Monastère Saint Silouane

Samaritaine

6/5/2018 Jn IV, 5-42 Dimanche de la Samaritaine

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« Si tu savais le don de Dieu », cette petite phrase que le Seigneur Jésus adresse à la Samaritaine, il nous l’adresse aussi à nous, bien évidemment puisque la Parole de Dieu est toujours d’actualité. « Si tu savais la don de Dieu … ». Mais quel est donc ce don de Dieu ? Ce récit que nous avons entendu précise que c’était à la sixième heure que Jésus était près du puits et qu’il demanda à la femme : « J’ai soif, donne-moi à boire ». C’est aussi sur la croix, à la sixième heure, que le Seigneur Jésus dit : « J’ai soif ». De quoi donc le Seigneur a-t-Il soif ? Il a soif que nous nous tournions vers Lui pour recevoir tout l’amour de Dieu par son Esprit-Saint. « J’ai soif ». Et c’est là le don de Dieu. Dieu a soif. Il a soif de nous voir nous tourner vers Lui et de Lui dire : « Donne-moi à boire. Donne-moi de ton amour ». C’est ce qui est fondamental pour la vie chrétienne. « Si tu savais le don de Dieu ». Nous avons reçu, par le baptême, le don de Dieu. Nous avons reçu, par la Sainte Communion, que nous recevons régulièrement le don de Dieu. Et nous chantons à la fin de la Liturgie : nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, le don de Dieu, l’amour. C’est cet amour que la Samaritaine a reçu car elle n’a pas été rejetée, méprisée mais accueillie par le Christ. Elle a reçu l’amour du Christ. C’est pour cette raison qu’elle a pu lui dire avec simplicité quelle était donc sa vie, une vie que nous pourrions aujourd'hui cataloguée de dissolue mais là n’était pas le problème : il fallait qu’elle entende de la part du Christ qu’Il l’aimait, qu’Il l’aimait comme elle était. Non sans humour le Christ lui pose la question : « Va chercher ton mari », Il savait bien qu’elle avait plusieurs maris ou qu’elle en avait eu plusieurs mais Il veut ainsi qu’elle-même, devant Lui, dise : « Je n’ai pas de maris », ce qui était vrai, elle n’avait pas de vari mari. Et le Christ confirme : « Tu as raison, tu as bien dit ». Autrement dit par l’amour du Christ elle peut se révéler dans sa faiblesse, dans sa misère, dans sa pauvreté. Le Christ l’accueille dans sa misère, dans sa faiblesse, dans sa pauvreté. Et progressivement, Il va lui faire comprendre quel est le don de Dieu. Ce n’est pas d’adorer ici ou là, ceci est secondaire, c’est de recevoir l’amour de Dieu. Si tu savais le don de Dieu. Alors pour nous aujourd'hui comment cet épisode peut-il résonner dans notre cœur ? Connaissons-nous le don de Dieu ? Probablement, au moins un peu. Mais le connaissons-nous dans le sens profond du terme : connaître c’est être intimement lié à l’autre ? Connaissons-nous dans l’intimité le don de Dieu, gardons-nous dans l’intimité le trésor qui nous est offert, le don de Dieu, l’amour de Dieu ? Alors que nous sommes pauvres, pécheurs, tous. Il n’y a pas d’hommes qui vivent et ne pèchent pas, dit-on dans l’Office des Défunts. Oui, si tu savais le don de Dieu. Est-ce que nous connaissons le don de Dieu, profondément ? Est-ce que nous en vivons ? Car c’est là toute la question. Et comment en vivre, c’est la problématique ? Et bien en faisant comme la Samaritaine : en laissant notre cruche sur le bord du puits, notre cruche qui est remplie ou vide. Si elle est remplie, elle est remplie de nos certitudes, de nos évidences personnelles et pire encore, de nos capacités d’écraser l’autre par ce que nous savons mais qu'est-ce que nous savons ? Il n’y a rien dans cette cruche, elle est vide alors il faut la laisser sur le bord du puits et puis recevoir, recevoir l’eau vive qui est le Christ. Il l’a dit : « Je suis l’eau vive ». Recevoir le Christ cela s’apprend toute la vie. Ce n’est pas maintenant pendant que je parle ou dans quelques instants ou après la Liturgie que nous pourrons dire : « Oui, ca y est, c’est fait. Je L’ai rencontré et c’est définitif », non, il faut toute la vie pour recevoir le don de Dieu pour apprendre à le recevoir, pour désirer le recevoir, qui que nous soyons : moines, moniales, laïcs, dans la ville, dans la famille, dans la société. Nous sommes tous appelés à recevoir le don de Dieu. Si tu savais le don de Dieu. L’homme croit savoir beaucoup de choses et il en croit certaines à juste titre par son intelligence donnée par Dieu mais est-ce que l’homme connait le fondamental, l’essentiel, le vital qui dynamise, qui donne un sens à la vie, ce sens de la vie qui aujourd'hui est très atteint, peut-être l’était-il depuis le commencement des siècles. Et le Christ nous le donne par cette interrogation : « Si tu savais le don de Dieu … », ce don c’est l’amour pour chacun, pas uniquement pour les chrétiens, bien sûr pour les chrétiens, mais pour tout le monde, pour le monde entier. Ce don que nous recevons en tant que chrétiens au moment du baptême, nous en sommes responsables, nous n’avons pas à en tirer un titre de gloire mais une responsabilité, une responsabilité de vie pour l’humanité entière, pour le salut du monde, pour que le monde entende cette parole d’une manière ou d’une autre. Si tu savais le don de Dieu. Alors, comment faire, comment être, comme cette femme, témoin de l’amour du Christ ? En en vivant, en cherchant à vivre de l’amour du Christ, tous les jours. Il faut recommencer tous les jours, à tous les instants car nous perdons facilement le trésor que nous avons reçu et nous pouvons le retrouver, ce n’est jamais perdu si nous désirons garder, retrouver et garder à nouveau ce don de Dieu. Si tu savais le don de Dieu.

Amen