à cause de cette épidémie et si on lit les journaux, si on écoute la radio ou la télévision, on entend toutes sortes d’avis, toutes sortes de critiques ; tous les jours il y a quelqu'un qui critique l’autre dans ce qu’il a fait ; personne ne cherche à voir quel est l’effort que fait l’autre pour nous aider à sortir de cette épidémie ; non, c’est la critique toujours, le rejet, alors que nous-mêmes nous ne savons même pas quoi faire ; nous avons cet orgueil qui nous domine, qui nous fait penser que nous sommes au-dessus des autres qui eux se contentent de dire des âneries, soi-disant. Voyez-vous il y a toute une réforme à faire à l’intérieur de nous, à l’intérieur de notre cœur, de notre âme, une véritable réforme, un retournement, une conversion ; il faut que nous passions du jugement à l’amour ; c’est certainement très difficile ; c’est pour cette raison que le Seigneur est prêt à nous aider ; c’est pour cette raison qu’il ne faut pas nous lasser de Lui demander secours à chaque fois, n’ayons pas peur d’être répétitifs : deux fois, trois fois, cinq fois par jour s’il le faut ; c’est ainsi que nous apprendrons à voir, à ne plus être aveugle, à voir non seulement que le monde est beaucoup plus beau que nous le pensons et que c’est grâce à la lumière du Christ que nous voyons tout cela. Rendons-Lui grâce.
Amen

Unité, amour souffrance

19/7/2020 Jn XVII, 1-13
A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« La vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent » ; cette phrase c’est le Seigneur Jésus qui la prononce dans cette longue prière que nous venons d’entendre ; cette longue prière qu’Il adresse à son Père en rendant compte en quelque sorte de sa mission ;  « La vie Eternelle c’est qu’ils Te connaissent » mais Il a dit : « Celui qui me connaît le Père », autrement dit – et il développe d’ailleurs cela dans sa prière – tout ce qu’Il a enseigné à ses apôtres était inspiré par l’Esprit-Saint et tout cela venait du Père ; le Fils, la Parole de Dieu incarnée, le Logos – comme L’appelle les Pères – est venu sur terre pour nous enseigner ; Il a enseigné d’abord ceux qui étaient proches, ses apôtres, ses disciples et tous ceux qui l’écoutaient ; Il a enseigné par sa Parole, Il a enseigné par ses gestes, par ses guérisons, par son amour. Et puis dans cette prière, à un moment il dit : « Que tous, tous, soient Un comme Toi le Père et Moi nous sommes Un » ; effectivement c’est un appel à l’Unité de tous les hommes de la terre, non pas une unité matérielle, sociologique mais une unité du coeur ; comme modèle de cette unité nous avons la Sainte Trinité, modèle parfait ; lorsque nous contemplons l’icône dite « de la Sainte Trinité » où nous voyons les trois anges qui apparurent en fait à Abraham et qui furent la préfiguration de la Sainte Trinité, nous voyons trois anges qui sont à la fois identiques, qui se ressemblent et qui se regardent l’un, l’autre, aucun regard n’est dans le vide, les regards sont tournés vers l’un et vers l’autre ; il y a comme une union circulaire entre les trois, une communion d’amour, une unité autrement dit car Dieu est Un, Il est notre modèle : trois Personnes et une seule Divinité. Lorsque le Seigneur Jésus dit : « Que tous soient un », c’est un souhait qu’Il formule parce qu'Il sait à l’avance que pour ses apôtres d’abord, puis pour leurs successeurs et pour tout le monde ensuite, cette unité sera difficile à vivre. Alors comment la vivre ? Puisque l’unité des trois Personnes, c’est l’amour, il nous faut vivre dans l’amour ; il faut chercher à la source l’amour c'est-à-dire vers Dieu d’abord, dans la prière, dans la supplication, dans les larmes quelque fois pour demander cet amour parce que nous ne pouvons pas donner ce que nous n’avons pas déjà reçu ; il faut que nous sachions nous recueillir, entrer dans notre coeur, être en communion avec Dieu et recevoir le bénéfice de cet amour autant que possible dans notre nature humaine et ayant reçu cet amour il nous faut le donner aux autres ; c’est peut-être être là que les choses se compliquent, l’amour n’est pas facile, l’amour est difficile, aimer c’est complexe ; le Seigneur nous l’a d’ailleurs dit : Il est facile d’aimer ses amis, ceux qui sont en harmonie avec nous mais Il va jusqu’à dire :  « Il faut aimer nos ennemis », c'est-à-dire ceux qui sont en opposition avec nous  ; ce ne sont pas forcément des gens très lointains, quelques fois ils sont tout près de nous, dans notre famille, dans notre communauté, dans notre paroisse, dans notre diocèse et il faut aimer, aimer jusqu’au bout comme le Christ l’a fait ; ne l’oubliez pas, nous sommes sauvés par l’amour sur la croix car Jésus a aimé ses ennemis jusqu’au bout ; Il a même demandé au Père qu’Il leur pardonne parce qu'ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Cette phrase, il faut la retenir parce qu'elle peut nous aider beaucoup : lorsque nous sommes en conflit avec tel ou tel, avec des personnes, avec des groupes ; il faut nous en souvenir et prier dans ce sens : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Certes nous souffrons de l’agissement négatif de certaines personnes envers nous qui nous rejettent, qui nous critiquent, qui nous méprisent quelque fois, qui médisent sur nous, qui diffament ; tout cela existe sur la terre bien évidemment mais il nous faut dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » et il faut prier pour eux ; la première chose à faire lorsqu'on a une difficulté relationnelle, donc dans une situation de non-amour, il faut cherche l’amour et prier pour obtenir l’amour ; cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique, cela se fait par la ténacité, par le désir d’aimer, d’aimer jusqu’au bout et c’est difficile mais le Christ est là, Il nous a dit : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des Temps, n’ayez pas peur ». Il est là donc si nous nous tournons vers Lui, si nous le supplions, si nous pleurons devant lui en disant : « Je n’en peux plus de supporter cette opposition, cette agressivité, cette méchanceté, ce rejet à mon égard, aie pitié de moi » ; alors il sera temps par la pensée ou peut-être par la lecture de revoir le passage de Jésus à Gethsémani : Il souffre de douleurs insupportables au point de demander au Père d’écarter cette coupe, c'est-à-dire ce qu’il doit accomplir normalement, boire la coupe jusqu’au bout et mourir sur la croix ; Il demande au Père d’écarter cette possibilité tellement Il souffre mais Il ajoute immédiatement et c’est là la clé : « Non pas ma volonté mais ta volonté ». Autrement dit, lorsque nous souffrons, rapprochons-nous du Christ qui a été bafoué, qui a vécu sa Passion, sa mort odieuse et qui a tout accepté pour nous sauver et lorsque nous sommes confrontés à ces difficultés relationnelles et bien c’est peut-être une chance pour chacun d’entre nous de participer au salut du monde en nous approchant de Jésus à Gethsémani et puis sur la croix, « Non pas ma volonté, ma Ta volonté » ; ce qui ne nous empêche pas de dire « Viens à mon secours, aide-moi, je ne sais plus, je ne sais pas » ; il arrive des moments où on ne sait même plus où l’on en est tellement on souffre alors il faut se tourner vers le Christ pour que Lui prenne cette souffrance et la porte vers le Père de notre part parce que nous nous ne pourrons pas, nous souffrons trop mais le Christ pourra le faire à notre place, peut-être aussi les Saints à qui nous demanderons par humilité de supplier Dieu à notre place car nous nous sentons à la fois tourmentés et indignes.
« Que tous soient un », … que c’est difficile : des églises désunies depuis des centaines d’années, des églises qui croient au Christ, qui croient en Dieu mais qui ne sont pas encore suffisamment parvenues à aboutir dans leur désir d’unité. Certes il y a un chemin mis en place depuis des années, ce chemin est long ; verrons-nous l’accomplissement de ce désir d’unité, je n’en sais rien ? ; moi je suis très vieux probablement pas mais je n’ai pas le droit de désespérer ; peut-être vous la verrez, tant mieux. L’important, l’important ce n’est pas d’arriver à l’unité totale et parfaite qui, à mon avis, ne sera jamais parfaite, mais de la désirer ; quand nous apparaîtrons devant Dieu, c’est ce qu’Il nous demandera : « As-tu désiré aimer jusqu’au bout pour acquérir l’unité avec ton frère, l’as-tu désirée ? ». Il ne nous demandera pas si nous avons réussi mais désiré et nous pouvons la désirer si nous nous tournons vers le Christ qui Lui désire cette unité puisqu’Il la souhaite « Que tous soient un ». Alors faisons tout pour vivre dans l’unité et cela commence là sur le terrain où nous vivons immédiatement, nous les moines, les moniales de notre monastère, vous dans vos familles, dans vos paroisses, dans vos communautés, dans le monde ; c’est un vrai travail spirituel, une véritable ascèse ; je le répète souvent : la plus grande ascèse de la vie monastique c’est de vivre ensemble, dans l’unité, parce qu'il en a toujours un ou une qui est mal foutue, comme on dit, qui va pas bien, qui est en colère, qui est énervée, qui claque les portes, qui envoie promener quelqu'un ; il y a toujours un histoire comme cela ; c’est justement là que le Seigneur nous attend, Il nous donne rendez-vous à ce moment-là : « Qu'est-ce que tu fais de ton désir d’unité ? ». « Tu aimeras ton frère comme toi-même ». Qu'est-ce que je fais de ce commandement ? C’est une question que nous devons nous poser, pas de manière obsessionnelle mais régulièrement. « Est-ce tu aimes ton frère comme toi-même », sous-entendu comme toi-même tu es aimé parfaitement par Dieu ; alors on va répondre, en tout cas moi je répondrai : « J’essaye mais je ne réussis pas toujours mais pardonne-moi et donne-moi ta grâce » car c’est par la grâce de Dieu que l’on peut aimer ; ne croyons pas que l’on peut aimer par une simple décision personnelle, ce serait trop facile ; ce n’est pas la raison qui commande l’amour, c’est l’amour qui commande la raison, ce n’est pas la même chose ; et l’amour étant Dieu, c’est en Dieu qu’il faut aller chercher ce trésor d’amour, puiser dans ce trésor pour nous aussi aimer, apprendre à aimer ; alors le souhait du Christ se réalisera, en tout cas dans l’éternité, et nous serons heureux, profondément heureux, apaisés mais nous pouvons déjà l’être sur cette terre à chaque fois que l’occasion nous est donnée de nous réconcilier, de pardonner ; quelle joie intérieure nous recevons quand nous pardonnons avec le coeur ; c’est là le début de l’Eternité.

