Monastère Saint Silouane

La vie en Christ, vie monastique

18/8/2018 Mt XX, 29-34

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Le récit de l’Evangile que nous venons d’entendre qui nous rapporte le miracle de ces deux aveugles qui retrouvent la vue est un récit qui peut paraître banal parmi tellement d’autres miracles que le Seigneur Jésus a accomplis. Mais il y a quelque chose qui est extrêmement important pour chacun d’entre nous qui avons été appelés à la vie monastique. En effet, ces deux aveugles crient vers le Seigneur pour qu’Il les entende et pour qu’Il les guérisse. On essaye de les faire taire mais ils crient plus fort parce qu'ils ont compris que le seul qui pouvait les guérir, c’était le Christ. Autrement dit, dans leur vie d’aveugle, ils avaient mis le Christ au centre de cette vie. Ils espéraient en Lui, ils croyaient en Lui et ils s’abandonnaient à Lui. Et c’est une leçon toute simple à retenir mais tellement importante. Lorsqu'on est appelé à la vie monastique, c’est le Seigneur qui nous appelle et comme le disait Saint Paul Il appelle souvent les plus faibles, les plus pauvres – c’est ce que nous constatons d’ailleurs lorsqu'Il a choisi ses apôtres. Mais là n’est pas le problème car même si nous sommes appelés étant pauvres, petits, incapables même à certains moments, si le Seigneur nous a appelés, nous nous avons à L’appeler aussi. Nous avons à Le mettre au centre de notre vie. Sans le Christ au centre de notre vie, la vie monastique n’a aucun sens et elle est impossible à vivre. Si on n’a pas le Christ dans notre vie, on va tout le temps gémir tous les jours. Rien n’ira, absolument rien. Nous serons insatisfaits de tout mais si le Christ est au milieu de nous, si nous le considérons comme le pilier central de notre vie, si nous Le considérons comme la personne à laquelle nous devons nous adresser en premier comme étant Celui qui nous soutient, qui nous donne la vie, qui nous donne l’espérance, qui nous donne la force, qui nous envoie son Esprit-Saint pour tenir ; s’il n’y a pas le Christ au milieu de notre vie il n’y a rien, absolument rien. La vie monastique n’est pas facile ; elle est une vie qui comporte forcément des épreuves, comme toute vie d’ailleurs ; elle est une vie qui comporte une certaine forme d’ascèse. Tout cela n’est réalisable qu’avec le Christ. Tout cela n’est pas réalisable si ce n’est pour le Christ et avec le Christ et c’est la leçon d’aujourd'hui. Le Seigneur est miséricordieux, il peut nous accorder tout ce qui est nécessaire à notre vie. Les aveugles avaient besoin de voir pour vivre normalement, Il les a guéris. Il les a guéris parce que eux-mêmes voulaient être guéris par Lui, dont ils avaient entendu parler et qui était devenu leur référence. Le cri qu’ils poussent : « Aie pitié de nous, Fils de David », c’est exactement ce que nous disons, à quelques mots près, dans la prière « dite » de Jésus mais si cette prière n’est pas adressée au Christ, si c’est simplement une répétition, je dirais, banale, non réfléchie et surtout qui ne vient pas du cœur, alors il veut mieux se taire, il vaut mieux même partir, aller ailleurs. Si nous ne pouvons pas crier vers le Christ parce que nous ne croyons pas en Lui, aucune vie, ni chrétienne, ni monastique n’est possible. Alors faisons grandir notre foi dans le Christ. Mettons le Christ au centre de notre vie. Parlons-Lui. Demandons-Lui tout ce qui est nécessaire et Il nous donnera avec justesse ce qui correspond à nos besoins. Ayons confiance en Lui, aimons le Christ. Si nous aimons véritablement le Christ alors l’horizon devient autre, les difficultés s’abaissent, les soucis diminuent, les angoisses disparaissent parce que le Christ est là, parce qu'Il est avec nous, que nous croyons en Lui, qu’Il devient notre seul repère, notre référence, la Personne avec laquelle nous vivons en premier et avant tout.
Amen