Monastère Saint Silouane

Théophanie

6/1/2018 Sainte Théophanie Mt III, 13-17

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Au travers de la fête que nous vivons aujourd'hui et de l’Evangile que nous venons d’entendre, nous recevons pour la première fois, d’une manière évidente, la notification de la Sainte Trinité. En effet, Jésus, deuxième Personne de la Sainte Trinité, se laisse baptiser par Jean et, au même moment, l’Esprit-Saint sur la forme d’une colombe se manifeste puis la voix du Père témoigne de l’affection qu’il porte à son Fils bien-aimé. Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont manifestés au même moment. Et ce moment qui est vital pour chacun d’entre nous, puisque c’est le mystère du salut qui se concrétise de plus en plus et particulièrement à ce moment où Jésus va commencer sa vie publique connue où Il parlera à tous ceux qui l’entoureront, où Il manifestera l’amour de Dieu pour tous les hommes. Ce moment est important, d’autant plus que, comme pour la Nativité, il se vit dans une humilité totale. En effet, lorsque Jésus se présente à Jean pour être baptisé, Jean est le premier qui témoigne de l’humilité : il refuse de baptiser son cousin qu’il connait, qu’il sait d’avance qu’Il est le Fils de Dieu. Il dit même qu’il n’est pas capable de dénouer la courroie de ses sandales. L’humilité de Jean est reprise évidemment, avec une plus grande intensité, un plus grand développement par l’humilité du Christ qui accepte d’être plongé dans les eaux du Jourdain où Jean baptisait les pécheurs pour qu’ils se convertissent. Le Seigneur Jésus n’avait pas besoin d’être lavé d’aucun péché. Il n’avait pas besoins de se convertir mais s’Il entre dans les eaux souillées du Jourdain c’est par humilité, par association profonde avec notre humanité pécheresse. Sans être pécheur, il prend le péché des hommes sur ses épaules et Il les plonge avec Lui dans les eaux du Jourdain. Au même moment, ces eaux souillées par le péché sont purifiées. C’est là un grand mystère comme tout ce qui touche Dieu. Le mystère d’une décision d’amour trinitaire d’envoyer le Christ sur la terre pour nous sauver. C’est pour cette raison que la Trinité se manifeste à ce moment-là : que l’on comprenne bien que c’est une décision de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit pour sauver les hommes de la terre, tous les hommes de la terre. C’est pour cette raison que cette fête a été, dans l’histoire, la première à être célébrée liturgiquement avant celle de Noël. Vous comprenez l’importance de cette fête, même si Noël a son importance bien évidemment aussi. Alors pour nous cela doit résonner dans nos cœurs en signe d’espérance car si nous sommes tous pécheurs, capables de pécher, quelque fois gravement, peu importe, si nous nous tournons vers le Christ, nous sommes surs que nos péchés sont effacés.
En se plongeant dans les eaux du Jourdain le Seigneur Jésus commence sa vie publique qui va se dérouler jusqu’à la mort et à la mort sur la croix où Il versera son sang pour nous, à nouveau, pour s’offrir à nous. Il leur a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » et Il donne sa vie. Il la donne dès le baptême et ce don se concrétise en final par sa mort sur la croix et par sa Résurrection. Lorsque nous consommons le précieux Sang du Christ et son Corps, nous recevons le don de Dieu, le salut de Dieu. C’est pour cette raison que lorsque la communion est terminée, l’évêque ou le prêtre disent : « Ceci a touché vos lèvres, vos péchés sont pardonnés et vos iniquités sont effacées ». Le cycle s’achève : ce cycle qui commence maintenant lorsque Jésus est plongé dans les eaux du Jourdain et qui s’achève lorsque nous recevons son Corps et son Sang avec conscience et que nous comprenons, non pas par l’esprit mais par le cœur, que nous sommes sauvés. Bien sûr tout cela se réalisera en plénitude dans l’éternité lorsque nous serons dans le face-à-face avec Celui qui est venu pour nous sauver. Alors il n’y aura plus besoin de rien. Nous aurons l’essentiel, nous aurons tout. Nous aurons Dieu avec nous.
Amen