Monastère Saint Silouane

Prier

Prier
26/3/2016   Mc I, 35-44
Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit
Dans ce court récit de l’Evangile, nous voyons que le Seigneur va guérir un homme qui était atteint de la lèpre. Mais peut-être qu’il est important de revenir sur le tout début de ce passage où il nous est dit que Jésus sortit pour aller dans un lieu désert et là il se mit à prier. Il était à l’abri, Il était même caché puisque Simon et ses compagnons et les autres apôtres se mirent à le rechercher et donc ne le trouvèrent pas immédiatement. Il s’était caché pour prier. Il connaissait sa mission. Il savait qu’il devait parler au peuple. Il savait qu’il devait soulager ceux qui souffraient. Il savait qu’il devait faire des miracles mais Il savait que rien n’est possible sans la nécessité de la prière et c’est pour nous quelque chose de très important : mettre toujours en premier lieu, dans notre cœur comme dans notre âme, la véritable action qui est la prière avant toute autre activité : prier, prier Dieu le Père, prier la Sainte Trinité, prier le Christ, prier la Mère de Dieu, prier les saints car nous ne pouvons rien faire sans l’intervention divine. Le Christ Lui-même est Dieu et malgré qu’Il soit Dieu, parce qu'Il s’est incarné et qu’Il a un corps d’homme, en tant qu’homme, Il a besoin du secours de la prière et Il s’adresse à son Père. C’est alors après qu’Il pourra guérir, qu’Il pourra parler, prêcher, soulager mais il commence par la prière. C’est une grande leçon pour nous qui avons instinctivement souvent l’impression que nous pouvons agir tout de suite, tout seul, rapidement et traiter telle ou telle question avec sûreté, avec certitude même. Si à chaque fois que nous nous mettons à discuter avec nous-même ou bien avec d’autres, si nous cherchons à nous débrouiller tout seul, si nous cherchons à avoir raison, à être sûr de notre pensée sans avoir prier, sans nous être retiré dans le silence, dans le retrait, caché dans notre maison, notre cellule alors nous nous trompons car nous ne pouvons rien faire mais si, par contre, nous avons le courage de nous retirer ne fusse que quelques instants, c’est à ce moment-là que nous recevons tout de Dieu pour pouvoir agir selon ce que Dieu nous demande, selon la mission que nous avons reçue. Nous autres les moines et les moniales nous devons nous souvenir de cela en permanence car notre vocation fondamentale c’est la prière dans le retrait, dans le silence. Avant toute discussion, avant toute démonstration, avant toute action il nous faut prier, prier beaucoup. C’est une responsabilité. Nous devons nous sentir responsables de ce que nous avons à faire sur cette terre, prier pour le monde entier, ce monde qui a tant besoin du secours de Dieu, ce monde qui vit des malheurs, des souffrances, des drames indescriptibles. Ce monde a besoin de la prière, il a besoin que nous sachions nous retirer dans la solitude et ceci est valable bien sûr pour tout chrétien. Alors demandons humblement au Seigneur et déjà aussi à la Mère de Dieu qui, nous dit-on, gardait toutes ces choses dans son cœur, d’apprendre à prier dans la solitude. Dieu le Père nous accordera tout ce qui est nécessaire pour accomplir ce qu’il attend de nous.
Amen