Amen

Saint Jean-Baptiste humilité

5/1/2020 Mc I, 1-8

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, la figure principale dont il est question c’est Jean le Baptiste, le cousin du Christ, qui préparait ceux qui le souhaitaient à se convertir et à s’approcher du Christ. Ce qui marque la figure de Jean-Baptiste c’est, fondamentalement, sa discrétion, son humilité, il s’efface, nous l’avons entendu dans l’Evangile ; il dit lui-même qu’il n’est pas digne de délier les courroies des sandales du Christ qui va venir après lui et qui est plus grand que lui ; et Jésus le considérait comme un grand prophète, comme quelqu'un qui vivait une vie ascétique extrêmement sérieuse, retiré dans les montagnes et les déserts, se nourrissant de peu de choses et menant une vie de prière intense. C’est Jean qui a dit : il faut qu’Il croisse et que je diminue ; cette petite phrase pourrait nous servir de direction spirituelle pour toute notre vie car si nous sommes sur terre c’est pour apprendre à accueillir le Christ et pour accueillir le Christ il faut que nous apprenions à vivre humblement, à ne pas nous considérer comme étant les premiers en tout, en ne cherchant pas la gloire, en ne cherchant pas la puissance mais en se dépouillant de ce que St Paul appellera le vieil homme c'est-à-dire tout ce qu’il y a en nous de souillé, de dénaturé, pour laisser la place au Christ ; il faut que nous apprenions sur cette terre, progressivement certes, parce que le Seigneur est patient et que nous ne pouvons tout faire d’un coup et certainement pas sans sa grâce, il faut que nous apprenions à nous vider de nous-mêmes mais du « nous-mêmes » qui est égo : moi, je, pour laisser la place au Christ, pour Le laisser vivre en nous, pour laisser sa Parole entrer dans notre coeur et que nous puissions en vivre. Oui, Jean-Baptiste, Saint Jean-Baptiste est une grande figure, une grande figure de l’Ancien Testament, à la jonction avec le Nouveau Testament, le dernier des prophètes, le dernier des annonciateurs ; c’est pour cette raison qu’on le représente quelque fois sur les icônes avec des ailes comme pour les anges car le mot « ange » signifie « celui qui annonce » ; et c’est celui qui est le dernier grand annonceur de la venue du Christ mais il le fait avec tant de simplicité, d’humilité, d’amour de ceux qui l’entouraient les conseillant, les guidant ; beaucoup sont venus près de lui pour l’interroger : « Que dois-je faire ? » Il leur répondait : « Vis correctement selon les commandements, contente-toi de ta solde de soldat, n’aie aucune concupiscence en toi, ne cherche pas la richesse, etc. » Oui, Jean-Baptiste est un modèle pour nous, un repère, un phare dont il faut nous souvenir souvent ; c’est pour cette raison qu’il est toujours sur l’iconostase avec la Mère de Dieu ; c’est l’un des personnages les plus importants après la Mère de Dieu ; on le représente comme l’intercesseur, avec la Mère de Dieu de l’autre côté, entourant le Christ et priant pour nous ; quelle est donc sa prière ? Sa prière c’est « qu’ils apprennent à Te laisser croître en eux et à diminuer en eux-mêmes » ; c’est cela la prière de Saint Jean-Baptiste ; ce n’est pas facile car nous avons en nous de l’orgueil, de l’égoïsme, une nature déchue, nos péchés mais le Christ a dit : « Ce qui est impossible à l’homme, ce qui est difficile à l’homme, c’est possible pour Dieu » ; c’est pour cette raison que nous devons beaucoup prier, prier régulièrement, sincèrement, non pas en rabâchant des prières, ce n’est pas cela la prière ; la prière c’est un acte qui nous unit à Dieu, qui nous rend Dieu présent et qui nous donne la possibilité d’être en communion avec Lui sous une forme ou sous une autre ; c’est pour cela que, mise à part la prière Liturgique que nous faisons en commun et qui doit être organisée, dans nos chambre, dans nos cellules, nous pouvons prier comme nous le voulons, peu importe la forme ; nous avons à notre disposition beaucoup de choses, des prières qui sont pré-écrites dans des livres, nous avons les psaumes, ces merveilleux psaumes dans lesquels nous pouvons nous glisser à tout moment pour dire ce que nous ressentons face au Seigneur ; nous avons la prière de Jésus, cette formule orientale qui est devenue d’ailleurs occidentale heureusement et qui, en définitive, résume tout l’Evangile, toute l’attitude que nous devons avoir en face du Christ : être humble, reconnaître nos faiblesses, pas d’une manière où on se méprise comme si nous n’étions rien … nous n’étions rien au début et de ce rien Dieu a fait l’homme et l’homme a péché, l’homme a péché par orgueil ; c’est pour cette raison que Jean -Baptiste insiste sur l’humilité : il faut que vous diminuiez pour laisser la place au Christ qui doit grandir en vous et quand le Christ grandit en nous, nous ressentons alors une joie profonde et une paix profonde qui s’installe et qui nous dit : « Continue, continue, tu es sur le vrai chemin, sur la vraie voie, c’est celle que Jea-Baptiste nous enseigne, c’est celle que le Christ nous enseignera, c’est celle que Dieu attend de nous et si nous suivons cette voie alors les portes de l’Eternité sont déjà entrouvertes pour nous ».
Amen

