Monastère Saint Silouane

Guerison, foi, patience et prère

26/7/2020 Mt IX, 27-35

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Une fois encore nous retrouvons le Seigneur Jésus qui guérit ceux qui viennent vers Lui et qui souffraient. Dans l’Evangile que nous avons entendu, il est précisé que les aveugles suivaient le Christ puis ils Lui demandent d’être guéris et le Christ leur dit « Qu’il vous soit fait selon votre foi » ; il faut remarquer que ces gens qui avaient besoin d’être guéris suivaient le Christ : probablement ils avaient entendu parler de Lui et de ses miracles mais ils Le suivaient pour entendre sa Parole et peut-être aussi pour être guéris ; c’est à cause de leur foi qu’ils sont guéris : le Seigneur Jésus a besoin qu’ils confirment leur foi en sa capacité de guérir en tant que Fils de Dieu car cela deviendra un témoignage, un témoignage pour tous ceux qui entourent le Christ, pour tous ceux qui Le connaissent et pour tous ceux qui entendent parler de Lui. Il fera ensuite un second miracle et il délivrera le possédé.
Ces miracles que l’on trouve régulièrement dans les Evangiles ont été nombreux, certes, et en même temps peu nombreux par rapport à tous ceux qui souhaitaient être guéris et à tous ceux qui, dans le monde entier, étaient souffrants. Ces miracles ont toujours été d’abord un acte d’amour de la part du Christ qui veut nous montrer ainsi que chacun d’entre nous est aimé même s’il est malade, qu’il soit malade dans son corps ou dans son âme ; et puis Il montre ainsi progressivement que s’il est capable de guérir les aveugles, les boiteux, les possédés, Il peut aussi guérir l’âme. Souvenez-vous de ce miracle où le Seigneur guérit le paralytique en lui retirant d’abord toutes les fautes qu’il avait dans son coeur ; Il peut donc guérir l’âme, le coeur et le corps mais il faut pour cela que nous ayons la foi. Nous avons tous la foi mais la foi ce n’est pas quelque chose de statique, c’est quelque chose de dynamique, quelque chose qui, normalement, doit grandir en nous progressivement jusqu’à ce qu’elle s’épanouisse et trouve son bonheur dans l’Eternité. Autrement dit, pour chacun d’entre nous, si nous désirons être guéris dans notre corps, dans notre âme, dans notre coeur, oui, il nous faut exercer notre foi, la réveiller, la dynamiser et prier comme l’ont fait ceux qui ont été guéris : « Seigneur guéris-moi ». Certains ont été guéris immédiatement, c’est le cas pour ceux qui ont été guéris aujourd'hui, mais pas tous : les lépreux partirent ayant demandé au Christ d’être guéris puis c’est en chemin seulement qu’ils furent guéris, pas dans l’immédiateté ; ce qui nous montre que nous ne devons pas être des impatients ; souvent nous sommes surpris et combien de fois nous disons « Mais j’ai prié, j’ai demandé et rien n’est arrivé ». Est-ce que tu avais la patience ? C’est cela que Dieu attendait : la foi et la patience ; on peut être guéris bien des années après avoir demandé et nous connaissons peut-être tous cela ; nous demandons d’être délivré de telle ou telle souffrance et ça ne vient pas ; quelque fois cela vient tout de suite mais quelque fois c’est long, très long à venir mais il nous faut persévérer, demander, redemander et redemander encore dans la foi ; pas dans une exigence orgueilleuse, égoïste mais dans la foi pour pouvoir être libre d’adorer, de rendre grâce à Dieu et de L’aimer ; même si nous devons attendre la guérison il nous faut continuer de persévérer dans la foi et dans l’amour de Dieu.
Et puis il y a un autre volet – si j’ose dire – de ce diptyque : c’est que nous, en tant que chrétiens, nous avons la responsabilité de prier aussi pour ceux qui sont malades quelque soit la forme de leur maladie ; c’est pour cette raison que toujours dans la Divine Liturgie il y a, dans l’ecténie qui va suivre, une demande de prières pour ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme, dans leur esprit et nous avons à charge, en tant que chrétiens, de prier pour le monde entier qui souffre, non seulement pour les chrétiens mais pour tous. Il y a eu d’ailleurs des signes qui nous permettent de comprendre que des non-chrétiens peuvent être guéris : des Saints ont guéris des non-chrétiens ; des gens qui vivaient dans le même village qu’eux mais qui n’avaient peut-être pas la même foi et qui venaient vers ce Saint et qui étaient guéris. On dit que St Jean de Cronstadt quand il sortait de son église, après avoir célébré la Divine Liturgie, était entouré autour de sa calèche de nombreuses personnes, des chrétiens mais aussi des non-chrétiens et il bénissait tous ceux qui venaient vers lui ; il est très précisé dans ce récit qu’il bénissait les chrétiens, les juifs et tous ceux qui étaient là ; ce qui nous montre et ce qui nous prouve que nous devons prier pour l’humanité entière, l’humanité souffrante actuellement avec le virus mais pas uniquement avec le virus, l’humanité souffre de beaucoup d’autres choses ; nous nous focalisons, à juste titre, sur le virus mais il y a bien d’autres virus dans le monde, bien d’autres qui ont besoin d’être guéris, qui ne sont pas atteints par ce virus mais par d’autres. Alors notre coeur doit s’élargir, notre foi doit grandir, notre prière doit aller vers Dieu pour tous ; c’est notre rôle de chrétiens, notre responsabilité. Quelle chance avons-nous de connaître le Seigneur Jésus qui peut tout : guérir nos cœurs, nos âmes et nos corps ! Quelle chance avons-nous mais nous ne devons pas garder cette chance pour nous tout seuls, nous ne devons pas la vivre en égoïstes, nous dévons la partager. Si le Seigneur nous a dit : « Aimez-vous les uns les autres » cela sous-entend cette prière nécessaire pour tous pour que tous les hommes soient sauvés. C’était la prière de Saint Silouane, notre Saint protecteur ; qu’il nous aide comme il l’a fait à prier et à pleurer pour le monde pour que le monde par le Saint-Esprit soit sauvé.

Amen