Monastère Saint Silouane

Toucher le Christ

22/11/2020 Lc VIII, 41-56

A
u nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans ce double miracle que nous venons d’entendre, les deux personnes qui sont en cause nous sont montrées comme ayant une grande foi. Cette femme qui était malade depuis de nombreuses années perdait beaucoup de sang donc de force et puis ce chef de la synagogue qui vient trouver le Christ sachant qu’Il peut guérir son enfant ; tout d’abord la foi qui motive ces deux êtres : ils croient que le Seigneur Jésus peut tout ; ils le croient parce qu'ils ont entendu parler de Lui ou peut-être parce qu'ils ont déjà vu que le Seigneur a accompli des miracles, peu importe, mais ils croient et c’est cette foi qui les pousse à s’approcher du Christ, l’un différemment de l’autre ; la femme d’abord s’approche, n’ose pas demander quoi que ce soit au Christ mais se dit qu’Il est tellement Saint qu’il suffit de toucher la frange de son vêtement pour être guérie et elle est guérie ; le Seigneur a senti sa foi et Il a guéri cette femme non seulement pour qu’elle soit soulagée de son mal mais pour que tous ceux qui l’entouraient - et ils étaient nombreux nous est-il dit – puissent comprendre que le Seigneur peut tout ; il suffit que nous ayons le courage de nous approcher de Lui quels que nous soyons ; il n’est pas dit que cette femme était parfaite dans sa vie, nous n’en savons rien, peut-être, mais peut-être pas, nous savons qu’elle était malade simplement or nous sommes tous malades, absolument tous : notre âme est malade, notre coeur est malade et quelque fois aussi notre corps ; alors si comme l’hémorroïsse nous osons nous approcher du Christ espérant être guéris, Il se penchera vers nous comme Il s’est penché vers la fillette, Il prendra notre main et nous remettra sur le chemin ; c’est là tout l’amour du Christ pour les hommes, c’est là toute sa miséricorde, toute sa compassion ; alors comment nous approcher du Christ ? Dans la foi, certes ; sans la foi rien n’est possible ; ensuite les moyens sont nombreux ; nous pouvons nous approcher du Christ par la prière déjà, c’est une relation que nous avons avec Lui ; c’est pour cette raison qu’à chaque Liturgie nous prions pour les malades ; ensuite nous pouvons L’approcher lorsqu'au moment de la communion il nous est proposé de recevoir son Corps et son Sang, une approche encore plus intense, un sacrement, le signe efficace de sa présence en nous par son Corps et son Sang ; nous pouvons nous approcher aussi par la charité envers ceux qui nous entourent car le Seigneur a dit lorsqu'Il parle du jugement dernier que tout ce que nous ferons à ceux qui nous entourent, tout ce que nous ferons de bien c’est à Lui que nous le ferons, autrement dit nous serons en relation avec Jésus à chaque fois que nous accueillons notre frère ou notre sœur, quelle que soit la circonstance ; c’est un moyen très efficace, beaucoup plus qu’on ne le croit, pour nous-mêmes être guéris ; ce qui tue notre âme et notre corps, c’est l’orgueil : nous voulons toujours être au-dessus des autres que ce soit dans notre attitude physique, morale, voire spirituelle ; à quoi bon vouloir être au-dessus des autres, cela ne veut rien dire ; il faut que nous vivions humblement et même si nous recevons des humiliations, les accepter comme un moyen de toucher le Christ et de Lui demander d’être guéris de notre plaie. Par tous ces moyens le Seigneur veut nous sauver, par d’autres moyens encore bien sûr. Nous avons besoin de savoir, d’expérimenter que le Seigneur Jésus peut nous sauver ; nous avons besoin de savoir, de l’expérimenter sinon nous sommes perdus or nous avons beaucoup d’occasions ; que faisons-nous de ces occasions ? Lorsque nous prions, sommes-nous dans les mots que nous disons, que nous formulons ou récitons-nous de manière automatique des formules qui pour Dieu n’ont aucun sens ? Sommes-nous conscients avant, pendant, et après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ en nous qui nous sauve ? Est-ce que nous en tirons des conséquences, est-ce que nous goûtons aux fruits que cela représente ? Ou bien est-ce aussi par habitude que nous agissons ? Les prières avant et après la Communion sont justement là pour être écoutées, entendues, méditées pour nous faire comprendre le trésor que nous avons reçu. Et puis, nos frères, nos sœurs tous ceux qui nous entourent qui ont besoin d’amour, même s’ils nous agressent, même s’ils nous méprisent, même s’ils nous humilient, ils ont besoin d’amour et si nous leur donnons de l’amour, nous touchons le Christ en faisant comme Lui.
Que le Seigneur par l’intercession de sa Mère Toute Pure dont nous célébrons la Sainte entrée dans le Temple nous donne de comprendre par le coeur, par l’expérience toutes ces données. Que nous aussi nous ayons la même foi que l’hémorroïsse et le chef de la synagogue et que par cette foi le Seigneur nous guérisse, à chaque fois que nécessaire et qu’ainsi, de guérison en guérison, nous approchions de la guérison éternelle.
Amen