Saint Joseph

27/12/2020 Mth II, 13-23

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Parmi les différents personnages qui ont un rôle à jouer autour de la naissance du Christ, j’aimerais aujourd'hui vous parler de l’un d’entre eux : St Joseph, l’époux de la Vierge Marie. En effet – et nous venons de l’entendre dans ce récit, comme dans le récit de la Nativité – Joseph a un rôle à jouer mais un rôle qu’il joue dans une humilité remarquable. Il est averti par l’Ange qu’il doit quitter l’endroit où est né Jésus et avec Marie et Jésus ils doivent s’enfuir pour éviter que l’enfant soit tué par Hérode ; Joseph spontanément obéit à l’ange, prend Marie et l’enfant et va en Egypte, puis au bout de quelques temps, après la mort d’Hérode, l’ange se manifeste à nouveau et dit à Joseph : « Prends Marie et l’enfant et rends-toi dans la terre que je t’indiquerai ». Joseph obéit et en même temps apprend que Archelaüs a remplacé Hérode qui est mort et que c’est également un tyran ; il est inquiet pour la famille et l’ange lui apparaît à nouveau et lui dit : « Prends Marie et l’enfant et va vers Nazareth où tu t’établiras ». A chaque fois Joseph, humblement, obéit à l’ange sans discuter et exécute ce qui lui est proposé. Lors du récit que nous avons entendu le jour de Noël, on voit que Joseph, - et d’ailleurs dès l’Annonciation - est troublé par ce qu’il apprend : sa fiancée est enceinte mais comme il est humble et qu’il ne veut pas créer de soucis à sa fiancée, il décide de la répudier en secret et c’est alors que l’ange s’approche de lui et lui dit : « Ne crains pas Joseph. De Marie naîtra un enfant par l’opération de l’Esprit-Saint ». Et Joseph dès cet instant prit Marie avec lui. Il obéit. Il ne comprend pas forcément ce qui se passe ; qui le comprendrait ? Mais il obéit et humblement exécute ce que l’Ange lui a proposé. On voit que sur l’icône qui représente la Sainte Nativité Joseph se trouve, dans un coin de l’icône et il est dans une attidude d’interrogation se demandant toujours ce qu’il s’est passé ; on le voit en face d’un personnage qui n’est autre que le démon qui essaye de le détourner de la vraie, qui essaye de mettre le doute dans son esprit mais Joseph ne cède pas au démon ; il rejoint Marie et veille sur elle et sur l’enfant. Pour nous Joseph devient un modèle, un modèle d’effacement car mis à part ces instants, ces moments que nous venons d’entendre, on ne parlera pratiquement plus de lui ; il s’effacera totalement ; il laissera grandir son fils, l’aidera certainement, le fera probablement travailler à son établis de charpentier mais en s’effaçant ; en priant son Dieu certes dans le silence et sans comprendre vraiment ce que signifie cet évènement, il poursuit son chemin auprès de Marie, assistant tous les jours cette famille pour qu’elle puisse vivre dans la dignité et selon ce qui convient. Voilà un exemple remarquable pour nous, pour chacun d’entre nous. Il nous arrive dans nos vies à certains moments d’être dans le doute, de nous demander pourquoi cela nous arrive-t-il, de ne pas comprendre l’évènement mais sommes-nous suffisamment à l’écoute de Dieu, à l’écoute du message de Dieu ? Sommes-nous suffisamment abandonnés à la proposition qui nous est faite ? Peut-être, et si nous le sommes c’est grâce à Dieu et bien souvent, il faut le reconnaître, nous cherchons à comprendre par notre raison ce qui se passe et nous ne comprenons pas jusqu’au moment où, par la grâce, Dieu nous permettra tout simplement d’accéder à sa demande, d’agir selon son commandement et d’avancer sans trop savoir où l’on va. Si nous examinons nos vies nous nous apercevrons que, dès notre enfance, Dieu a un projet sur nous et qu’il va mener ce projet jusqu’à la fin de notre vie, à certains moments, d’une manière incompréhensible à notre raison ; nous ne savons pas pourquoi Il nous appelle dans telle ou telle direction, pourquoi Il nous invite à nous marier, pourquoi Il nous invite à devenir moine, pourquoi Il nous invite à choisir tel service dans l’Eglise ; il n’y a pas d’explication logique car Dieu est totalement illogique ; c’est nous qui voulons être logiques, c'est-à-dire raisonnés mais Dieu n’a pas besoin de raisonner, Il sait ce qu’il y a de meilleur pour chacun d’entre nous et, comme pour Joseph, Il nous indique au fur et à mesure des étapes de notre vie, ce que nous avons à faire ; bien sûr à nous de correspondre à ces invitations, de ne pas nous tourmenter face à l’incompréhension du message mais d’agir, d’obéir, humblement, simplement, en s’effaçant.
Que St Joseph nous aide, soit un modèle pour nous et qu’il nous fasse comprendre par la grâce de Dieu combien nous devons être à son image effacés, abandonnés, vivant humblement et obéissant à tout ce que Dieu nous propose dans notre vie.

