Dimanche de Saint Grégoire Palamas
16/03/25 Enseignement
Dimanche de Saint Grégoire Palamas
16 mars 2025
Monastère Saint Silouane
Chers Père, Mères, frères et sœurs en Christ !
En fêtant aujourd’hui St Grégoire Palamas nous continuons notre cheminement de Carême à la rencontre du Christ. Et qui dit rencontre avec le Christ dit guérison, avec toute la paix intérieure que cela suscite et qui en découle naturellement ; cette « hesychia » dont St Grégoire Palamas s’en fait en son temps l’apôtre et l’ardent défenseur.
Saint Grégoire a insisté notamment sur un point crucial ; à savoir que depuis l’Incarnation, nos corps sont devenus précisément des « temples de l’Esprit Saint qui est en nous », et que c’est précisément dans nos corps que nous devons rechercher la présence de Dieu ; dans nos corps sanctifiés par la prière et la participation aux offices et aux sacrements de l’Église.
16 mars 2025
Monastère Saint Silouane
Chers Père, Mères, frères et sœurs en Christ !
En fêtant aujourd’hui St Grégoire Palamas nous continuons notre cheminement de Carême à la rencontre du Christ. Et qui dit rencontre avec le Christ dit guérison, avec toute la paix intérieure que cela suscite et qui en découle naturellement ; cette « hesychia » dont St Grégoire Palamas s’en fait en son temps l’apôtre et l’ardent défenseur.
Saint Grégoire a insisté notamment sur un point crucial ; à savoir que depuis l’Incarnation, nos corps sont devenus précisément des « temples de l’Esprit Saint qui est en nous », et que c’est précisément dans nos corps que nous devons rechercher la présence de Dieu ; dans nos corps sanctifiés par la prière et la participation aux offices et aux sacrements de l’Église.
Car ; toujours selon St Grégoire ; Dieu se trouve en nous-mêmes et c’est en nous-mêmes que nous découvrirons la Lumière du Thabor, cette lumière que les apôtres Pierre, Jacques et Jean n’ont pu expérimenter que d’un point de vue extérieur parce que le Christ n’était alors pas encore mort et ressuscité.
Il devient donc nécessaire et primordial que nos corps participent à la prière dont ils sont l’instrument.
Ainsi, l’être humain dans sa totalité s’en trouvera réunifié; l'être humain pourra contempler la Lumière Divine et ainsi agir en véritable chrétien dans le monde, dans nos monastères et dans l'Église d’une manière incarnée; ce monde, nos monastères et l'Église qui en ont tant besoin et qui ont besoin d'authentique témoins du Christ. Car nous « bons orthodoxes », que nous soyons des laïcs, des moines ou des moniales, des diacres, des prêtres ou des évêques… en bref; nous tous qui somme si prompts à faire la leçon à tout le monde et à nous disputer et nous affronter au sujet de juridictions et autres subtilités; …où sommes-nous dans ce monde qui souffre tant ?… Où sommes-nous auprès des indigents, de ceux qui souffrent, des prisonniers, des enfants malades dans les hôpitaux, de ceux qui cherchent Dieu sans le savoir et sans encore pouvoir Le nommer etc…
Où se situe notre travail de mission; nous; orthodoxes en Occident… ce dont nous nous prévalons tant !… ? La question est posée à chacun d’entre-nous… La vie de l’Eglise ne se limitant pas à une tasse de café le dimanche après la Liturgie...!
Mais revenons à St Grégoire Palamas: à l’origine, le deuxième dimanche du Carême était consacré à la guérison du paralysé par le Christ à Capharnaüm , comme en témoigne la lecture évangélique que nous venons d’entendre. Plus tard, l’Église y a associé la mémoire de saint Grégoire, moine athonite qui fut archevêque de Thessalonique de 1347 jusqu’à sa mort en 1359. .
Pour honorer la mémoire de ce Père de l’Église, un grand témoin du monachisme hésychaste et de l’expérience intime des énergies et de la grâce de Dieu, et en écho à l’Évangile de ce jour, méditons sur la guérison du paralytique à l’aide de saint Grégoire Palamas lui-même.
Il a en effet laissé deux homélies consacrées à cet épisode évangélique.
De ce récit saint Grégoire retient trois choses : d’abord, la preuve que l’effet de la parole de Dieu est différent en fonction de la perception des auditeurs ; ensuite, le lien entre la rémission des péchés et la guérison ; enfin, la démonstration de la divinité du Christ.
Revenons au premier point : en juxtaposant la réaction des pharisiens qui jugent et blâment et celle du paralytique et de ses amis qui font preuve d’une foi authentique dans la capacité de guérison du Christ, Palamas souligne que la parole salutaire de Dieu est adressée à tous sans distinction, mais elle ne produit pas le même effet chez tout le monde.
Néanmoins, pour rendre les postulats de cet enseignement opérants et pour que la foi, fondée sur eux, soit fructueuse, il faut le discernement et la bonne volonté, deux choses qui ne se trouvent pas fréquemment, surtout chez ceux qui se justifient eux-mêmes et qui se considèrent comme sages, supérieurs et meilleurs que les autres tels les scribes et les pharisiens. Ceux-ci entendaient tout le temps la Parole, pourtant, tout en voyant les signes accomplis, ils blâmaient au lieu de louer Celui qui faisait le bien par la parole et par les actes » (Homélie 10).
Car, pour que la Parole de Dieu soit efficace en nous, pour qu’elle puisse agir, pour qu’elle puisse nous purifier, nous guérir, nous devons avant tout demander le don du discernement et celui de notre propre remise en cause, demander toujours plus le don de la foi, comme celle du paralytique et de ceux qui ont ouvert le toit de la maison où se trouvait le Seigneur pour déposer à ses pieds le malheureux en quête du salut.
