Monastère Saint Silouane

Annonciation

25/3/2018 Fête de l’Annonciation Lc I, 24-38

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen
« Dieu, toi mon Dieu, je Te cherche dès l’aurore, mon âme a soif de Toi. Après Toi languit ma chair, terre sèche, altérée, sans eau ». Ce début de psaume que nous connaissons bien, c’est le cri d’Adam et de tous ceux qui ont succédé jusqu’à ce moment qui vient de nous être rappelé. Oui, Adam cherchait Celui qu’il avait perdu par sa faute. Et le Seigneur – cela nous est dit dans la Sainte Liturgie – lorsqu'Il mit Adam hors du paradis ce n’était pas, comme on peut peut-être le concevoir, comme une punition, c’était pour lui redonner le désir de Dieu. Ce désir de Dieu il s’est accompli parfaitement dans la Vierge Marie, cette jeune fille consacrée au temple depuis longtemps. Il nous est dit ailleurs qu’elle gardait toutes ces choses dans son cœur, son cœur de désir, son cœur de désir de Dieu. En répondant à l’ange : « Qu’il me soit fait selon ta parole. Je suis la servante du Seigneur », en répondant ainsi, elle manifestait qu’elle avait le cœur totalement pur, un cœur de désir, animé uniquement du désir de Dieu. « Aujourd'hui l’aurore de notre salut s’annonce ». Nous avons chanté ce tropaire, mais comprenons-nous bien le premier mot : aujourd'hui ? Car ce que nous fêtons maintenant, ce n’est pas une histoire qui date de 2.000 ans, c’est la fête aujourd'hui puisqu’aujourd'hui notre salut commence et cet aujourd'hui est un aujourd'hui permanent, c'est-à-dire que c’est aujourd'hui mais ce sera demain et encore demain et après-demain si nous avons le désir de cet aujourd'hui, le désir de cette visite de Dieu, le désir d’être sauvé. Dieu Lui n’avait que ce seul désir : créer l’homme pour sa plus grande joie et la joie de l’homme. C’est pour cette raison qu’il a mis Adam hors du paradis pour lui donner ce désir qu’il avait perdu. Alors pour nous, cette fête, cette grande fête qui, par chance, se trouve toujours dans la période du carême, vient nous donner un espoir extraordinaire, l’espoir du salut, l’espoir d’être sauvé aujourd'hui. Aujourd'hui notre salut commence et demain, si nous voulons, nous pourrons redire la même chose. L’aujourd'hui de Dieu est permanent. Nous, nous sommes dans un temps comptabilisé humainement mais Dieu n’est pas de ce temps, Dieu est hors du temps. Son temps c’est l’aujourd'hui de sa présence en nous, pour nous, pour l’humanité entière. Alors en tant que chrétien, notre responsabilité est d’accueillir cette visite de l’ange Gabriel à Marie, d’accueillir la réponse de Marie comme étant la nôtre : « Qu’il me soit fait selon Ta Parole. Je suis la servante du Seigneur ». Car Marie était bien l’une d’entre nous. Sa particularité était d’avoir ce désir de Dieu depuis le début de sa vie et rien d’autre. Certes elle a été provoquée probablement par des tentations mais elle n’est pas tombée car son désir était trop fort alors pour nous qui vivons dans ce temps, ce temps qui quelque fois est un temps de misère, de douleurs, d’épreuves, de souffrances, nous pouvons nous assimiler à Marie qui reçoit le cadeau de Dieu pour l’humanité entière et puisqu’elle nous est offerte par Dieu, gratuitement, qu’elle peut devenir une intercession permanente pour nous, elle devient une étoile, une étoile qui brille dans le ciel, toujours, et lorsque nous sentons l’épreuve arriver alors tournons-nous vers l’étoile et demandons à Marie qu’elle fasse grandir en nous ce désir.

Amen