Amen

La Nativité amour donné, amour reçu

25/12/2020 Mth II, 1-12

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Tous ceux qui vivent dans la pauvreté savent que l’on n’a pas besoin de beaucoup de choses pour vivre et le Seigneur, en naissant dans cette grotte, nous en fait la démonstration car il vit dans un état de dénuement qu’il est difficile d’imaginer ; car c’est l’Emmanuel, Dieu avec nous, qui est là dans une grotte insalubre avec quelques animaux, Marie et Joseph. Oui, il faut peu de choses, si on réfléchit bien, pour vivre. Bien sûr nous ne sommes plus habitués, pour la majorité d’entre nous, à vivre dans la simplicité et les temps qui sont les nôtres nous entraînent à vivre plutôt dans l’abondance et même la surabondance de biens. Mais même si nous avons au-delà de ce que nous pouvons désirer et imaginer, il nous manquera toujours quelque chose et ce quelque chose c’est ce que le Seigneur Jésus qui naît dans cette grotte à Bethléem nous apporte : c’est l’amour car on peut se passer de beaucoup de choses, presque tout, mais de l’amour on ne peut pas se passer ; nous avons besoin d’être aimé et d’aimer pour la bonne raison que nous avons été façonnés par Dieu à son image et à sa ressemblance et que – St Jean nous le dira avec conviction – Dieu est amour : c’est par amour qu’Il nous a créés, c’est par amour qu’Il a prévu, dès la chute d’Adam et Eve, d’envoyer son Fils pour témoigner de cet amour qu’Il nous offre ; et Jésus vient au milieu de nous pour nous aimer, nous dire que nous sommes aimés et nous apprendre à aimer ; tout ce mystère de la Nativité du Seigneur se résume à cet amour ; tout au long de sa vie terrestre le Seigneur nous enseignera par ses paroles et aussi par sa vie ; Il nous montrera comment aimer ; nous avons beaucoup de possibilités pour aimer et pour être aimé aussi ; même si par malheur, il nous arrivait que personne sur cette terre ne nous aime, Dieu, Lui, nous aimerait ; autrement dit nous ne manquerons jamais d’amour à cause de ce mystère de la Nativité du Seigneur, mystère qui va se développer jusqu’à la Résurrection ; nous recevons en plénitude cet amour de Dieu, cette sécurité, cette nécessité car sans amour nous ne pouvons pas vivre ; l’amour peut se manifester de différentes manières mais il est toujours là, souvent au moment où on s’y attend le moins. Lorsqu'il nous arrive quelques malheurs, quelques souffrances physiques, morales, spirituelles, lorsque nous sentons le découragement grandir en nous, voire la limite du désespoir, il y a toujours le souvenir de Dieu qui nous revient et qui nous dit qu’Il nous aime, que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes réellement aimés et d’un amour dont la qualité ne peut être égalée par aucune personne sur cette terre ; bien sûr nous recevons l’amour dans nos familles : notre époux, notre épouse, nos enfants, nos petits-enfants, nos amis, nos voisins, nos collègues mais vous avez dû remarquer que cet amour humain qui nous donne satisfaction et qui est un véritable amour a toujours une limite ; il y a un moment où on ne sent plus cet amour pour x raisons mais avec Dieu c’est tout autre chose ; avec Dieu nous pouvons ressentir son amour à n’importe quel moment de notre vie, il nous suffit de nous tourner vers Lui, de nous tourner vers cet enfant qui est né dans une crèche, dans la pauvreté, dans la misère, sans grand-chose que la chaleur de quelques animaux et le secours de ses parents puis ensuite la visite des mages et des bergers mais qu'est-ce que tout cela ? Un petit évènement qui n’a pas marqué à ce moment-là l’humanité : très peu de gens se sont rendu compte de ce qui se passait au moment de Noël mais c’est au fur et à mesure que le Christ a grandi, physiquement d’une part, qu’il a pris son rôle que Dieu le Père lui avait donné par la grâce de l’Esprit qu’Il nous a montré qu’Il pouvait donner de l’amour sans limite à tous ceux qui venaient vers Lui : malades, estropiés, Il les guérissait ; à ceux qui étaient tombés dans le péché et qui souffraient de ce que cause le péché Il leur offrait de l’amour ; Il n’hésitait pas à manger avec eux, boire avec eux, les visiter et leur dire quelque fois une parole ou l’autre qui pouvait les remettre sur le chemin qu’ils devaient prendre mais toujours par amour. Si nous relisons tout l’Evangile, chaque page est marquée de l’amour du Christ et en cette nuit où nous fêtons sa Nativité, nous fêtons la venue sur terre de l’amour en plénitude offert aux hommes de bonne volonté, c'est-à-dire à tous les hommes de la terre. Dieu ne met pas de limite à son amour ; Il nous demande simplement d’accueillir cet amour, de Lui demander, de l’accueillir et d’en vivre, d’en vivre pour nous et d’en vivre avec les autres ; c’est peut-être là tout le mystère de cette Nativité ; recevoir de l’amour et apprendre à donner de l’amour.
Que le Seigneur dans son humilité totale – car l’amour sans humilité n’est pas un véritable amour – que le Seigneur dans son humilité totale nous donne de goûter à cet amour à chaque fois que nécessaire. Que nous ayons aussi le réflexe de Lui demander cet amour. Que nous le recevions avec respect comme le plus beau cadeau que nous puissions recevoir. Que nous apprenions nous aussi à faire ce cadeau de l’amour à nos frères et sœurs qui vivent sur cette terre.
Amen

Guerison, foi, patience et prère

26/7/2020 Mt IX, 27-35

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Une fois encore nous retrouvons le Seigneur Jésus qui guérit ceux qui viennent vers Lui et qui souffraient. Dans l’Evangile que nous avons entendu, il est précisé que les aveugles suivaient le Christ puis ils Lui demandent d’être guéris et le Christ leur dit « Qu’il vous soit fait selon votre foi » ; il faut remarquer que ces gens qui avaient besoin d’être guéris suivaient le Christ : probablement ils avaient entendu parler de Lui et de ses miracles mais ils Le suivaient pour entendre sa Parole et peut-être aussi pour être guéris ; c’est à cause de leur foi qu’ils sont guéris : le Seigneur Jésus a besoin qu’ils confirment leur foi en sa capacité de guérir en tant que Fils de Dieu car cela deviendra un témoignage, un témoignage pour tous ceux qui entourent le Christ, pour tous ceux qui Le connaissent et pour tous ceux qui entendent parler de Lui. Il fera ensuite un second miracle et il délivrera le possédé.
Ces miracles que l’on trouve régulièrement dans les Evangiles ont été nombreux, certes, et en même temps peu nombreux par rapport à tous ceux qui souhaitaient être guéris et à tous ceux qui, dans le monde entier, étaient souffrants. Ces miracles ont toujours été d’abord un acte d’amour de la part du Christ qui veut nous montrer ainsi que chacun d’entre nous est aimé même s’il est malade, qu’il soit malade dans son corps ou dans son âme ; et puis Il montre ainsi progressivement que s’il est capable de guérir les aveugles, les boiteux, les possédés, Il peut aussi guérir l’âme. Souvenez-vous de ce miracle où le Seigneur guérit le paralytique en lui retirant d’abord toutes les fautes qu’il avait dans son coeur ; Il peut donc guérir l’âme, le coeur et le corps mais il faut pour cela que nous ayons la foi. Nous avons tous la foi mais la foi ce n’est pas quelque chose de statique, c’est quelque chose de dynamique, quelque chose qui, normalement, doit grandir en nous progressivement jusqu’à ce qu’elle s’épanouisse et trouve son bonheur dans l’Eternité. Autrement dit, pour chacun d’entre nous, si nous désirons être guéris dans notre corps, dans notre âme, dans notre coeur, oui, il nous faut exercer notre foi, la réveiller, la dynamiser et prier comme l’ont fait ceux qui ont été guéris : « Seigneur guéris-moi ». Certains ont été guéris immédiatement, c’est le cas pour ceux qui ont été guéris aujourd'hui, mais pas tous : les lépreux partirent ayant demandé au Christ d’être guéris puis c’est en chemin seulement qu’ils furent guéris, pas dans l’immédiateté ; ce qui nous montre que nous ne devons pas être des impatients ; souvent nous sommes surpris et combien de fois nous disons « Mais j’ai prié, j’ai demandé et rien n’est arrivé ». Est-ce que tu avais la patience ? C’est cela que Dieu attendait : la foi et la patience ; on peut être guéris bien des années après avoir demandé et nous connaissons peut-être tous cela ; nous demandons d’être délivré de telle ou telle souffrance et ça ne vient pas ; quelque fois cela vient tout de suite mais quelque fois c’est long, très long à venir mais il nous faut persévérer, demander, redemander et redemander encore dans la foi ; pas dans une exigence orgueilleuse, égoïste mais dans la foi pour pouvoir être libre d’adorer, de rendre grâce à Dieu et de L’aimer ; même si nous devons attendre la guérison il nous faut continuer de persévérer dans la foi et dans l’amour de Dieu.
Et puis il y a un autre volet – si j’ose dire – de ce diptyque : c’est que nous, en tant que chrétiens, nous avons la responsabilité de prier aussi pour ceux qui sont malades quelque soit la forme de leur maladie ; c’est pour cette raison que toujours dans la Divine Liturgie il y a, dans l’ecténie qui va suivre, une demande de prières pour ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme, dans leur esprit et nous avons à charge, en tant que chrétiens, de prier pour le monde entier qui souffre, non seulement pour les chrétiens mais pour tous. Il y a eu d’ailleurs des signes qui nous permettent de comprendre que des non-chrétiens peuvent être guéris : des Saints ont guéris des non-chrétiens ; des gens qui vivaient dans le même village qu’eux mais qui n’avaient peut-être pas la même foi et qui venaient vers ce Saint et qui étaient guéris. On dit que St Jean de Cronstadt quand il sortait de son église, après avoir célébré la Divine Liturgie, était entouré autour de sa calèche de nombreuses personnes, des chrétiens mais aussi des non-chrétiens et il bénissait tous ceux qui venaient vers lui ; il est très précisé dans ce récit qu’il bénissait les chrétiens, les juifs et tous ceux qui étaient là ; ce qui nous montre et ce qui nous prouve que nous devons prier pour l’humanité entière, l’humanité souffrante actuellement avec le virus mais pas uniquement avec le virus, l’humanité souffre de beaucoup d’autres choses ; nous nous focalisons, à juste titre, sur le virus mais il y a bien d’autres virus dans le monde, bien d’autres qui ont besoin d’être guéris, qui ne sont pas atteints par ce virus mais par d’autres. Alors notre coeur doit s’élargir, notre foi doit grandir, notre prière doit aller vers Dieu pour tous ; c’est notre rôle de chrétiens, notre responsabilité. Quelle chance avons-nous de connaître le Seigneur Jésus qui peut tout : guérir nos cœurs, nos âmes et nos corps ! Quelle chance avons-nous mais nous ne devons pas garder cette chance pour nous tout seuls, nous ne devons pas la vivre en égoïstes, nous dévons la partager. Si le Seigneur nous a dit : « Aimez-vous les uns les autres » cela sous-entend cette prière nécessaire pour tous pour que tous les hommes soient sauvés. C’était la prière de Saint Silouane, notre Saint protecteur ; qu’il nous aide comme il l’a fait à prier et à pleurer pour le monde pour que le monde par le Saint-Esprit soit sauvé.

