Monastère Saint Silouane

Trinité amour du Père

20/5/2018 Jn XVII, 1-13

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Dans cette belle prière du Christ qui s’adresse à son Père - cette prière que l’on appelle sacerdotale, parce que c’est la prière du Grand Prêtre qu’est le Christ - Il s’adresse au Père pour que ses apôtres en particulier - parce que c’est d’eux dont Il parle - aient la plénitude de sa joie. Quelle est donc cette plénitude de la joie que le Christ ressent ? C’est une joie à double face. C’est d’abord une joie humaine, que ressent le Christ dans sa nature humaine, la nature qu’il a acceptée de prendre sur lui pour nous sauver et sa joie humaine c’est qu’il voit les résultats de ce qu’Il a voulu faire au nom du Père, de l’Esprit.et en son propre nom, à savoir que ses apôtres sont les véritables témoins de l’amour de Dieu. C’est cela sa première joie. Elle est mêlée à une deuxième joie qui est une joie divine mais humaine aussi car Il dit à un moment : « Tout a été accompli. J’ai fait ce que tu m’avais demandé ». Et rappelez-vous, sur la croix, Il dit : « Tout est accompli ». Il a accompli sa mission divine et c’est cela qui est sa joie aussi, joie que partagent le Père et l’Esprit et joie que nous sommes invités, avec les apôtres, à partager, nous aussi. Le Christ précisera : « Ma joie c’est qu’ils te connaissent, Toi, le Père, le vrai Dieu ». Il ne s’agit pas ici de connaître Dieu d’une manière intellectuelle, scientifique, réflexive ; il s’agit de connaître le Père dans l’intimité de la relation avec Lui. C’est cela que le Seigneur a proposé aux hommes de la terre. C’est cela qui fait sa joie. « Qu’ils te connaissent, Toi, le Père ». Vous vous rappelez sans doute que Philippe a posé la question au Christ : « Mais nous n’avons pas vu le Père » et le Christ lui répond : « Qui m’a vu a vu le Père ». Parce qu'il y a une telle intimité entre le Christ et le Père que l’un – qui n’est pas l’autre – reflète l’autre: c’est le mystère de la Sainte Trinité. Trois personnes en un seul Dieu. Une seule divinité, 3 Personnes qui s’aiment et qui nous entraînent à entrer dans cet amour parce que la connaissance du Père, comme la connaissance du Fils, comme la connaissance de l’Esprit-Saint, c’est la connaissance de l’amour du Dieu trine. C’est l’entrée dans cette communion d’amour qui n’a de cesse entre les trois Personnes. C’est un témoignage que le Seigneur Jésus laisse à ses apôtres, c’est son testament en quelque sorte : « … qu’ils connaissent », que nous connaissions le Père. Rappelez-vous, il y a une parabole très importante, très importante qui nous permet d’appréhender ce mystère de la connaissance du Père : c’est la parabole du Fils Prodigue. Ce Père qui accueille le Fils qui s’est éloigné, qui est parti loin, qui a fait de nombreuses bêtises, qui a même abandonné son Père, qui a gaspillé tout ce que le Père lui avait donné mais il revient à cause du souvenir ; il revient vers le Père et là nous avons la possibilité de comprendre dans notre intimité qui est le Père car le Père ouvre ses bras, accueille le Fils Prodigue l’embrasse, ordonne qu’on lui donne la robe blanche, la robe de la fête, qu’on lui mette un anneau au doigt et que l’on festoie. Voilà comment est le Père, voilà comment nous pouvons connaître intimement le Père car nous sommes tous, moi le premier, des fils prodigues, tous, sur cette terre mais ce n’est pas grave, ce n’est pas grave puisque le Père est là avec ses bras, qui nous attend pour nous recevoir, pour nous embrasser, pour nous tenir contre Lui, pour dire au ciel : « Soyons dans la fête, il ou elle est revenu(e) ». Voilà la connaissance du Père, elle est là, elle est résumée dans cette parabole que nous a offerte le Christ. Voilà pourquoi il dit que sa joie est que nous connaissions le Père. C’est extraordinaire. Nous vivons dans un monde qui est difficile – il l’a toujours été et il le sera jusqu’à la fin - mais il y a des moments plus ou moins difficiles. Actuellement c’est difficile : le démon est à l’attaque partout, des gens souffrent terriblement. Alors qu'est-ce qu’on fait avec tout cela ? On désespère ? On pleurniche ? Non, on croit en l’amour du Père miséricordieux qui accueille même ceux qui sont la cause de nos malheurs et de nos souffrances, s’ils le veulent. Voilà comment est la connaissance du Père au travers de ce que nous avons à vivre. Oui, nous vivons des souffrances, tous, à certains moments plus que d’autres ; oui, le monde est dans la souffrance mais nous nous savons, en tant que chrétien, nous avons cette responsabilité de connaître le Père, d’aller vers Lui, pour le monde entier et de plonger dans les bras du Père le monde entier, vous comprenez, le monde entier, plonger dans les bras du Père par nous qui avons cette responsabilité comme les apôtres ont eu cette responsabilité. Voilà comment nous sommes appelés à connaître le Père.
Amen