Monastère Saint Silouane

Abandon à la puissance communion Église

11/8/2019 Mth XIV, 14-22

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Nous le savons, le Seigneur Jésus a toujours été et est toujours rempli de compassion pour les hommes et les femmes de cette terre et l’Evangile que nous venons d’entendre en est un des nombreux témoignages. En effet, il nous est dit, au tout début de l’Evangile, que Jésus guérissait tous ceux qui étaient infirmes : c’est par là que commence la Bonne Parole d’aujourd'hui ; ceci doit nous consoler, nous conforter dans notre foi. En effet, si Jésus guérissait ceux qui souffraient de toutes sortes d’infirmités pendant le temps où Il a vécu sur cette terre dans son Incarnation, à plus fortes raisons, aujourd'hui et demain Il peut guérir toutes nos infirmités ; ces infimités sont physiques mais elles sont aussi spirituelles et le Seigneur peut toutes les guérir, Il l’a prouvé maintes fois : nous avons lu il y a quelques dimanches le récit du paralytique à qui Il a remis tous ses péchés et qui est reparti en marchant avec son grabat sous le bras. Ceci doit nous encourager dans la confiance, dans l’abandon entre les mains du Seigneur : Il peut tout. Nous sommes souvent – forcément – découragés par la situation dans laquelle nous nous découvrons à certains moments, soit à cause de notre péché, de nos chutes, soit à cause de nos infirmités personnelles, physiques, morales, soit à cause de l’infirmité de l’Eglise dans laquelle nous vivons ; tout cela est une réalité, une réalité d’aujourd'hui, probablement une réalité de demain. Mais le Seigneur peut tout. Voyez-vous ce qui est important, c’est l’abandon, l’abandon en cette capacité du Seigneur de nous appliquer sa miséricorde infinie. Instinctivement, nous avons envie de résoudre les problèmes que nous constatons en nous ou autour de nous ; c’est un instinct qui est ambigu : à la fois il est vrai nous avons une responsabilité sur cette terre : Dieu nous a confié toute la création y compris les hommes, les femmes, les enfants de cette terre mais, au demeurant, la grande responsabilité appartient à Dieu et c’est au Christ que nous devons demander du secours avant même d’essayer de résoudre tel ou tel problème. On constate en nous-même et autour de nous que ce n’est pas toujours la réalité : que l’on veut expliquer, justifier, résoudre, avoir sa pensée que l’on considère comme la meilleure, la plus juste mais n’est-ce pas souvent un mouvement individualiste, un mouvement même orgueilleux ? Faisons-nous suffisamment confiance dans le Seigneur Jésus ? Pour tout, absolument pour tout. Car nous le voyons dans la deuxième partie de cet Evangile : Il nourrit des centaines et des centaines d’hommes et de femmes à partir de quelques pains et de quelques poissons. Autrement dit, Il peut tout. Il faut que, tous les jours, nous ayons conscience de la puissance de Dieu, de la puissance du Seigneur et que nous mettions notre confiance en Lui. Il y a un psaume qui dit : « Ne mettez pas votre confiance dans les princes » ; quelque fois nous sommes nous-même en train de nous considérer comme des princes et nous faisons peut-être trop confiance en notre pensée, à notre manière de voir. Le Seigneur peut tout : Il a nourri 5.000 hommes sans compter les femmes et les enfants. Les Pères ont vu dans ce miracle la préfiguration de ce qui se passera lors de la Sainte Cène du Christ avant da Passion, à savoir l’Eucharistie car, en effet, lorsqu'Il a béni le pain et le vin, qu’Il les a distribués à ses apôtres, à tous, même à Judas, Il a fait acte de miséricorde car Il a rajouté à ses apôtres et à ses disciples – qui peut-être n’ont pas tout-à-fait compris le sens de sa Parole à ce moment-là : « Faites ceci en mémoire de Moi ». Autrement dit, aujourd'hui, le monde entier, à chaque instant, communie au Corps et u Sang du Christ, à chaque instant. Il y a toujours un homme, une femme, un enfant qui communient au Corps et au Sang