Amen

Foi, confiance, patience, attente

20/12/2020 Mth I, 1-25

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
On peut se demander pourquoi, dans l’Evangile de ce jour, nous entendons cette longue liste de noms qui nous semblent, apparemment, d’un intérêt secondaire ; nous ne comprenons pas immédiatement qu’il y a un enseignement comme dans les autres Evangiles où le Seigneur, soit par parabole, soit directement enseigne son peuple, le nourrit de sa Parole ; là il s’agit d’un rappel de toute la généalogie du Christ ; qu'est-ce que cela veut dire ? Tous ces hommes, toutes ces femmes dont nous avons entendu le nom à quoi correspondent-ils ? Certains d’entre eux nous sont connus, d’autres un peu, d’autres pas du tout. Que signifie donc cette longue généalogie ? Il me semble que l’on peut interpréter ce passage comme le signe d’une épreuve, d’une longue épreuve : l’épreuve de la foi, l’épreuve de la patience, de l’attente ; une épreuve de la foi car, dès le début, lorsque le Seigneur s’adresse à Abraham, Il lui dit simplement : « Quitte ton pays et va vers le pays que Je te montrerai » ; Il ne lui dit pas où ; Abraham obéit et c’est pour nous un modèle de foi ; il quitte son pays, il quitte ses terres qui étaient nombreuses, il quitte une partie de sa famille, il quitte ses biens et il part : épreuve de la foi. A sa suite viendront d’autres personnages : Moïse ; Moïse à qui le Seigneur promet de voir la terre promise : une terre où il n’y aura plus ni douleur, ni souffrance et Moïse entraîne tout son peuple dans une très longue marche qui dure de nombreuses années : épreuve de l’attente et Moïse d’ailleurs ne verra pas la terre promise ; et puis il y a tous les autres. Il y a parmi tous ces noms des gens de haute qualité comme ceux que je viens de citer, il y a d’autres qui sont carrément des brigands ; il y a en a d’autres comme le roi David qui commettront des péchés, des fautes extrêmement graves car Salomon naîtra du péché de David avec la femme d’Urie qu’il aura séduite et, pour ce faire, envoyer tuer son mari. Tous ces gens nous sont proposés à la méditation en ce jour. Pourquoi ? Parce que Dieu, parce que Dieu avait confiance en eux, même pour les pires ; Il voyait au travers d’eux leur beauté ou plus exactement le reflet de sa propre beauté, même lorsqu'’elle était extrêmement cachée et, progressivement Il leur apprenait – car c’était un temps d’apprentissage – Il leur apprenait la foi, la patience, l’attente. Avant la fête de Noël nous sommes dans un temps de carême, dans un temps d’avent, dans un temps d’attente. Dans nos vies personnelles, pour chacun d’entre nous, il y a des périodes où le Seigneur nous demande de la foi, où le Seigneur nous demande de la patience et de l’attente ; le Seigneur nous conduit vers un endroit que nous ne connaissons pas. Je dois vous dire que si on m’avait dit il y a 50 ans que je serais fondateur de ce monastère, que j’en aurais la paternité spirituelle et qu’ensuite je deviendrais évêque, je pense que j’aurais ri en disant : « Cela n’est pas possible ». Et vous pourriez dire la même chose par rapport à vos vies personnelles ; nous sommes toujours surpris par ce que Dieu fait de nous mais nous devons savoir que Dieu a confiance en nous, que Dieu est patient envers nous et que Dieu sait où Il nous conduit. Au fur et à mesure de ces longues années qui ont scandé la vie de tous ceux dont nous avons entendu les noms il y a eu des épreuves, beaucoup d’épreuves ; l’aventure déjà est une épreuve et puis des maux, des épidémies comme celle que nous connaissons mondialement actuellement mais au fur et à mesure Dieu écoutait son peuple qui priait et le suppliait d’être délivrés de l’oppression des égyptiens, des épreuves qui suivirent ; dans un des psaumes – un long psaume – il nous est rapporté toute cette aventure où l’on voit qu’à chaque fois le peuple de Dieu tombait dans le péché quelque fois, Dieu enseignait le peuple, guérissait le peuple et reconduisait le peuple. C’est notre histoire ; cette généalogie c’est notre généalogie, c’est la même réalité : une aventure ; nous sommes sur la terre dans une aventure mais une aventure qui est scandée régulièrement non seulement pour tous ceux de la généalogie du Christ mais pour nous aussi par une phrase qui revient et que nous chanterons pendant la Vigile de Noël, plus particulièrement pendant les Complies : « Dieu est avec nous, peuples sachez-le, Dieu est avec nous » ; et c’est peut-être la leçon la plus importante de cette généalogie car Dieu est avec tous ces gens dont nous avons entendu les noms, même avec les pires Il est là, même avec David qui a tué, qui a fauté, Il est là et Il remet debout David qui aura une grande responsabilité. Ceci veut dire quoi ? Ceci veut dire que nous devons, nous aussi, accueillir dans la foi ce que Dieu nous propose ; dans la foi, c'est-à-dire que quelque part nous ne comprenons pas intellectuellement ce que Dieu veut de nous mais Il nous donne la grâce de pouvoir répondre « Oui » car Il est avec nous ; c’est la confiance, la foi et puis Il nous donnera la patience ; nous ne l’avons pas toujours cette patience, c’est Dieu qui la donne : nous n’avons pas toujours cette vertu, certains l’ont plus que d’autres, moi je ne l’ai pas beaucoup, je peux vous le garantir, je suis plutôt un impatient et pourtant Dieu nous montre, à chaque instant qu’il faut être patient : attendre. Hier encore on me parlait des problème de l’Eglise : ceux qui ont lu l’histoire de l’Eglise savent que depuis le début jusqu’à aujourd'hui et certainement jusqu’à la fin des temps, il y aura des problèmes d’Eglise car l’Eglise est composée d’une partie divine qui est parfaite puisque le Christ est à la tête de l’Eglise et une partie humaine, c’est nous et nous ne sommes pas parfaits ; autrement dit des problèmes il y en aura toujours ; hier soir, face à ce questionnement que je recevais par rapport à un problème d’Eglise qui me tracassait, où je me demandais comment j’allais pouvoir résoudre ce problème, moi, je me suis dit : « Non pas moi, il faut que j’aille dans la prière vers Dieu, pas vers moi. » Ce n’est pas moi qui vais résoudre le problème, c’est Dieu et c’est notre foi en Dieu qui permet à l’Eglise de continuer sa vie depuis des milliers d’années ; foi, espérance, constance, attente avec patience. Je pense que c’est là la leçon de cette longue généalogie qui peut à priori nous paraître un peu rasoir mais qui pourtant est un long enseignement. Alors que nous sommes à la veille de fêter Noël, la venue du Seigneur, l’Emmanuel Dieu avec nous, développons dans nos cœurs et dans notre âme cette patience, cette foi, cette foi sans conditions ; nous pouvons demander à Dieu ce que nous désirons mais dans la foi, pas dans l’exigence personnelle : je veux, non. Nous avons un exemple en Joseph, on vient de l’entendre, en Marie, au moment de l’Annonciation ; rien n’est à comprendre, Dieu demande et ils ont la foi ; ils ne font pas confiance en eux-mêmes car les éléments qu’ils connaissent ne pouvaient entraîner aucune confiance en eux-mêmes mais ils ont confiance en Dieu, ils ont foi en Dieu et bien d’autres encore.
Alors que le Seigneur nous donne cette grâce d’une foi comme Abraham l’a eue, d’une confiance dans l’attente comme Moïse l’a eue, une persévérance malgré le péché comme David l’a eue, une foi vive comme Joseph et Marie l’ont eue. Que Dieu nous donne cette grâce indispensable à notre vie personnelle et à notre vie d’Eglise.