C’est cette foi qui lui a valu cette magnifique réplique du Seigneur : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Grégoire Palamas y note deux choses : d’abord, l’adoption du paralytique par le Verbe divin (« mon Fils »), l’adoption qui le purifie, qui le guérit et qui lui ouvre les portes du Royaume éternel. C’est de cette même façon que chacun de nous a été adopté par Dieu au moment du baptême.
La deuxième chose : c’est le fait que le Seigneur aille à l’essentiel. Il ne dit pas : « Lève-toi, prends ton grabat et marche » ; il n’offre pas une simple guérison physique qui ne serait qu’une rémission temporaire pour un être mortel. Non, Il offre à ce paralytique l’essentiel : le pardon de Dieu.
Pour conclure, synthétisons en disant que le Christ montre, par cette guérison, que Sa parole est une parole qui ne contient que l’essentiel, pas le secondaire et le futile; mais que Sa parole est une parole qui agit, parce qu’elle vient de Celui qui est le Verbe vivant, incarné, du Père invisible et éternel.
Amen !
Il devient donc nécessaire et primordial que nos corps participent à la prière dont ils sont l’instrument.
Ainsi, l’être humain dans sa totalité s’en trouvera réunifié; l'être humain pourra contempler la Lumière Divine et ainsi agir en véritable chrétien dans le monde, dans nos monastères et dans l'Église d’une manière incarnée; ce monde, nos monastères et l'Église qui en ont tant besoin et qui ont besoin d'authentique témoins du Christ. Car nous « bons orthodoxes », que nous soyons des laïcs, des moines ou des moniales, des diacres, des prêtres ou des évêques… en bref; nous tous qui somme si prompts à faire la leçon à tout le monde et à nous disputer et nous affronter au sujet de juridictions et autres subtilités; …où sommes-nous dans ce monde qui souffre tant ?… Où sommes-nous auprès des indigents, de ceux qui souffrent, des prisonniers, des enfants malades dans les hôpitaux, de ceux qui cherchent Dieu sans le savoir et sans encore pouvoir Le nommer etc…
Où se situe notre travail de mission; nous; orthodoxes en Occident… ce dont nous nous prévalons tant !… ? La question est posée à chacun d’entre-nous… La vie de l’Eglise ne se limitant pas à une tasse de café le dimanche après la Liturgie...!
Mais revenons à St Grégoire Palamas: à l’origine, le deuxième dimanche du Carême était consacré à la guérison du paralysé par le Christ à Capharnaüm , comme en témoigne la lecture évangélique que nous venons d’entendre. Plus tard, l’Église y a associé la mémoire de saint Grégoire, moine athonite qui fut archevêque de Thessalonique de 1347 jusqu’à sa mort en 1359. .
Pour honorer la mémoire de ce Père de l’Église, un grand témoin du monachisme hésychaste et de l’expérience intime des énergies et de la grâce de Dieu, et en écho à l’Évangile de ce jour, méditons sur la guérison du paralytique à l’aide de saint Grégoire Palamas lui-même.
Il a en effet laissé deux homélies consacrées à cet épisode évangélique.
De ce récit saint Grégoire retient trois choses : d’abord, la preuve que l’effet de la parole de Dieu est différent en fonction de la perception des auditeurs ; ensuite, le lien entre la rémission des péchés et la guérison ; enfin, la démonstration de la divinité du Christ.
Revenons au premier point : en juxtaposant la réaction des pharisiens qui jugent et blâment et celle du paralytique et de ses amis qui font preuve d’une foi authentique dans la capacité de guérison du Christ, Palamas souligne que la parole salutaire de Dieu est adressée à tous sans distinction, mais elle ne produit pas le même effet chez tout le monde.
Néanmoins, pour rendre les postulats de cet enseignement opérants et pour que la foi, fondée sur eux, soit fructueuse, il faut le discernement et la bonne volonté, deux choses qui ne se trouvent pas fréquemment, surtout chez ceux qui se justifient eux-mêmes et qui se considèrent comme sages, supérieurs et meilleurs que les autres tels les scribes et les pharisiens. Ceux-ci entendaient tout le temps la Parole, pourtant, tout en voyant les signes accomplis, ils blâmaient au lieu de louer Celui qui faisait le bien par la parole et par les actes » (Homélie 10).
Car, pour que la Parole de Dieu soit efficace en nous, pour qu’elle puisse agir, pour qu’elle puisse nous purifier, nous guérir, nous devons avant tout demander le don du discernement et celui de notre propre remise en cause, demander toujours plus le don de la foi, comme celle du paralytique et de ceux qui ont ouvert le toit de la maison où se trouvait le Seigneur pour déposer à ses pieds le malheureux en quête du salut.
C’est cette foi qui lui a valu cette magnifique réplique du Seigneur : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Grégoire Palamas y note deux choses : d’abord, l’adoption du paralytique par le Verbe divin (« mon Fils »), l’adoption qui le purifie, qui le guérit et qui lui ouvre les portes du Royaume éternel. C’est de cette même façon que chacun de nous a été adopté par Dieu au moment du baptême.
La deuxième chose : c’est le fait que le Seigneur aille à l’essentiel. Il ne dit pas : « Lève-toi, prends ton grabat et marche » ; il n’offre pas une simple guérison physique qui ne serait qu’une rémission temporaire pour un être mortel. Non, Il offre à ce paralytique l’essentiel : le pardon de Dieu.
Pour conclure, synthétisons en disant que le Christ montre, par cette guérison, que Sa parole est une parole qui ne contient que l’essentiel, pas le secondaire et le futile; mais que Sa parole est une parole qui agit, parce qu’elle vient de Celui qui est le Verbe vivant, incarné, du Père invisible et éternel.
Amen !