La pauvreté et la richesse
Lc X, 16-21
Monastère Saint Silouane
Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit Amen
Dans cette parabole que le Seigneur nous propose, aujourd’hui, il insiste beaucoup sur le fait que nous devons être attentifs à ne pas thésauriser par excès. Avec cette parabole – comme toutes les paraboles – le Seigneur veut nous dire quelque chose de très important pour que nous comprenions.
À la fin de la parabole, alors que le jeune-homme a compris qui était son prochain, Jésus lui dit, alors fais de même, en parlant du samaritain. On peut commenter cette parabole de différentes façons mais aujourd'hui j’ai envie de vous dire que le bon samaritain c’est Jésus, c’est Jésus Lui-même, c’est le Bon, le Parfait Samaritain car, en effet, bien sûr, Il aime son Dieu, son Père et Il aime son prochain au-delà de tout ce qui est pensable : il nous est dit dans la parabole que le Samaritain verse de l’huile sur les plaies de celui qui a été attaqué par les brigands, cette huile nous l’avons reçue le jour de notre baptême lorsque nous avons été chrismés, c’est l’huile qui nous donne toute l’énergie divine par l’Esprit-Saint, c’est aussi l’huile que l’on dépose sur le corps de ceux qui sont malades comme le Samaritain et lorsque l’on met l’huile sur le corps de celui ou de celle qui vient pour être guéri, ce n’est pas le prêtre qui donne l’huile c’est Jésus ; comme tous les sacrements, le prêtre n’est qu’un intermédiaire et puis il verse aussi du vin, ce vin nous le recevrons tout à l’heure à la Sainte Communion, c’est son Sang car Jésus en figure, agissant en Samaritain donne Sa Vie à cet homme et Il lui redonne la Vie en le déposant : il est écrit , on le dépose sur sa monture mais si je prends comme comparaison le Christ comme étant le Bon Samaritain c’est sur ses épaules que Jésus porte cet homme comme cela est représenté sur l’icône du Bon Pasteur où Il porte la brebis pour qu’elle soit soignée, guérie et réintégrée dans le troupeau ; oui, Jésus aime à nous guérir, Jésus aime à nous soulager, Jésus aime à essuyer les larmes que nous versons dans la douleur, dans l’épreuve, Jésus aime à se donner totalement à nous, à chacun d’entre nous, à tous les hommes de la terre ; bien évidemment le Christ est le modèle parfait pour chacun ; si nous sommes chrétiens nous devons essayer de suivre le Christ sur ce chemin qui mène de Jérusalem à Jéricho, c’est un chemin qui mène de là où nous sommes à l’éternité ; c’est sur ce chemin que nous aurons l’occasion, nous aussi, d’essayer de faire comme le Christ, d’aimer celui qui souffre, d’aimer celui qui a besoin d’être soulagé, de voir ses plaies pansées et guéries, de voir ses larmes asséchées et d’être pris dans les bras pour être porté ; c’est tout un programme de vie que le Seigneur Jésus nous propose aujourd'hui au travers de ce récit ; nous devons être le prochain car il y a comme une inversion : au début nous pouvions penser que le prochain c’est celui qui est blessé sur le bord du chemin, mais non … Jésus explique bien que le prochain c’est celui qui a fait miséricorde, qui a donné toute sa vie, tout son amour à celui qui souffrait près de la mort. Alors cela nous interroge profondément : qu’est-ce que nous faisons, nous, sur ce chemin qui mène de Jéricho à la Jérusalem éternelle ? Qu’est-ce que nous faisons pour notre frère, notre sœur ? Est-ce que nous sommes son prochain ? Il faut nous interroger régulièrement ; nous avons beaucoup d’occasions, j’allais dire presque quotidiennement mais je ne pense pas me tromper : pour devenir le prochain de notre frère et de notre sœur il faut lui offrir la miséricorde, l’amour, ; il y a beaucoup de pauvres sur cette terre, toutes sortes de pauvres : il y a les pauvres qui sont dans la rue que nous voyons dans nos villes, ils sont là assis par terre quelquefois d’ailleurs blessés et malades, tout simplement pauvres, démunis, ayant perdu leur travail, leur famille, leur habitation, n’ayant plus rien et puis il y en a d’autres, non seulement ceux qui sont dans la rue mais qui sont quelquefois plus proches de nous et qui souffrent, qui sont blessés, blessés par la vie, blessés par ceux qui les entourent peut-être, blessés peut-être par moi-même mais je dois devenir le prochain, ce qui est proche, celui qui soulage, qui console et qui aime ; c’est le programme de vie de chaque chrétien. Que le Seigneur Jésus nous donne sa grâce non seulement de comprendre par notre intelligence, ce qui est nécessaire bien sûr, ce qui s’est passé avec ce jeune homme mais aussi de comprendre avec le cœur, un cœur qui s’ouvre, un cœur qui désire aimer, qui cherche à aimer – ah nous n'arriverons jamais à aimer parfaitement, seul le Christ a su aimer parfaitement en donnant sa Vie pour nous mais nous nous pouvons essayer d’aimer un petit peu et même un tout petit peu : ne cherchons pas à faire des grands exploits ; sachons sourire au bon moment, tendre la main au bon moment, donner une bonne parole au bon moment, consoler, consoler et consoler encore ; voilà le programme.
Amen