Amen

Véritable richesse dépouillement

6/12/2020 Mc I, 1-8

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
La parabole que nous venons d’entendre est d’une importance capitale pour chacun d’entre nous : le Seigneur, à l’époque, enseignait tous ceux qui l’entouraient et qui attendaient un enseignement, une parole, un encouragement et aussi une guidance spirituelle et cette guidance spirituelle est toujours valable pour chacun d’entre nous bien évidemment comme toutes les paroles de l’Evangile. L’histoire de cet homme qui est riche, qui est riche au-delà de ce qui est pensable puisqu’il ne sait plus quoi faire de ses richesses : il est obligé de démolir des greniers pour construire des greniers encore plus grands pour contenir ses biens. Il y a un petit passage dans le parabole auquel on ne fait pas toujours attention et qui est très significatif car dans cette histoire cet homme riche dit à son âme : « Que vais-je faire ? » ; il ne le demande pas à son esprit mais à son âme, c'est-à-dire à son être profond, à l’essentiel de ce qu’il est et il répond, il a trouvé la solution mais la conclusion est terrible : « car si t’occupes de ton âme de cette façon tu oublies qu’à un moment ou un autre le Seigneur va venir te chercher pour l’Eternité et que feras-tu de tous ces biens et que feras-tu si tu n’as rien d’autre que cela ? » C’est une question d’actualité vous savez, et elle sera toujours d’actualité parce que à cause de notre orgueil nous avons tous plus ou moins un instinct de possession : nous aimons posséder, cela nous rassure ; bien sûr il y a des sécurités nécessaires : il faut un toit, il faut de quoi manger, nourrir ses enfants, sa famille, tout cela est tout à fait légitime , avoir une certaine joie de vivre au travers de ce que le Seigneur nous offre mais dans la parabole il n’est pas question de cela, on ne parle pas de la famille de cet homme ; c’est lui qui se parle à lui-même, dans son égo, moi, moi, moi j’ai beaucoup de choses et j’en veux encore plus et il s’organise pour profiter de tout ce qu’il a et tout ce qu’il aura encore et il oublie, il oublie l’essentiel, il oublie le fondamental, il oublie le nécessaire, l’indispensable, il oublie comment nourrir son âme ou plus exactement il la nourrit de chose qui vont bien au-delà du nécessaire et qui sont totalement inutiles. Vous savez on connait ces personnes qu’on appelle des collectionneurs et je me souviens d’avoir rencontré une fois dans ma vie un monsieur qui était assez âgé qui avait un appartement assez grand mais quand on le visitait on ne savait plus où mettre les pieds parce qu'il y avait des choses partout ; si vous ouvriez un tiroir, c’était rempli, un autre tiroir c’était rempli, les armoires étaient remplies, il ne savait même plus ce qu’il avait ; alors je ne veux pas juger cet homme parce que je ne connais pas le fond de son âme mais extérieurement ainsi je me disais comment peut-il se retrouver avec lui-même déjà entouré de toutes ces choses ? C’est un cas extrême bien sûr mais si nous nous interrogeons nous-mêmes : est-ce que nous ne sommes pas trop attachés à certaines choses, certains objets, certains vêtements, certaines nourritures, certaines manières de vivre ? Il est très connu que les gens les plus riches de la terre, pas tous mais beaucoup d’entre eux, les gens qui touchent des milliers et des milliers d’euros par mois au point qu’ils ne savent même plus ce qu’ils ont en banque, qui ont des maisons ici et là, des châteaux, des propriétés privées, des avions personnels etc… il est bien connu que ces gens-là, la plupart du temps, sont malheureux : ils sont malheureux parce qu'ils n’ont pas l’essentiel ; ce n’est pas un jet privé qui vous donne la paix du cœur et de l’âme ; ce n’est pas une collection de bijoux qui vous donnent la paix de l’âme ; la paix de l’âme c’est d’aller chercher le trésor là où il est c'est-à-dire la présence du Seigneur dans notre coeur qui doit être dominante, qui doit être la principale préoccupation. St Sophrony disait souvent que le plus important dans la vie – il s’adressait à ses moines et ses moniales mais ceci est valable pour tous chrétiens bien sûr – le plus important est de garder le souvenir de Dieu dans son coeur, dans son âme ; c’est la plus grande richesse que nous puissions posséder et celle-ci nous pouvons la faire grandir, nous pouvons la multiplier, nous pouvons la développer, garder le souvenir de Dieu dans son coeur et dans son âme ; le reste peut être utile mais secondaire si on a le minimum nécessaire bien sûr. Cette parabole nous ramène à la difficulté principale de tout homme et de toute femme sur cette terre, l’orgueil qui se manifeste par un égo, un centrage sur soi, une mauvaise foi, l’égo, l’égoïsme, moi, moi, je, je. Et Dieu là-dedans ? Où est-il ? Devant, derrière, sur le côté ? Où est-il ? Il n’est nulle part et certainement pas dans nos cœurs et dans nos âmes au moins à certains moments ; alors nous devons régulièrement, pas d’une manière obsessionnelle mais régulièrement nous interroger en nous mettant devant le Seigneur et devant nous-mêmes : est-ce que la première place, ma plus grande richesse est dans mon coeur et dans mon âme ? Est-ce que je possède – et pour une fois, là la possession est nécessaire et indispensable, elle est bénie – est-ce que je possède la grâce de la présence de Dieu en moi, le souvenir de Dieu ? On peut se souvenir de Dieu à n’importe quel moment de la journée, de la nuit ; en travaillant – surtout dans les travaux les plus simples ; le souvenir de Dieu est facile lorsqu'on épluche des légumes, que l’on fait la vaisselle, on passe l’aspirateur et toutes ces choses que l’on connaît ; et puis lorsqu'on se réveille la nuit quelque fois parce qu'on a une insomnie