Monastère Saint Silouane

La Croix

14/9/2018 Jn XIX, 6-11, 13-20, 25-28, 30-35

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
En fêtant aujourd'hui l’Exaltation de la Croix du Christ nous nous souvenons, particulièrement au travers de l’Evangile que nous venons d’entendre, de cet évènement qui a marqué toute la vie du monde : la mort du Christ. C’est une fête à laquelle nous sommes tous très attachés parce que c’est la fête de notre salut ; c’est une fête qui est en résonnance avec la fête de Pâques mais cette exaltation c’est comme une action de grâce et en même temps une supplication que nous faisons au Seigneur qui s’est laissé cloué sur la croix et qui, par cet acte, a permis à l’humanité entière d’être sauvée puisque trois jours après Il ressuscitait pour nous montrer que la mort était vaincue. Oui, c’est un évènement important que nous commémorons ; c’est l’évènement qui doit marquer notre vie, je dirais, à tous les instants. ; la croix du Christ ce n’est pas simplement la croix que nous portons autour de notre cou, sur notre poitrine ou que nous avons accrochée dans notre maison, dans notre cellule, c’est beaucoup plus que cela. C’est le signe que Dieu nous aime au-delà de ce qui est pensable. En effet, notre intellect ne peut pas saisir cet acte d’humilité que Dieu a posé, c’est incompréhensible. Dieu qui d’abord se fait homme, premier acte d’humilité, et qui plus est se laisse mettre à mort sur une croix pour nous, pour chacun d’entre nous. Alors nous devons être reconnaissants à Dieu, être reconnaissants au Seigneur Jésus d’avoir accepté de subir tout ce qu’il a subi jusqu’à la mort. Nous devons garder ce souvenir dans notre cœur comme la Mère de Dieu le gardait mais pas comme un souvenir simplement historique, avec quelque chose de plus, quelque chose qui nous marque comme un fer rouge sur la peau. Nos frères, les Coptes, se font tatouer une croix sur le poignet en signe du souvenir de la crucifixion du Christ ; ils ne veulent pas que soit effacé de leur corps ce signe. Alors nous, nous avons souvent l’occasion de nous souvenir de la croix du Christ mais en sommes-nous conscients ? Est-ce que lorsque nous avons une épreuve à vivre, quelle qu’elle soit, une petite épreuve du quotidien ou bien une épreuve plus lourde qui nous accable, est-ce qu’à ce moment-là nous nous replions sur nous-mêmes ou bien allons-nous vers le Christ et sa crucifixion ? Est-ce qu’il nous vient à l’esprit de nous associer au salut du monde par l’acceptation de cette épreuve ? Et puis nous vient-il à l’esprit de demander au Christ qui lui est passé par l’épreuve de lui demander sa grâce pour que, nous aussi, nous puissions dépasser l’épreuve ? Être chrétien c’est appartenir totalement au Christ, bien sûr au Christ ressuscité qui est à la droite du Père mais aussi au Christ qui est passé par toutes les vicissitudes de la vie sur cette terre depuis sa naissance jusqu’à sa mise au tombeau. Alors il faut nous questionner, nous interroger : suis-je capable de suivre le Christ jusqu’au bout ? La réponse n’est pas facile à donner parce que nous sommes des êtres humains avec nos faiblesses et nos limites et il y a des moments où nous avons tendance à écarter la croix parce que c’est trop lourd. Mais au lieu de l’écarter nous devrions aller vers le Christ et lui demander secours. Lui-même a demandé secours au Père dans sa longue prière d’agonie à Gethsémani et Il a remis son esprit entre les mains du Père s’abandonnant totalement à la volonté divine qui avait pour but notre salut, le salut du monde entier. Alors nous qui sommes chrétiens, qui avons cette responsabilité de notre christianisme aux yeux des hommes, il nous faut essayer, essayer d’accepter la croix quand elle s’avance vers nous ; nous souvenir que ce n’est pas uniquement la croix qui s’avance mais aussi le Roi de gloire qui vient pour nous offrir tout son amour. Sans Lui rien n’est possible, nous ne pouvons pas passer l’épreuve de la croix mais avec Lui qui est tout amour, qui s’est donné pour nous, avec Lui tout devient possible, avec Lui c’est l’espérance qui fleurit.
Amen