du Christ et nous devons avoir notre pensée dans cette direction parce que le Corps et le Sang du Christ nous sauvent, nous donnent force, nous donnent la possibilité justement de bien discerner, selon Dieu, dans tout ce que nous avons à décider et à faire sur cette terre ; il y a toutes les secondes, quelqu'un qui communie au Corps et au Sang du Christ, qui s’abandonne à sa Parole, qui croit en sa Parole et qui Le reçoit pour recevoir une force, une force non seulement pour cette personne mais une force pour l’humanité entière car nous ne sommes pas des individus sur cette terre, nous sommes des êtres, comme Dieu est, des êtres en communion : l’individu n’est jamais en communion d’où le terme péjoratif d’ « individualiste », mais l’être, comme Dieu est, c’est une notion de partage, de communion, de communion universelle avec toute la nature et particulièrement avec tous les êtres de la terre : les hommes, les femmes, et les enfants. Cela devrait venir à notre pensée quand nous nous approchons du Saint Calice pour recevoir le Corps et le Sang du Christ, nous recevons, bien sûr, et avant tout pour nous-même mais puisque nous sommes des êtres, cette communion-là va au-delà de nous d’où la nécessité de prier le Seigneur et d’offrir ce que nous avons reçu à l’humanité entière par la prière, par un désir de communion entre les êtres, de communion entre les êtres qui n’aura de sens que par rapport à la communion avec Dieu, le Créateur, avec le Christ ; ceci a une grande importance. Nous vivons, depuis la Pentecôte, en Eglise, c'est-à-dire non pas dans un bâtiment quelconque mais dans une réalité de communion : l’Eglise est avant tout une réalité de communion et de communion eucharistique ; c’est là que se situe la base de l’Eglise ; alors lorsque nous communions, nous communions en Eglise et pour l’Eglise. Ceux qui connaissent l’histoire de l’Eglise savent qu’elle n’a pas toujours été brillante ; il y a eu des écueils, des erreurs, des hérésies, des apostasies, des responsables d’Eglise qui se sont trompés volontairement ou involontairement ; c’est la vie de l’Eglise ; puisque l’Eglise est humano-divine, la tête – la partie divine - est parfaite mais le corps que nous constituons tous a ses limites puisque nous avons une nature déchue et donc nous savons que nous tombons souvent dans la faute ; c’est pour cette raison que l’Eglise n’est jamais totalement parfaite ; elle est belle et pure à cause de sa tête, le Christ, qui sanctifie tout y compris l’homme pécheur à condition qu’il se tourne vers Lui. Alors il ne faut pas être surpris qu’en ces temps, certaines Eglises, certaines parties de l’Eglise sont dans le trouble, dans l’inquiétude, les interrogations, l’erreur même ; il ne faut pas en être surpris mais cela ne veut pas dire que nous devons en rester là. Qu'est-ce que nous devons faire ? Avant de réfléchir avec nos cellules grises, il nous faut prier, il nous faut supplier, il nous faut prendre exemple sur les Saints et nous abandonner à la volonté du Christ en disant : « Quelle est ta volonté ? Montre-nous ta volonté et donne-nous la force de l’appliquer, de la vivre pour que nous soyons en communion totale, la plus parfaite possible, celle que tu désires Toi, notre Créateur ». Voilà peut-être des réflexions que nous pouvons mener chacun de notre côté selon les questions que nous pouvons nous poser, selon les interrogations personnelles, familiales, diocésaines, ecclésiales et autres ;1 nous abandonner à la volonté de Dieu en cherchant quelle est la volonté de Dieu. Or nous aurons toujours la réponse en lisant l’Evangile qui est aussi une nourriture que nous partageons, tous, une nourriture forte, conséquente à laquelle nous devons nous référer quand nous avons un questionnement légitime. Relisons l’Evangile et nous verrons que nous avons toujours une réponse claire, nette, précise qui nous indique le chemin, le chemin de la paix, le chemin de l’Unité, le chemin de l’amour.

Amen