ou tout simplement parce qu'on est réveillé, le souvenir de Dieu est facile à ce moment-là si on s’y est entraîné, si régulièrement on a mis en priorité comme trésor de notre vie, le Christ. Ce n’est pas pour rien que nos églises, nos sanctuaires, notre coin de prière dans la maison est un lieu sacré parce que c’est le lieu de la rencontre avec le Seigneur, avec Dieu : Il est là, Il nous attend ; on peut reprendre cette phrase de Marthe à Marie : « Le Seigneur est là et Il t’attend ». Oui, Il nous attend patiemment, Il attend que nous nous débarrassions de toutes ces inutilités, de tout ce qui encombre notre vie, y compris dans notre esprit ; Il attend que nous nous libérions des possessions inutiles. Alors comment faire ? Crier d’abord, écouter la Parole de Dieu, la lire, la relire et l’écouter et l’écouter encore et se laisser pénétrer par cette Parole ; les Pères nous parlent de la manducation de la Parole de Dieu : on mange la Parole de Dieu comme on mange un aliment et on digère cette Parole, on la laisse entrer en nous pour qu’elle prenne force dans notre vie ; en écoutant la Parole de Dieu, en lui donnant la priorité, alors nous allons pas-à-pas, progressivement nous libérer ; et à la fin de notre vie, si nous avançons dans ce sens selon la proposition du Seigneur alors nous pourrons arriver devant Lui avec quoi ? Rien, aucune possession ; nous ne serons pas comme les Mages qui apportent de l’or, de l’encens et de la myrrhe, nous n’avons rien à apporter. Oh, nous aurons nos péchés et peut-être que cela mais nous pourrons dire au Seigneur : « Je n’ai plus rien que mes péchés mais Toi je sais que Tu es dans mon coeur ; je T’ai désiré toute ma vie et j’ai éliminé progressivement tout ce qui n’était pas de Toi et me voici aujourd'hui devant Toi que j’ai désiré et que désire encore mon âme désirable ». Alors la partie sera gagnée ; ce ne seront plus les accumulations d’objets, de préciosités, de maisons, de bateaux, d’avions et de je ne sais quoi encore que nous aurons autour de nous face au Seigneur mais simplement le désir, le désir de conserver pour l’Eternité le trésor que nous aurons acquis progressivement : sa Présence, son amour, sa compassion, sa fidélité infinie ; Dieu est amour ; Dieu n’existe pas, Il est et Il est amour et c’est là où se situe notre richesse, c’est là où se situe le principal de nos biens, tout le reste est secondaire voire parfaitement inutile ; ce n’est pas facile bien sûr, cela – ce dépouillement progressif – doit se faire pas-à-pas ; même nous autres les moines qui en entrant dans le monastère abandonnons tout ce qui est du monde, le monde nous rattrape très vite vous savez, beaucoup plus vite qu’on ne le souhaiterait et quelque fois on n’a pas grand-chose dans sa cellule mais ce que l’on a c’est à nous : un crayon, un stylo, un petit pichet dans lequel on met de l’eau pour boire le soir, un verre … c’est à moi ; oui, oui, cela arrive dans les monastères aussi ; alors il y a un test que nous pouvons tous faire les moines et les chrétiens : si quelqu'un vient dans ma cellule et me fait un compliment sur cet objet qui est sur ma table « Oh comme c’est beau » ; est-ce que je suis capable de le prendre et de le lui donner ? Si intérieurement tout s’arrête au compliment et que je me réjouis d’avoir cette jolie chose sans la liberté de la donner alors je n’ai pas encore atteint cette vraie liberté ; c’est un test que nous pouvons faire régulièrement et nous aurons une réponse qui nous précisera les choses ; mais le Seigneur est là pour nous aider ; Il nous a montré comment Il a vécu : « Les animaux ont des tanières mais le Fils de l’Homme n’a pas un toit où reposer sa tête » ; le Christ n’avait pas de maison ; Il habitait, selon la tradition, principalement dans la maison de Pierre et de sa famille mais Il allait par monts et par vaux, Il se contentait de ce qu’Il trouvait, de ce qu’on lui donnait pour manger, pour boire ; il y a beaucoup de récits où Il est invité pour manger parce que Lui n’avait rien ; Il est le modèle : Il se dépouille de tout et Il vient au milieu de nous ; nous allons le fêter dans quelques semaines ; Il vient au milieu de nous dans la pauvreté, sans rien posséder, dans une grotte misérable ; voilà, voilà le modèle ; cela ne veut pas dire que nous devons tous nous précipiter dans des grottes misérables mais nous devons nous inspirer de ce que le Seigneur a fait qui correspondait à l’amour qu’il voulait nous porter : nous apprendre quel est l’essentiel pour aimer.
Nous fêtons aujourd'hui St Nicolas, un grand Saint de l’Eglise et ce matin en y pensant, je me disais : qu'est-ce qu’on peut dire de la vie de St Nicolas ? On ne connaît pratiquement rien de sa vie, rien ou pas grand-chose : il a été à un concile, il a fait quelques miracles, il a sauvé des bateaux dans la détresse, il a soulagé des pauvres mais on ne sait pas grand-chose d’autre, on n’a pas de détails. Pourquoi n’avons-nous pas de détails ? Parce que je pense que St Nicolas vivait dans une sobriété, une simplicité, une pauvreté peut-être même et il s’enrichissait du Seigneur et fort curieusement, ce Saint dont on ne connait pas grand-chose de la vie est le Saint le plus prié, le plus fréquenté dans le monde entier : il y a des églises dédiées à St Nicolas dans le monde entier, même en Chine et au Japon ; St Nicolas est connu partout chez les Grecs, chez les Russes, chez les Serbes, chez les Français, partout ; c’est lui qui nous a choisis, ce n’est pas nous qui avons choisi St Nicolas : on ne connait pratiquement pas sa vie mais c’est lui qui nous a choisis et probablement qu’il nous choisis pour nous dire que l’essentiel de notre richesse c’est l’acquisition, progressive certes, mais certaine de l’amour de Dieu en nous.
Amen

Le bon Samaritain

29/11/2020 Lc X, 25-37

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Il y a beaucoup de leçons que nous pourrions tirer de cet Evangile. Cet homme qui se présente devant le Christ et qui est un spécialiste de la Loi veut en quelque sorte provoquer le Christ et voir s’Il connaît bien cette Loi. Evidemment le Seigneur connaît cette Loi. Mais le problème c’est que cet homme qui était spécialiste de la Loi connaissait très bien la Loi – sa réponse est juste - mais il ne la pratiquait pas correctement, voire peut-être ne la pratiquait pas du tout. Alors le Seigneur, lorsque cet homme veut se justifier, lui raconte cette parabole du « Bon Samaritain » et là il y a comme une espèce d’inversion par rapport à ce que nous pourrions penser : qui est notre prochain ? C’est celui qui est à terre, blessé à mort par des brigands, c’est la logique mais le Seigneur va retourner cette logique et en expliquant la parabole, en la décrivant, il va faire comprendre à ce légiste qu’il n’interprète pas la loi toujours dans le bon sens ; Il va lui montrer que ce ne sont pas les Justes selon le légiste qui auront part à la Vie Eternelle mais ceux qui exercent la miséricorde de Dieu ; Il va montrer que le prêtre et le lévite -tous ceux qui ont une responsabilité dans la fonctionnement de la prière, de l’adoration et de la charité - tous ceux-là passent devant ce malheureux et ne font rien ; le seul qui s’arrête c’est celui qui ne fait pas partie de ce groupe, un étranger, un non-juif, un samaritain et c’est celui-là qui, pris de compassion, va s’occuper de l’homme blessé et nous savons la suite. Le légiste va être obligé de répondre que celui qui est le prochain est celui qui a exercé la miséricorde, c'est-à-dire le samaritain. En quelque sorte Jésus a bloqué la pensée du légiste ou tout au moins l’a détourné vers la vérité et non pas vers une Loi froide et morte. Alors pour nous comment cette parabole résonne-t-elle en notre coeur et en notre âme ? Et bien nous avons compris ce que nous avons à faire, cela est clair. Il y a peut-être quelque chose de plus que nous pouvons interpréter c’est qu’en définitive le véritable bon samaritain c’est le Christ car c’est le Christ qui se penche vers nous, car c’est le Christ qui s’arrête près de nous, car c’est le Christ qui panse nos plaies, car c’est le Christ qui nous soulage et qui veut nous guérir en nous aimant ; et je pense que ce n’est pas une fausse interprétation même si c’est un commentaire car le Seigneur est le seul qui puisse appliquer une miséricorde parfaite ; c’est le seul qui est le véritable Bon Samaritain, qui s’occupe de nous, sans cesse, non seulement lorsqu'Il nous voit dans la misère et avec des plaies ouvertes mais même après il fait attention comme le bon samaritain qui, en revenant, donnera de l’argent à l’hôtelier si c’est nécessaire. Le Seigneur veille sur nous en permanence et c’est pour cette raison que nous devons avoir une foi et une confiance les plus grandes possible dans le Seigneur Jésus. Oui, nous avons des plaies, bien évidemment, nous avons des souffrances quelque fois violentes, pénibles qu’elles soient physiques, morales, psychiques, peu importe, nous avons des souffrances, oui, mais le Christ est là et Il nous voit ; Il ne fait pas comme le prêtre et le lévite, Il ne passe pas à côté de nous sans s’arrêter, Il s’arrête à chaque instant, à chaque moment de notre vie et si nous avons besoin de Lui, Il est là. Alors n’ayons pas peur d’exposer nos plaies au Seigneur, de lui dire nos souffrances, de Lui expliquer notre misère car Lui, par le baume de sa miséricorde viendra apaiser nos plaies et nos souffrances. Ceci doit nous rendre paisibles, heureux, joyeux dans le cœur ; mais ceci doit aussi avoir une conséquence et nous en revenons là à la finale de la parabole : c’est que, nous aussi, à l’image du Christ, nous devons essayer - certes pas avec la même intensité que le Seigneur - mais nous devons offrir notre miséricorde à notre frère et à notre sœur qui souffrent quelle que soit cette souffrance ; souvent nous réagissons à l’inverse, moi comme vous, tous ; nous avons souvent une espèce d’auto-défense qui domine notre intention mais il faudrait à ce moment-là que nous nous souvenions que le Seigneur a appliqué sur nous le baume de sa miséricorde et que c’est à nous d’en faire autant face à notre frère ou notre sœur qui est blessé, fusse par le péché.
C’est une très belle parabole, c’est un très bel enseignement. Je ne sais pas si l’homme de loi ensuite a changé sa vie, je l’espère, et c’est probable mais ce qui est important à retenir c’est que le Christ est le Bon Samaritain.
Amen

Toucher le Christ

22/11/2020 Lc VIII, 41-56

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans ce double miracle que nous venons d’entendre, les deux personnes qui sont en cause nous sont montrées comme ayant une grande foi. Cette femme qui était malade depuis de nombreuses années perdait beaucoup de sang donc de force et puis ce chef de la synagogue qui vient trouver le Christ sachant qu’Il peut guérir son enfant ; tout d’abord la foi qui motive ces deux êtres : ils croient que le Seigneur Jésus peut tout ; ils le croient parce qu'ils ont entendu parler de Lui ou peut-être parce qu'ils ont déjà vu que le Seigneur a accompli des miracles, peu importe, mais ils croient et c’est cette foi qui les pousse à s’approcher du Christ, l’un différemment de l’autre ; la femme d’abord s’approche, n’ose pas demander quoi que ce soit au Christ mais se dit qu’Il est tellement Saint qu’il suffit de toucher la frange de son vêtement pour être guérie et elle est guérie ; le Seigneur a senti sa foi et Il a guéri cette femme non seulement pour qu’elle soit soulagée de son mal mais pour que tous ceux qui l’entouraient - et ils étaient nombreux nous est-il dit – puissent comprendre que le Seigneur peut tout ; il suffit que nous ayons le courage de nous approcher de Lui quels que nous soyons ; il n’est pas dit que cette femme était parfaite dans sa vie, nous n’en savons rien, peut-être, mais peut-être pas, nous savons qu’elle était malade simplement or nous sommes tous malades, absolument tous : notre âme est malade, notre coeur est malade et quelque fois aussi notre corps ; alors si comme l’hémorroïsse nous osons nous approcher du Christ espérant être guéris, Il se penchera vers nous comme Il s’est penché vers la fillette, Il prendra notre main et nous remettra sur le chemin ; c’est là tout l’amour du Christ pour les hommes, c’est là toute sa miséricorde, toute sa compassion ; alors comment nous approcher du Christ ? Dans la foi, certes ; sans la foi rien n’est possible ; ensuite les moyens sont nombreux ; nous pouvons nous approcher du Christ par la prière déjà, c’est une relation que nous avons avec Lui ; c’est pour cette raison qu’à chaque Liturgie nous prions pour les malades ; ensuite nous pouvons L’approcher lorsqu'au moment de la communion il nous est proposé de recevoir son Corps et son Sang, une approche encore plus intense, un sacrement, le signe efficace de sa présence en nous par son Corps et son Sang ; nous pouvons nous approcher aussi par la charité envers ceux qui nous entourent car le Seigneur a dit lorsqu'Il parle du jugement dernier que tout ce que nous ferons à ceux qui nous entourent, tout ce que nous ferons de bien c’est à Lui que nous le ferons, autrement dit nous serons en relation avec Jésus à chaque fois que nous accueillons notre frère ou notre sœur, quelle que soit la circonstance ; c’est un moyen très efficace, beaucoup plus qu’on ne le croit, pour nous-mêmes être guéris ; ce qui tue notre âme et notre corps, c’est l’orgueil : nous voulons toujours être au-dessus des autres que ce soit dans notre attitude physique, morale, voire spirituelle ; à quoi bon vouloir être au-dessus des autres, cela ne veut rien dire ; il faut que nous vivions humblement et même si nous recevons des humiliations, les accepter comme un moyen de toucher le Christ et de Lui demander d’être guéris de notre plaie. Par tous ces moyens le Seigneur veut nous sauver, par d’autres moyens encore bien sûr. Nous avons besoin de savoir, d’expérimenter que le Seigneur Jésus peut nous sauver ; nous avons besoin de savoir, de l’expérimenter sinon nous sommes perdus or nous avons beaucoup d’occasions ; que faisons-nous de ces occasions ? Lorsque nous prions, sommes-nous dans les mots que nous disons, que nous formulons ou récitons-nous de manière automatique des formules qui pour Dieu n’ont aucun sens ? Sommes-nous conscients avant, pendant, et après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ en nous qui nous sauve ? Est-ce que nous en tirons des conséquences, est-ce que nous goûtons aux fruits que cela représente ? Ou bien est-ce aussi par habitude que nous agissons ? Les prières avant et après la Communion sont justement là pour être écoutées, entendues, méditées pour nous faire comprendre le trésor que nous avons reçu. Et puis, nos frères, nos sœurs tous ceux qui nous entourent qui ont besoin d’amour, même s’ils nous agressent, même s’ils nous méprisent, même s’ils nous humilient, ils ont besoin d’amour et si nous leur donnons de l’amour, nous touchons le Christ en faisant comme Lui.
Que le Seigneur par l’intercession de sa Mère Toute Pure dont nous célébrons la Sainte entrée dans le Temple nous donne de comprendre par le coeur, par l’expérience toutes ces données. Que nous aussi nous ayons la même foi que l’hémorroïsse et le chef de la synagogue et que par cette foi le Seigneur nous guérisse, à chaque fois que nécessaire et qu’ainsi, de guérison en guérison, nous approchions de la guérison éternelle.
Amen